LES fanfares n’étaient pas de mise pour le Dauphin. Absent remarqué de l’édition Busworld 2009, il est de retour en 2011 sans réelle nouveauté retentissante. Mais pour Irisbus, l’essentiel était d’être de la fête afin de ne plus laisser libre cours aux commérages. Ainsi, Irisbus a présenté l’ensemble de sa gamme, y compris son Citelis hybride. Le sang neuf se trouvait dans la gamme mini avec le nouveau Daily dans ses versions Tourys et Way (interurbain), le Magelys Pro s’est invité dans une version accessible avec une porte et un élévateur installés avant l’accès central du véhicule. Cela positionne le véhicule sur le marché du TER routier. Sur ce point, Irisbus compte décliner le principe du Crossway High Value (Bus & Car no 884) au Magelys Pro. Selon le constructeur, une offre quelque peu standardisée permettrait de proposer un véhicule idéalement adapté à ce type de service à un prix compétitif. Le projet en est à ses prémices, il faudra certainement attendre quelques mois avant de voir un bout d’un éventuel Magelys Pro HV. La dernière curiosité du stand concernait la gamme Crossway LE qui s’enrichit d’un petit dernier de taille réduite à 10,8 m. Un marché de niche en perspective qui vient compléter une gamme désormais au grand complet à tel point que le constructeur Irisbus ne devrait pas sortir de grande nouveauté, même dans la perspective d’Euro 6. Enfin, le Dauphin Irisbus a partagé son bassin en accueillant l’Evadys HD, car simulateur de Reunir, qui a permis au groupement de présenter son engagement en faveur de la sécurité.
Irisbus est essentiellement présent en Europe. Avez-vous des ambitions au-delà du Vieux Continent?
→ Franco Miniero: Il y a une réalité qui ne nous échappe pas. Le marché du car et du bus est de plus en plus mondial et le poids de l’Europe dans celui-ci ne cesse de diminuer. À elle seule, la Chine pèse près de la moitié du marché et l’Asie reste également très importante. Pour être un constructeur de poids, il nous faut avoir une vision mondiale. Aussi, nous sommes en train d’évaluer les meilleures opportunités qui s’offrent à nous. Mais nous entamons cette réflexion avec Iveco, cela ne se réduit pas à Irisbus. Or Iveco est déjà présente en Amérique du Sud comme en Chine où les ventes de minis sont très importantes. Nous ne sommes pas spécialement attachés au nom qui porte l’activité commerciale. Iveco est une marque reconnue mondialement, Irisbus commence à se faire un nom. L’essentiel est, pour Fiat Industrial, d’être présent sur le marché mondial. La création de la structure "Bus range" nous permet de gérer les produits et le catalogue au niveau mondial. L’objectif est de proposer des véhicules adaptés à un maximum de marchés. Ainsi, nous ferons croître notre activité internationale.
Vous avez fermé deux usines, celle de Valle Ufita en Italie, et celle de châssis près de Barcelone. Quelles sont les conséquences sur votre capacité de production?
→ Notre capacité de production européenne était devenue trop importante en regard du marché. Avec Annonay, Visoké Myto et Rorthais, nous sommes parfaitement capables de satisfaire la demande. La cessation d’activité ne pose pas de soucis car il y a quelque temps que la production n’avait plus cours. Aussi, il n’y aura pas besoin de redistribuer le travail sur une autre usine. Pour ce qui est des châssis, nous n’avons pas encore arrêté notre décision quant au futur site de production. En Europe, notre activité sur ce segment était assez limitée (447 châssis en 2010, ndlr), mais nous continuerons d’honorer les commandes d’Eurorider pour les marchés britannique et espagnol. Pour la péninsule Ibérique, nous mettons désormais en avant notre gamme de véhicules complets, car le marché commence à évoluer. Enfin, dans l’hémisphère sud, la demande concerne essentiellement des châssis de camion. Sur ce plan, Iveco dispose de la capacité de production nécessaire.
Votre gamme est désormais complète. L’avènement d’Euro 6 apportera-t-il son lot de nouveautés?
→ Ce n’est pas à l’ordre du jour. Il y aura plutôt des évolutions de la gamme actuelle qui a été entièrement renouvelée ces dernières années de l’urbain au grand tourisme. Nous nous attacherons à améliorer les performances de nos véhicules afin qu’ils offrent un coût de possession le plus avantageux pour nos clients. Ce sera notre priorité pour les années à venir.
