Newsletter S'inscrire à notre newsletter

Magazine

Un autocar en vogue

Volvo 9500 Le constructeur suédois a enfin de quoi répondre aux attentes d’une majorité des clients français. Le 9500 complète sa gamme avec une offre mixte particulièrement cohérente et séduisante sur le plan tarifaire. Une première chez Volvo.

LE VOLVO 9500 est un des candidats malheureux du Coach Euro Test. À l’image de quatre autres prétendants au titre, il a subi la houle du VDL Futura 2 (Bus & Car no 886). Mais le dernier-né de la gamme du Suédois marque des points dans des compétitions autrement plus importantes, celles des marchés des véhicules neufs. Car, avec le 9500, Volvo se dote enfin d’un véhicule polyvalent affichant un tarif cohérent, notamment pour le marché français. De là à dire que le Suédois se lance dans la course au podium des immatriculations, il reste un grand pas. Les débuts du 9500 sont plutôt encourageants, mais les chiffres restent modestes. Dévoilé en France en octobre 2010 à l’occasion d’Autocars Expo, le 9500 commence toujours à faire ces premiers tours de roues chez les clients. À ce jour, moins de dix exemplaires ont été livrés. “Mais nous avons enregistré près d’une vingtaine de commandes. Son développement répondait notamment aux besoins et aux attentes du marché français. Les autocaristes hexagonaux recherchent des véhicules polyvalents à un tarif contenu”, assure-t-on chez Volvo Bus France. Le 9500 constitue en effet une porte d’entrée supplémentaire et plus facile à pousser dans la gamme Volvo. Pour renouer avec la marque ou l’expérimenter, il est plus simple d’investir dans un 9500 que dans un 9700. Le premier est 15 % moins cher que le second. Il est certes moins séduisant sans son plancher incliné, son essieu rigide ou encore son moteur plus timide. Mais il offre toutes les qualités pour faire fructifier au plus vite son investissement. Un argument que Volvo n’hésite pas à hisser toutes voiles dehors pour vanter son véhicule.

Le véhicule de l’essai

Habillé aux couleurs de la Volvo Ocean Race (à l’intérieur), ce 9500 H avait plutôt des allures de jeune mousse avec ses maigres 5 316 kilomètres au compteur. Le moteur Euro 5 D9B de 380 ch formait un couple avec la boîte robotisée Volvo I-Shift à 12 rapports. Ce modèle équipé de toilettes offre 8,5 m3 de soutes (9,25 m3 sans cette option) qui accueillaient en partie le lest, pour faire monter l’aiguille à près de 19,5 tonnes soit le PTAC maximal. Véhicule mixte, le 9500 est parfaitement taillé pour le tourisme avec un système audio vidéo complet (plusieurs écrans en option), sa climatisation, ses sièges inclinables… Quelques options venaient compléter le modèle du test: réfrigérateur à l’avant, tablettes aux dossiers et repose-pieds, GPS, caméra de recul… Sur le plan de la sécurité, Volvo offre sur le 9500 l’ABS et l’EBS, ainsi que son système anti-encastrement à l’avant, qui protège le conducteur en cas de choc frontal.

L’esthétique

Si vous cherchez des ressemblances avec le 9700, vous ne vous trompez pas. Il s’agit tout bonnement de la même carrosserie. Mais, bien que dévoilée en 2006, la face avant n’accuse pas le poids des années et semble ne pas avoir pris une ride. Le design reste contemporain et conserve ses qualités et ses défauts. Des lignes à la fois strictes et harmonieuses, mais manquant quelque peu d’audace. L’arrière n’est en revanche pas une réussite tant elle est bien plus triste.

Confort et tenue de route

Le 9500 ne s’est pas contenté d’emprunter le design du 9700. Il le copie aussi sur le plan du comportement routier. Les suspensions sont d’une grande souplesse, à croire que le véhicule vogue plus qu’il ne roule. L’habitacle est un quasi-monde du silence, la luminosité en prime. La visibilité vers l’avant est certes en retrait du 9700, qui a gardé son plancher en théâtre. La finition est digne d’un autocar haut de gamme et la sellerie est très confortable. On pourrait peut-être trouver l’habitacle un peu triste et cheap, mais cela permet à Volvo de bien positionner le véhicule dans sa gamme. Pour faire œuvre de séduction en matière d’aménagement intérieur, il dispose du 9700 et surtout du 9900.

La consommation

Avec le 9500, Volvo a souhaité concevoir un bon outil de travail. Dans cette optique, la question de la consommation est plus que jamais critique. Avec une moyenne de 26,9 l/100 km, le véhicule s’en sort particulièrement bien sur le circuit de Bus & Car. À ce niveau de charge, peu de véhicules ont fait mieux. Sur la portion la plus urbaine, il a réalisé une belle performance, faisant preuve d’une bonne homogénéité sur le reste du parcours. Le choix mesuré du moteur D9B de 380 ch a certainement pesé sur la performance. Avec le 9500, Volvo a peut-être trouvé la bonne voilure pour accoster dans les parcs d’autocaristes français.

