Nouvelle-Orléans Le 29 août 2005, à 9 h 45, la ville a cessé d’exister, ensevelie sous les eaux après le passage de l’ouragan Katrina. Presque entièrement détruite, la cité du jazz n’est toujours pas au diapason de la reprise. Portrait d’un réseau de transport qui participe activement à cette reconstruction.
LA VILLE de la Nouvelle-Orléans est aujourd’hui connue de tous pour les boîtes de jazz de son Quartier Français et le drame vécu en 2005 après le passage de l’ouragan Katrina. Six ans après, ce 29 août reste gravé dans les mémoires. “Pour me cantonner au seul réseau de transport de la ville, nous pouvons dire que ce jour-là, 90 % de nos infrastructures étaient détruites, explique, toujours émue, Barbara Major, présidente de la RTA. Nous n’avions plus qu’un quart de nos bus en état de fonctionner, mais sur un réseau routier détruit… Pire! Pratiquement tous nos employés avaient perdu leur maison. Et certains sont même restés cinq jours enfermés dans les étages du siège de la RTA
En cette fin d’été 2005, tout est à reconstruire. Les aides fédérales tardent à venir, les ressources propres de la RTA sont largement insuffisantes à sa remise en route, “et les assurances font ce qu’elles savent bien faire, botter en touche en nous disant que nos bus étaient de toute façon trop vieux”, déplore Barbara Major.
La solidarité locale se met en place, et au niveau national, l’Apta
Paradoxalement, au pays du libéralisme, le concept même de DSP ne va pas de soi. “Les débuts n’ont pas été faciles, confie en effet Justine Augustine, directrice générale de Veolia Transportation New Orleans, les responsables locaux et les employés nous regardaient comme des compétiteurs privés, voire des ennemis. Ce sont nos process de travail, l’expertise que le groupe Veolia Transdev a mis à notre disposition, notre sérieux et notre efficacité qui ont fait la différence. Nous avions comme mission première d’apporter un espoir et un avenir aux employés de la RTA. Mais, après tout, les cadres locaux de Veolia avaient aussi perdu leurs maisons, nous partagions le même problème.” Toutes les ressources du groupe français ont bien été mises au service de cette reconstruction totale du réseau. C’est par exemple Veolia Investissements qui a acheté les nouveaux véhicules, et des spécialistes ont été délégués à la Nouvelle-Orléans, en provenance de toutes les filiales mondiales. Partant pratiquement de zéro, il fut possible de rompre avec les habitudes et de repenser le réseau dans sa totalité.
Conscient de l’extraordinaire vitrine que son implication dans le renouveau de la RTA représenterait aux États-Unis, Veolia Transportation n’a pas hésité à déballer son savoir-faire. “Le challenge pour nous était de trois ordres, poursuit Justine Augustine, nous devions reconstruire, travailler la fiabilité financière de la RTA et former le personnel.” Le tout dans une ville dont le visage a complètement changé, puisque seulement 75 % de la population de 2005 est revenue
New Orleans Regional Transport Authority, l’autorité organisatrice des transports de l’agglomération, qui donne aussi son nom au réseau
Entendez les tramways
American Public Transportation Association (voir Bus & Car no 890).
“Public private operation partnership”, un concept typiquement américain, intermédiaire entre la délégation de service publique et le partenariat public privé à la française. Le contrat avec la RTA court sur cinq ans renouvelables.
Le nombre d’habitants est passé de 454 000 avant Katrina à environ 340 000 aujourd’hui.
À travers sa filiale Veolia Transportation, le groupe français est devenu le premier opérateur de transports privés en Amérique du Nord.
→ Présent dans 22 États et dans des villes comme la Nouvelle-Orléans, San Francisco, Phoenix, Baltimore, San Diego, Tucson, etc.
→ Gamme de services: lignes régulières de bus, bus express, BHNS, trains de banlieue, TPMR, navettes aéroport et taxis.
→ Plus de 10 000 véhicules exploités, 18 000 collaborateurs et plus de 200 contrats en cours.
