DANS la galaxie du bus et du car, Man est tout sauf une étoile isolée. Depuis que la commission européenne a validé, le 26 septembre dernier l’OPA de Volkswagen, Man sait qu’il fera dans un futur plus ou moins proche équipe avec Scania au sein d’une grande famille régit par le géant automobile allemand. Mais à Courtrai, il était évidemment trop tôt pour entrevoir les premières conséquences du rapprochement. Aussi, le stand de Man donnait dans le classique. Avec, pour la marque Neoplan, le double étage Skyliner en porte-étendard. Cet impressionnant double étage devrait s’inviter chez quelques fidèles clients hexagonaux de la marque. L’autre curiosité se nichait “sous le capot” du bien connu Man Lion’s City. Pour y intégrer un de ses moteurs Euro 6 exposés, Man n’a pas besoin de modifier fondamentalement le véhicule. Ainsi, les exploitants de ce véhicule en version Euro 5 ne seront nullement dépaysés au moment du passage à la nouvelle norme, d’autant que l’incidence sur la capacité maximale est nulle. Une transition que Man, pas plus que les autres constructeurs, ne compte pas anticiper. “Mais cela correspond aux attentes de nos clients qui préfèrent se tourner vers du Euro 5 aussi longtemps que possible car le prix reste moins élevé”, assure-t-on chez Man. Le constructeur n’a cependant pas précisé si tous les modèles de sa gamme actuelle passeront sans modification. Mais d’ici au 1er janvier 2014, les attributions des membres de la famille Volkswagen auront peut-être été modifiées.
Quels sont vos principaux axes de développement à l’international?
→ Rudi Kuchta: Ils sont divers et le rapprochement avec Volkswagen nous a déjà ouvert de nouvelles perspectives, notamment en Amérique du Sud avec le rachat de Volkswagen do Brasil, rebaptisé depuis Man Latin America. Ainsi, via le Mexique et l’offre Volkswagen (le Crafter version transport de personnes, ndlr) nous pourrions, à terme, viser l’Amérique du Nord. Le joint-venture conclut en Inde dans le cadre du camion avec Force Motor commence à avoir un effet dans le domaine du car et bus. Ainsi, nous avons lancé un car de tourisme pour le marché local. Nous avons en projet de développer une offre pour le reste du continent asiatique et pour l’Afrique avec notamment un châssis à moteur avant. Nous possédons un site de production en Russie qui offre de bonnes perspectives. Nous pourrions notamment y produire le Lion’s Coach pour le marché russe et la partie orientale de l’Europe.
Quelle est la part des ventes hors Europe dans votre activité?
→ Sur les 6 000 véhicules vendus par Man en 2010, les deux tiers l’ont été en Europe. Nous comptons toujours augmenter notre activité sur le Vieux Continent. Nous visons les 5 000 ventes annuelles au plus tard dans cinq ans. La hausse devra aussi être de mise à l’international, mais il est encore trop tôt pour chiffrer des objectifs, car le potentiel est très important et tout dépendra des synergies qui pourraient être mises en place avec Volkswagen et Scania.
Quelles pourraient être ces premières synergies sur le plan commercial?
→ Cela commence en Amérique du Sud, plus précisément au Brésil où nous implantons des moteurs Man sur des châssis Volkswagen. Ce pays doit adopter la norme Euro 5, et nous serons en mesure d’apporter une offre compétitive. D’autres synergies pourront être mises en place notamment pour nous installer sur les marchés à fort potentiel comme la Chine. Mais il est bien évidemment trop tôt pour apporter plus de précisions, les équipes des différents constructeurs commencent à peine à se rencontrer.
