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Service optimum avec Optymo à la demande

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Service optimum avec Optymo à la demande

Crédit photo Jean-François Bélanger

Belfort Lancé en avril, le système de transport Optymo à la demande a séduit les Terrifortains. À tel point que tous les deux mois, la fréquentation du réseau double.

LE TERRITOIRE de Belfort est en lui-même une curiosité. Après Paris, c’est le plus petit département de France. Quant à l’organisation de ses transports, elle apparaît atypique. Le périmètre de transport urbain du Territoire de Belfort compte un nombre important de communes, très largement supérieur à la moyenne des autres agglomérations de l’est de la France. En parallèle, sa population globale se situe en dessous de cette moyenne. Il est donc à la fois celui qui a le plus grand nombre de communes, et les moins peuplées, avec une moyenne de 1 418 habitants. Comptant 237 habitants au kilomètre carré, la densité moyenne de la population figure également parmi les plus faibles de l’est de la France. Du coup, la donnée essentielle pour l’organisation d’un service de transport collectif, c’est-à-dire la massification de la population, n’est pas confirmée ici. Ainsi, depuis 2004, toutes les collectivités territoriales ont confié la compétence transport à une seule et unique structure. Le Syndicat mixte des transports en commun du Territoire de Belfort (SMTCTB) rassemble les cinq communautés de communes, la communauté d’agglomérations de Belfort et le conseil général. Une autorité organisatrice caractérisée par l’extrême ruralité de son territoire: 86 communes comptent moins de 250 habitants au kilomètre carré. Dans ces conditions, le réseau de transport, exploité sous la marque Optymo, est constitué de 7 lignes urbaines et de 7 lignes suburbaines. Les premières sont gérées par la Régie des transports du Territoire de Belfort (RTTB). Mise en place depuis 2007, la RTTB exploite le réseau urbain, 6 j/7, à raison d’une fréquence toutes les dix minutes. Les autres lignes sont exploitées par trois transporteurs: Autocars Monts Jura (groupe Keolis), en compagnie de deux indépendants, Doux Voyages et LK Horn, avec une fréquence toutes les heures. Le cadre juridique retenu est celui des marchés publics, avec un règlement des prestations de transport en fonction du nombre de kilomètres parcourus par les différents exploitants. Compte tenu du non-fonctionnement de la RTTB les dimanches, un système identique a été confié ce jour-là à la société Kunegel (groupe Veolia) pour assurer les lignes urbaines.

Une volonté politique forte

Mais c’est la mise en place originale au printemps d’Optymo à la demande qui a attiré tous les regards des professionnels du transport. Alors que beaucoup d’agglomérations françaises concentrent les moyens alloués aux transports publics sur une part réduite de leurs territoires, là où le potentiel de clientèle est le plus facilement exploitable, c’est vers un choix totalement opposé que les élus du Territoire de Belfort se sont orientés. Ce système repose sur une volonté politique forte. Celle de fournir des solutions de mobilité aux habitants des zones rurales. Un principe qui prend également en compte des notions telles que la solidarité territoriale entre agglomération et communes du département, sur la question des transports publics. Les études menées depuis deux ans se sont appuyées, en particulier, sur un constat de l’Automobile Club, qui mesurait, en 2008, à 458,75 euros par mois le coût d’une voiture d’entrée de gamme. Les promoteurs du nouveau système de transport à la demande ont considéré qu’une part non négligeable de la population n’avait pas l’usage, par choix ou par nécessité, d’un véhicule individuel. Des considérations qui ont conduit Christian Proust, président du SMTCTB, à présenter aux élus du département, le système révolutionnaire de transport à la carte avec Optymo à la demande.

400 000 euros par an

Le choix du SMTCTB s’est orienté vers une société d’origine Suisse, RCS Mobility, dont la filiale française exploite par ailleurs certains services de transports de voyageurs, à Toulouse. Ce marché public a été conclu pour trois ans. Les véhicules sont des Mercedes d’une dizaine de places, qualifiés de haut de gamme et tout confort. Depuis le mois d’avril, Optimo à la demande s’est déployé selon plusieurs modalités. Tout d’abord, la solution de base, sur les cinq secteurs définis, prévoit un service de transport toutes les deux heures, soit trois allers-retours par demi-journée. Sur deux autres secteurs, une offre à haut débit est même proposée, avec un aller-retour possible, chaque heure. Par rapport à l’ancien système, dans tous les cas, la réservation reste possible jusqu’à une heure avant le départ. Elle est ouverte du lundi au dimanche de 6 h 30 à 22 h 30. Les transports relient chaque commune appartenant à l’une des zones définies à des hubs, ou arrêts de correspondance avec les transports urbains. Aussitôt connue, cette formule a conquis les Terrifortains. D’autant qu’elle s’accompagne d’une tarification incitative à 2 euros aujourd’hui, et qui pourrait être encore revue à la baisse. “Nous avons atteint les 1 000 réservations par mois en juin, nous doublons pratiquement tous les deux mois, ce qui fait que nous comptons dépasser les 10 000 voyages par an, puis passer à 50 000 voyages au bout de trois années”, observe et ambitionne Marc Rovigo, directeur général de la SMTCTB. Des performances à mettre en parallèle avec celles du réseau Optymo en général: par exemple, le réseau suburbain avec 1 578 994 voyages, en 2010, contre 1 283 409 voyages, en 2006, a progressé sur la période de 23 %. Mais pour Optimo à la demande les ambitions de l’autorité organisatrice sont autres puisque le chiffre des 100 000 voyages est envisagé à terme. En fait, l’ambition vise le retour d’une desserte régulière.

Recherche d’équité budgétaire sur l’ensemble du territoire

Optymo à la demande complète la gamme des transports publics du Territoire de Belfort et participe, de ce fait, à la complémentarité des services Optymo. Optymo urbain offre un bus toutes les dix minutes, sur les communes de l’agglomération. Optymo suburbain offre un bus toutes les heures vers les principales communes du Territoire. Optymo transports scolaires assure un aller-retour minimum par jour à toutes les communes, en complément du service régulier, soit environ 80 services, également régis selon le principe des marchés publics. Ils assurent aux élèves un acheminement le matin et deux le soir. Optymo à la demande propose plusieurs allers-retours dans la journée aux habitants des zones rurales, de même qu’un service au départ de l’agglomération et à destination des zones rurales. En outre, Optymo PMR permet un déplacement adapté aux personnes à mobilité réduite, de porte à porte, dans toutes les communes. Sur le Territoire de Belfort, Optymo à la demande s’affiche aujourd’hui (certes, sur un périmètre restreint) comme l’un des réseaux de transport en commun des plus complet en terme d’allocations de ressources, associant l’urbain, le suburbain et le transport à la demande. Il participe ainsi à l’équilibre des territoires. Avec un prix du billet limité à 2 euros par trajet, le budget annuel alloué pour Optymo à la demande par le SMTCTB tourne autour des 400 000 euros, mais reste susceptible d’évoluer, selon la fréquentation. En tout cas, pour l’heure, la hausse de fréquentation sans précédent enregistrée par le réseau de la SMTCTB conforte la justesse des choix effectués sur la complémentarité des différents services proposés à l’ensemble de la population du Territoire de Belfort.

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  • Jean-François Bélanger
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