L’association Agir Transport regroupe à ce jour 87 adhérents. À une majorité de réseaux de transport publics indépendants, se mêlent désormais des autorités organisatrices, des entreprises autocaristes et, depuis peu, un certain nombre de Sociétés publiques locales. Redoublant d’activité, Agir vient aussi de lancer une centrale d’achats. Rencontre avec Arnaud Rabier, son secrétaire général.
Votre association a connu un certain succès ces dernières années. Qui sont aujourd’hui vos adhérents?
Arnaud Rabier: Leur nombre a doublé en trois ans. Pour deux tiers d’entre eux, il s’agit de réseaux indépendants, mais nous avons aussi enregistré l’adhésion d’un certain nombre d’autorités organisatrices, de quelques groupes autocaristes indépendants comme par exemple Les Cars Faure, et de trois SPL: Saumur, le Tarn, la Saône-et-Loire. Elles devraient bientôt être rejointes par la future SPL Drôme-Isère et par celle de Thionville, dont la création est en cours de discussion. Nous pensons raisonnablement franchir le cap des 100 adhérents l’année prochaine, et nous souhaitons que nous rejoignent les régies de transports scolaires et les services de transport à la demande.
Le développement des SPL apparaît à certains comme anecdotique, partagez-vous ce point de vue?
Non, nous pensons qu’il s’agit d’une vraie lame de fond. Un grand nombre d’élus sont aujourd’hui désireux de reprendre directement en mains certains des services publics dont ils ont la charge. Et ce qui est vrai pour la distribution de l’eau par exemple, l’est aussi pour le transport. Selon nous, cette nouvelle vague va grossir à l’approche des élections municipales de 2014, et ce, quelles que soient les couleurs politiques.
À quoi attribuez-vous le développement de votre association?
Nous sommes récompensés du travail réalisé ces six dernières années. Nous nous sommes mis à la place de nos adhérents pour mieux cerner leurs besoins, et répondre à leurs attentes. De fait, nous sommes aujourd’hui devenus un centre de services qui accompagne les opérateurs et les collectivités en leur facilitant certaines tâches.
La création de la Centrale d’achat du transport public début septembre va dans ce sens?
Nous avons créé cette association qui fonctionnera avec du personnel Agir pour soulager nos adhérents, du moins ceux qui auront décidé d’y adhérer – ils sont une quarantaine désormais – car il n’est pas obligatoire d’y avoir recours. En fait, nous organiserons des groupements de commande réunissant la centrale et un adhérent qui a des besoins spécifiques. C’est la centrale qui procède à l’achat et revendra ensuite à la collectivité ou à l’opérateur. Nos adhérents se trouveront de fait déchargés de la procédure de marché publique, qui sera réalisée par la centrale elle-même. Nous avons déjà passé une quinzaine de marchés, notamment dans le domaine de l’assurance, pour des autocars scolaires ou des bus GNV. Ce système, très souple, permet aux adhérents d’obtenir exactement le produit ou le service qu’ils souhaitent. Il n’y a aucune standardisation. Enfin, l’adhésion à cette centrale est ouverte à toutes les collectivités, il n’est pas besoin d’appartenir à Agir.
Vous avez les ressources en interne pour mener ces différents dossiers de front?
Nous sommes aujourd’hui huit permanents et travaillons avec une quinzaine de consultants en fonction des besoins. Par ailleurs, pour la centrale, nous comptons sur notre expertise juridique pour la passation des marchés, et sur celle de nos réseaux adhérents lorsqu’il s’agira de problématiques plus techniques. Si besoin est, nous pourrons aussi, bien sûr, faire appel à l’extérieur.
