Lyon-Perrache Inauguré dans les années 1970, le pôle multimodal de Lyon-Perrache a toujours fait couler beaucoup d’encre. À l’occasion du comité syndical du Sytral, le 27 octobre dernier, il était plus que jamais au carrefour des débats.
C’EST grâce à ce pôle multimodal que les Lyonnais “profitent” en centre-ville de la connexion entre les autoroutes A 6 et A 7, des axes européens majeurs liant Amsterdam à Lille, Paris à Marseille, l’Espagne à l’Italie, saluant au passage l’esthétisme du bâtiment, caractéristique des années 1970. Mais son rôle fonctionnel et donc son existence ne semblent pas remis en cause, en tout cas pour l’instant. Le Sytral vient d’ailleurs d’approuver une convention de financement concernant les études d’un réaménagement de ce pôle. Le dispositif aura pour vocation une simplification des liaisons de l’agglomération entre le sud et le nord afin de supprimer le verrou physique que cet ensemble représente. On se souvient que la situation particulière et la fragilité des sous-sols entre Rhône et Saône avaient été évoquées par les opposants à la prolongation vers Oullins de la ligne 1 du métro, toujours terminus à la gare de Lyon-Perrache. Également envisagée, une réorganisation des circulations à l’intérieur de la gare et de ce centre d’échanges, pour faciliter et fluidifier les cheminements. Également au programme, une mise en relation directe du nouveau quartier de la Confluence au sud de la presqu’île et l’intégration de celui-ci avec le reste de la presqu’île, plus au nord, “par la recherche d’une grande qualité des espaces publics.” En clair, ce que le métro aurait permis. Il est vrai que Confluence a concentré dès la rentrée 2011 la plupart des efforts, qu’ils soient privés ou publics. Dans cette même logique, l’amélioration de l’intermodalité et de l’accessibilité au métro est envisagée avec l’ouverture d’un accès supplémentaire au sud du centre d’échanges. Pour ce projet, le Sytral (autorité organisatrice des transports en commun lyonnais), affectataire de plusieurs fonctionnalités au centre de ce complexe, participe à hauteur de 3,73 % (soit une somme maximale de 30 000 euros) à ces études de faisabilité. Par ailleurs, l’organisme réalise également, par le biais d’un financement propre, d’autres études qui portent sur le fonctionnement de la gare d’autobus, le déplacement de la “virgule” de retournement de la ligne de tramway T2, source de problèmes liés à la ponctualité, et la création de l’accès au métro par le sud de l’édifice.
Au cours de cette même séance, ce même comité a également approuvé des avenants à propos des conventions passées entre différents intervenants des transports publics sur deux bassins de vie rhônalpins. Depuis 2007, le titre multimodal unique de circulation sur les réseaux TER et TCL a été mis en œuvre grâce au support de la carte OùRA!. Il s’agit désormais d’uniformiser l’offre, de fixer les tarifs publics et d’effectuer les répartitions. Concernant leur utilisation sur les zones lyonnaise et stéphanoise, les prix publics des abonnements mensuels s’échelonnent à partir de 115,60 euros (TER + Sytral + Stas) jusqu’à 155,60 euros. Sur ces montants, la participation du conseil régional Rhône-Alpes, pour l’offre TER, représente en moyenne les deux tiers de ces prix publics. Pour les utilisations sur les zones lyonnaise et grenobloise, les prix publics s’échelonnent de 156,90 euros (TER + Sytral + SMTC) à 249,60 euros, avec une répartition impliquant davantage la structure régionale par rapport aux deux autres bailleurs de fonds du transport collectif.
DU MYTHE À LA RÉALITÉ
“Au regard de la date butoir de 2015, nous constatons un défaut de coordination du fait de la multiplicité des acteurs, l’absence de chef d’orchestre, l’absence de compétences légales du Stif sur la voirie et l’implication variable des collectivités locales", assurait Denys Dartigues, auteur du rapport d’évaluation sur L’Accessibilité des transports franciliens publié le 10 novembre dernier par le Conseil économique, social et environnemental régionale d’Île-de-France (Ceser).
