Hausses du chiffre d’affaires, du résultat net consolidé, de l’excédent brut d’exploitation et de la capacité d’autofinancement, tous les voyants financiers du groupe RATP sont au vert pour le premier semestre 2011. Malgré tout, l’instabilité de la conjoncture économique inquiète la régie, en particulier sur les volets de l’investissement et de la fréquentation.
Malgré un rebond de la fréquentation touristique observé sur l’ensemble du premier semestre 2011, nous avons observé une chute de 2 % du nombre de passagers en juin dernier. Cela présente un risque pour la qualité des résultats sur l’ensemble de l’exercice”, confiait Pierre Mongin, président de la Régie des transports parisiens (RATP) lors de la présentation des résultats financiers du premier semestre, le 1er septembre dernier à Paris.
Autre source d’inquiétude évoquée par le président: la situation de l’emploi. “Dès que le chômage augmente, nos recettes diminuent mécaniquement”, assure Pierre Mongin. Affichant des résultats comptables globalement en progression, le groupe a déjà mesuré les premiers effets de la fusion de Veolia et Transdev. “Outre les opportunités foncières, nous avons réalisé des plus-values imputables à la cession des titres de Financière Transdev et des anciens actifs cédés à Veolia-Transdev”, précise Pierre Mongin. À elles seules, les 16 entreprises “récupérées” dans le cadre de la fusion de Veolia Transdev ont généré 128 millions d’euros de chiffre d’affaires au 30 juin 2011 dont près de 89 millions d’euros au Royaume-Uni. Des leviers de croissance dont les effets pourraient, selon les perspectives du groupe, se poursuivre et contribuer à atteindre 30 % du chiffre d’affaires en 2020. Pour répondre à ce redimensionnement, le groupe a également donné la priorité à l’investissement. En effet, à raison d’une première tranche de 545 millions d’euros payés à fin juin 2011 pour un objectif de 1,5 milliard d’euros sur l’ensemble de l’exercice, “notre statut d’établissement public industriel et commercial (Épic) ne nous empêche pas de contracter des emprunts obligataires à long terme”, explique Alain Le Duc, directeur financier du groupe. Une volonté d’investissement motivée par le maintien de son AAA par deux agences de notation il y a six mois. “La crise financière se poursuit et nous avons besoin de la confiance des marchés pour poursuivre notre développement”, atteste Pierre Mongin. Sur le terrain, ces afflux de capitaux portent majoritairement sur l’amélioration de l’exploitation, la modernisation des espaces, la maintenance des infrastructures, le renouvellement du matériel roulant et les opérations “hors programme” comme les aménagements publicitaires en stations.
Ces six derniers mois, le groupe a également travaillé à l’intégration des réseaux de Bourges, Moulins, Vienne et Vierzon et des activités interurbaines en Centre-Auvergne, Champagne et Rhône-Alpes. En parallèle, le groupe est également en lice sur une dizaine d’autres projets à l’échelle nationale notamment à Amiens, Bourges, Chambéry, Charleville-Mézières ou Valence. Une percée hexagonale qui pose parfois problème comme à Clermont-Ferrand où les salariés ont déjà débrayé plusieurs jours cet été pour dénoncer la possible arrivée de la RATP dans le capital de T2C, gestionnaire des lignes de l’agglomération, suite au dépôt de sa candidature à l’appel d’offres de l’AOT officialisée le 24 août. “Proposant une participation de 20 %, les élus nous ont sollicités pour apporter une compétence technique et nous ne désespérons pas de convaincre les partenaires sociaux de notre bonne volonté”, explique Jean-Marc Janaillac, président-directeur général de RATP Dev. Menaçant d’autres mouvements sociaux dès la rentrée, les salariés sont malgré tout parvenus à faire momentanément plier l’AOT qui se donne un délai de réflexion supplémentaire jusqu’à la remise du rapport d’experts sur l’autorisation de sécurité. De son côté, le dossier d’automatisation de la ligne 1 du métro parisien prend forme. “Cet été, nous avons déployé 540 façades de quais et testé la navette automatique dans des conditions de circulation réelle. Aujourd’hui, nous entamons la phase d’approbation du volet sécuritaire par le préfet de région afin de valider son entrée en service en novembre prochain”, prévoit Jean-Marc Janaillac.
À l’international, cette moitié d’exercice a été marquée par la mise en service du second tronçon du Gautrain, en Afrique du Sud, le 2 août dernier, par l’acquisition de la société en charge de l’exploitation du tramway de Manchester le 1er août 2011 et compte sur l’inauguration du métro d’Alger “fin octobre voire début novembre”, espère Pierre Mongin. Et les perspectives du groupe ne s’arrêtent pas là puisqu’il a récemment répondu aux appels d’offres des tramways de Casablanca au Maroc, d’Alger en Algérie et de Washington aux États-Unis, mais aussi des métros d’Hyderâbâd et de Chennai en Inde ou du bus de l’île anglo-normande de Jersey. Une stratégie mondiale qui passe aussi par le renforcement de ses coopérations industrielles qui lui permettent ainsi de figurer dans des projets comme la ligne verte de Dubaï aux Émirats arabes unis inaugurée le 9 septembre, des lignes 1 et 2 du métro de Bagdad en Irak, de la première ligne du métro de Panama et des Purple line et Blue line, de Bakou en Azerbaïdjan.
PLAN VELO EN MARCHE
Début septembre, le Club des villes et territoires cyclables, qui regroupe 1 100 collectivités, a présenté à Thierry Mariani, ministre des Transports, ses propositions en faveur de la mise en place d’un Plan vélo national. Privilégiant dans un premier temps un programme national, baptisé On travaille à vélo, où l’État mettrait à disposition d’un grand nombre de salariés des bicyclettes, la seconde idée majeure du club serait de mettre sur pied une mesure obligeant les sociétés à rembourser 0,20 euro du km à ses salariés-cyclistes. Cette taxe serait ainsi incluse dans le versement transport.
NOUVEAU COMPARATEUR SUR LA TOILE
Depuis la rentrée, les usagers comptent un moteur de recherche supplémentaire à leur disposition. Baptisé Kelbillet.com, ce nouvel outil multitransport 2.0 recense les moyens disponibles et les tarifs par destination, et par fréquence de chaque mode de transport.
Outre les offres classiques, il permet également d’accéder aux alternatives "communautaires" comme la revente de billets de train entre voyageurs, le covoiturage, etc.