Fiche technique

– Longueur/largeur/hauteur

12,3 / 2,55 / 3,6 m.

– Moteur

Euro 5 Volvo D9B développant 380 ch.

– Boîte de vitesses

Robotisée Volvo AT2412 C I-Shift avec ralentisseur hydraulique compact intégré.

– Freins AV et AR

À disques intégraux avec EBS, ABS, ASR et ESP.

– Suspensions

Pneumatiques intégraux, essieux rigides à l’avant.

– Réservoir

480 litres (AdBlue 60 l).

L’avis de notre expert
DISCRET ET TALENTUEUX

Le Volvo 9500 est sobre, classique, mais en plus efficace et agréable à conduire. Le conducteur appréciera un habitacle spacieux, lumineux, avec une planche de bord très bien finie. On regrettera juste l’absence de rangement en main droite. Tous les gabarits trouveront une bonne position de conduite. En revanche, à moins de mesurer 2 mètres, ou d’être champion du monde de saut en hauteur, vous ne pourrez pas régler le rétroviseur grand angle côté gauche. Un oubli incroyable. Des rétroviseurs également sensibles aux turbulences du vent. À la mise en marche, on pourra percevoir des trépidations au ralenti, à froid comme à chaud. Un manque de civilité qui surprend car sur la route, le Volvo 9500 réalise pratiquement un sans-faute: puissant, coupleux, très bien insonorisé, il est en outre parfaitement secondé par la boîte Volvo I-Shift de seconde génération. Celle-ci est extrêmement pertinente dans ses choix et en outre très rapide. Le comportement routier est sain et prévisible, tout au plus regrettera-t-on un train avant un peu lourd, sujet aux percussions lors du passage sur les joints de chaussée ou les cahots. L’option jantes en alliage léger (gain de 45 kg sur les masses non suspendues de l’essieu) n’est pas un luxe pour atténuer le phénomène. Hormis cela, la direction, du volant au rayon de braquage, est une réussite. Le freinage est digne de confiance et sa commande est très progressive. Sans avoir l’air d’y toucher, il est capable de bonnes performances routières.

Pas démonstratif mais efficace. Si le 9500 ne suscite pas spontanément le coup de cœur, c’est toutefois l’archétype de l’autocar que l’on apprécie au fil des kilomètres.

Le plus

• Qualité de finition

• Accord moteur/boîte

• Visibilité

• Confort du poste de conduite

• Insonorisation

• Agrément moteur

Le moins

• Rétroviseurs sensibles au vent

• Trépidations au ralenti

• Balourd du train avant

• Rétroviseurs grand angles difficiles à régler

• Témoins d’antibrouillards trop petits.

L’avis de l’exploitant – THIERRY SUZANNE, directeur d’exploitation des Cars Suzanne
Un car mixte parfaitement adapté pour le tourisme

Nous n’étions pas clients habituels de Volvo.

Mais avec le 9500 nous avons découvert un autocar de belle allure plutôt bien placé sur le plan tarifaire. Un sérieux plus car nous étions à la recherche des véhicules mixtes capables de répondre aux attentes de nos clients tourisme. Les six exemplaires réceptionnés en avril dernier confortent notre décision. Nous possédons également deux 9700 et on remarque que les différences entre les deux autocars sont minimes. Le moteur est, certes, moins puissant, mais amplement suffisant. Si l’habitacle est moins luxueux, cela est compensé par une finition impeccable qui n’a rien à envier à celle des constructeurs allemands. Les retours de nos clients sont très positifs. Il n’y a guère que la suspension qui pourrait gagner en souplesse.

En revanche, Volvo a encore des progrès à faire sur le plan du service après-vente. Il reste encore trop de lacune sur ce plan. Les 9500 ont connu quelques soucis techniques de mise en route. Cela est classique chez beaucoup de constructeurs mais, généralement, une intervention suffit à régler le problème. Or, sur les 9500, il a parfois été nécessaire de se déplacer plusieurs fois. Il y a encore un manque de savoir-faire de la réparation autocar au sein de leur réseau. Malgré tout, le 9500 nous donne entière satisfaction. Il est un excellent compromis entre le haut de gamme et un autocar plus basique. On l’exploite sans soucis sur le marché du tourisme qui est de plus en plus tendu. Il nous permet de maintenir des marges, c’est l’essentiel.

Retour au sommaire

Auteur

  • David Reibenberg
Div qui contient le message d'alerte

Envoyer l'article par mail

Mauvais format Mauvais format

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format

Div qui contient le message d'alerte

Contacter la rédaction

Mauvais format Texte obligatoire

Nombre de caractères restant à saisir :

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format