Avec un réseau francilien de 1 525 km de lignes ferrées, 430 gares RER ou Transilien, 300 stations de métro, 42 km de tramways, 24 661 km de lignes de bus et 33 263 arrêts de bus, le Stif a commencé l’élaboration de son schéma directeur d’accessibilité (SDA) dès 2006 et a voté ses volets de programmation et de financement en 2007 et 2009.
“Pour le RER, l’accessibilité devrait être conforme en 2015. Pour le RER et Transilien, les mises en accessibilité ne devraient être que partiellement réalisées, les réseaux de tramway sont totalement accessibles, les lignes de bus RATP sont globalement satisfaisantes et celles du réseau Optile sont loin d’être prêtes”, assure Denys Dartigues. Parmi les préconisations de l’organisme: la mise en place d’un suivi de planification glissante des travaux, une meilleure coordination des réalisations, une harmonisation des conditions tarifaires d’utilisation des métros et des bus, des progrès en terme de systèmes d’informations dispensées au personne à mobilité réduite ou une labellisation des installations accessibles.
L’AGGLO S’OUVRE À LA CONCURRENCE
“Il a fallu prélever 378 000 euros sur le budget général pour assurer l’équilibre financier du budget transport en 2010”, rappelait Patrick Lesellier, vice-président de la communauté d’agglomération du Pays de Flers (CAPF) dans les colonnes de Ouest-France le 8 novembre dernier. Du coup, l’autorité organisatrice a étudié les avantages d’un contrat de délégation de service public qui dissocierait la gestion des transports urbains de personnes des transports scolaires.
Si l’exploitation des premiers reste confiée à un délégataire, celle des seconds va faire l’objet de marchés publics. “Deux lots sont envisageables, l’un pour la partie nord, l’autre pour la partie sud”, confiait Patrick Lesellier.
En parallèle, le passage en régie, et donc à une gestion directe, n’est pas écarté.
Franc succès pour Atoubus
Le réseau lyonnais, qui a traversé la plus importante restructuration de son histoire, vient de communiquer les premiers résultats d’Atoubus, nouveau nom du concept. Sur les trois dernières semaines de septembre, la tendance des validations des titres de transport est de + 4,9 % sur le réseau de bus et de + 4,5 % sur l’ensemble du réseau. Le trafic du réseau d’autobus confirme la prédominance des lignes majeures. Ces 26 lignes concentrent en effet 57 % du trafic total. Quinze d’entre elles enregistrent des fréquentations quotidiennes supérieures à 10 000 voyages, dont deux qui dépassent les 20 000 trajets. Ensuite, sur les deux premières semaines d’octobre, la hausse de la fréquentation du réseau d’autobus s’est élevée à 5,3 %, pour une croissance globale du réseau de 5 %. On relève que ce sont les week-ends, avec + 13,2 % les samedis et + 12 % les dimanches, qui, bien qu’avec un poids inférieur, signent la plus forte dynamique.
Depuis la mise en service d’Atoubus, fin août, plus de 1 000 courriers portant sur le nouveau réseau ont été dénombrés, aussi bien pour des demandes d’information que pour des réclamations. Au fil des semaines, le nombre de ces courriers décroît peu à peu. Il est ainsi passé de quarante par jour pour la première semaine de septembre, à vingt-cinq par jour au cours de la dernière semaine.
Rappelons que Atoubus se traduit par une offre annuelle supplémentaire de 3 millions de kilomètres, correspondant à des charges d’exploitation de 18 millions d’euros par an, auxquelles il convient d’ajouter une somme de 42 millions d’euros d’investissements (acquisition d’autobus, aménagements de voiries, de dépôts…). La commission d’adaptation de l’offre se mobilisera bientôt pour acter les adaptations apparues nécessaires. Affaire à suivre.
Un nouveau parc relais vient d’ouvrir ses portes dans le IXe à Lyon fin octobre, sur le plateau de la Duchère. Ouvert de 4 h 30 à 1 h 00, il permet aux détenteurs d’un titre de transport en cours de validité, de bénéficier d’un stationnement gratuit pour rejoindre le cœur de l’agglomération lyonnaise par les transports en commun, en évitant des embouteillages, notamment ceux du tunnel sous Fourvière, puisqu’il est desservi par deux lignes majeures d’autobus. Ce nouveau parc relais compte 127 places, dont 3 sont réservées aux personnes à mobilité réduite, et bénéficie d’une installation de vidéosurveillance.
