Voyager en car Bagnolet, gare routière internationale d’Eurolines. Thierry Mariani autorise l’ouverture "régulée" du territoire aux dessertes interrégionales dans le cadre de la réglementation européenne sur le cabotage des lignes internationales. Explications.
Je suis venu ici pour vous annoncer que je viens d’autoriser votre réseau d’entreprises françaises et européennes de transport de voyageurs à exploiter plus de 230 dessertes interrégionales de transport par autocars” a annoncé le ministre des Transports, Thierry Mariani aux dirigeants d’Eurolines, le 5 septembre à la gare routière internationale de Paris-Gallieni.
Conformément à l’évolution récente de la réglementation européenne, ces dessertes seront donc réalisées dans le cadre de services internationaux préalablement autorisés. Elles desserviront près de 70 villes à l’échelle de l’ensemble du territoire français. “Notre volonté est d’offrir un service supplémentaire sur les liaisons mal desservies par le fer”, assure Antoine Michon, directeur général d’Eurolines France. Les nombreuses demandes d’autorisation déposées au début d’année 2011, et qui ont été soumises à la consultation des régions et départements concernés, trouvent là une réponse favorable. “Globalement, 60 % des dossiers ont été acceptés dans la mesure où ils ne mettaient pas en danger l’équilibre des autres modes de transport en présence”, justifie Thierry Mariani. Pour l’heure, 270 demandes sont toujours en cours d’instruction.
Pour autant, le ministre a tenu à rappeler que cette ouverture devait se faire “de manière régulée et non au détriment d’autres modes de transports. Il ne s’agit pas de concurrencer les services existants, notamment ferroviaires.” L’objectif recherché par les services de l’État est bien d’enrichir l’offre de transport. “Le développement de ces nouvelles dessertes routières doit donc être encadré, a précisé d’emblée Thierry Mariani, pour que les efforts engagés par l’État et les collectivités territoriales afin de pérenniser les services de transports ferroviaires portent leurs fruits.”
L’équilibre économique des contrats de service public de transport de personnes dans le cadre desquels sont exploités les trains express régionaux (TER) et trains d’équilibre du territoire (TET) ne devra pas être remis en question. De ce fait, “le nombre de passagers nationaux transportés devra être minoritaire par rapport au nombre total de passagers transportés dans un cadre international”, précise Thierry Mariani. Un seuil qui devra rester inférieur à 50 % de la capacité d’un car mais qui devrait, selon Eurolines, se situer aux alentours de 30 % à 40 %. “À bord, cela représente 15 places sur 50. Dès la première année d’exploitation, nous tablons sur 50 000 voyageurs par an”, relativise Antoine Michon.
Pour le ministre, ces autorisations “constituent une étape importante dans le développement de services réguliers de transport par autocar à longue distance, en complémentarité avec les autres modes de transports collectifs.” Une satisfaction partagée par les acteurs de la profession présents ce jour-là. “C’est un premier pas vers une offre de transport élargie”, constatait Éric Ritter, secrétaire général de la FNTV. “Elle nous paraît justement équilibrée, car elle vient effectivement en renfort de l’offre ferroviaire et non pas en concurrence.” Une question se pose cependant: Eurolines bénéficiera-t-il de fait d’un monopole sur les lignes interrégionales, ou d’autres entreprises pourront-elles rapidement proposer ce nouveau type de service?
