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Businova, le bus à vivre

Safra Le carrossier albigeois entre dans une autre dimension. À Strasbourg, il a dévoilé un bus propre utilisant une multi-hybridation et un châssis bimodulaire. Mais Businova ne se contente pas d’être vert, il est audacieux sur le plan du design et a fait sensation au salon.

IMAGINEZ un aquarium, posez-le sur deux essieux, dotez-le d’un volant et de deux portes accessibles à tous. Vous obtenez à peu de chose près Businova, l’autobus trihybride lancé par Safra à Strasbourg. Bien connu pour ses travaux de rénovation, de réaménagement de matériel roulant et ferroviaire, le carrossier albigeois entre ainsi dans la cour des constructeurs. “Businova est le résultat d’un projet d’entreprise de longue date. Ses prémices remontent à 2006. À l’époque, la technologie et le marché n’étaient pas mûrs pour donner corps à nos idées. Il a sommeillé quelque temps et, avec l’appui de nos différents partenaires, notamment R & D Industries et Dominique Delamour, nous l’avons sérieusement réactivé il y a un peu plus d’un an. Le résultat est un réel moteur de l’entreprise”, se réjouit Vincent Lemaire, président de Safra.

Doublement innovant

Pour rejoindre le marché de l’autobus, déjà bien encombré, Safra devait trouver les moyens de se démarquer. Ainsi, Businova repose sur deux innovations brevetées. La première concerne son architecture avec un châssis bimodulaire. Le premier module supporte tous les éléments permettant l’accueil des passagers et du poste de conduite. Il repose en partie sur le second module composé de l’essieu arrière et de son système de propulsion. Cette conception permet d’alléger le véhicule et d’optimiser ainsi l’efficacité énergétique. La propulsion de Businova est sans doute sa principale innovation. Safra a opté pour l’hybridation, mais pas comme tout le monde. Le carrossier mise sur un ménage à trois avec un petit moteur diesel, des batteries électriques et un système hydraulique. “L’idéal serait de proposer du tout électrique. Mais, en l’état de la technologie, il n’est pas possible de proposer une autonomie satisfaisante dans ce gabarit et il reste encore trop d’incertitude sur la durée de vie des batteries”, regrette Vincent Lemaire.

Pour Businova, Safra annonce une autonomie de 200 km avec un véhicule de dix mètres capable d’accueillir 90 passagers. “Pour optimiser l’autonomie, il faut éviter de brusquer les batteries. Aussi, au démarrage, nous utilisons l’hydraulique. L’électrique prend le relais quand le véhicule est lancé. Le freinage permet, lui, de récupérer de l’énergie. Quant au diesel, il trouve essentiellement sa raison d’être pour gérer les hauts le pied, mais également pour garantir au véhicule sa mobilité en toutes circonstances”, explique Vincent Lemaire.

Résolument séduisant

Businova est donc plein de promesses sur le plan technique. Ce qui est en revanche immédiatement palpable, c’est le pouvoir de séduction de ce bus. Safra a tout simplement conçu une très belle machine. Vitré des flancs au plafond, doté d’un volume intérieur plus digne d’un loft que d’un autobus, Businova affiche également une carrosserie élégante. “Le belvédère à l’arrière est naturellement surélevé car il repose sur le module de propulsion. Il fallait que l’on puisse s’y tenir debout. Comme nous avons aligné le toit sur la partie arrière, cela donne une hauteur sous plafond exceptionnel. L’impression de volume étant renforcée par le vitrage”, précise Vincent Lemaire.

Objectif 2013

Le modèle dévoilé est un prototype, mais le Businova ne restera pas au stade de concept bus. Un deuxième exemplaire est en cours de production et servira à l’homologation espérée l’année prochaine. “Sur ce terrain, nous avons déjà passé les étapes les plus difficiles. Aussi, dans l’optique où le dossier avance normalement, nous devrions être en mesure de répondre aux appels d’offres dans le second semestre 2012 pour des premières livraisons en 2013”, compte Vincent Lemaire. Businova a déjà réussi son opération séduction sur le plan local. Albi veut en mettre un en exploitation et Toulouse compte servir de terrain d’exploitation expérimental pour le no 2 de la série. Safra ne s’est pas fixé d’objectifs concrets en terme de volume d’immatriculations, mais il reste assez confiant et ne manque pas de dévoiler un des principaux atouts du véhicule: son coût de possession. “Cela me semble plus important que de parler du prix de vente. Or, sur ce plan nous sommes très bien placés. Un bus diesel consomme près de 40 l/100 km. Avec leurs hybrides, les constructeurs annoncent 25 % à 30 % d’économie de carburant, soit 30 l/100 km. Grâce à Businova, nous tournerons à tout juste 15 l/100 km”, promet Vincent Lemaire. Pour autant, Safra ne se perd pas dans la folie des grandeurs. “Notre outil de production nous assure une capacité annuelle de 100 véhicules. Nous avons de la réserve foncière et un fort soutien local qui nous permettrait de nous développer. Et pour répondre à l’export, nous chercherons à nous appuyer sur des partenaires et à fonctionner selon un système de licence”, souligne Vincent Lemaire.

Businova devrait être le premier acte d’une nouvelle histoire pour Safra. Le concept pourrait être décliné en gamme avec des modèles de différentes longueurs. Le pack de propulsion est également évolutif. “Le jour où la pile à combustible deviendra abordable, elle pourra prendre la place des batteries. Ainsi, nous proposerons le véhicule propre idéal pour les villes”, prophétise Vincent Lemaire.

L’autre façon de voir le bus

Pourquoi un prince des lunettes design a-t-il planté son regard dans le monde du bus? Alain Mikli n’a pas participé au projet Businova par hasard. Il est un intime de Dominique Delamour, partenaire de Safra et un des pères du projet. “J’ai rejoint assez tardivement le groupe des inventeurs. Je me définis un peu comme l’emmerdeur de service, celui qui dit toutes les vérités, mais dans un but constructif avec le souci permanent d’agir comme un chef d’orchestre”, confie Alain Mikli. Le grain de folie qu’il apporte à ses montures, il l’a également fait germer dans Businova en s’impliquant dans le design du Businova. “Il reste le projet de Safra et de Dominique Delamour”, tient-il à préciser. Son action n’a pas laissé les industriels de Safra dans le flou, bien au contraire. “Il nous semblait essentiel d’ouvrir le projet à des personnes venant d’horizon divers et variés. C’est par ce biais que nous avons été en mesure de réaliser quelque chose de fondamentalement différent”, confie Vincent Lemaire, président de Safra. Pour Alain Mikli, Businova n’est pas un bus, “c’est un salon ambulant offre une nouvelle vision sur la ville afin de mieux en profiter. Il était temps d’arrêter de penser le bus comme une boîte à sardine roulante. Et nous apportons la preuve qu’il est possible d’aller plus loin que les BHNS qui se contentent essentiellement de proposer un nouvel emballage sans donner une nouvelle fonction à l’autobus. Avec Businova nous faisons du transport, une obligation, un moment agréable. C’est une dimension essentielle.” Alain Mikli s’est également montré particulièrement sensible à la question de l’accessibilité. Pour Businova, il l’a voulue la plus naturelle possible: “Nous proposons un système où la personne en fauteuil roulant est considérée comme tous les autres passagers. Elle monte par l’avant et descend par l’arrière, comme tout le monde. C’est plus qu’une solution technique, c’est une philosophie.” En tout cas, à l’approche de 2015, c’est une nouvelle manière de voir l’accessibilité.

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Auteur

  • David Reibenberg
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