Nos gouvernants sont "presque" unanimes, il n’y a décidément qu’une seule voie pour nous sortir de la crise d’ici deux ou trois générations: verser de la sueur, des larmes et de nouveaux impôts! Certes, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition, tous ne sont pas 100 % d’accord sur ceux qui devront payer le plus, mais compte tenu de la répartition fiscale actuelle et du chômage galopant, il y a peu de chance que les fameuses "classes moyennes" s’en sortent la tête haute. Sans être économiste – et au fond, ce n’est pas pour me déplaire –, j’ai en mémoire une troublante image de cette même médication appliquée jadis par le bon docteur FMI aux continents sud-américains et africains, confrontés eux aussi à une grave crise de la dette. Résultats du traitement: deux zones économiques durablement mises à mal. La seconde, bien que plus ou moins assainie, frôlant même la mort clinique. De quoi rester rêveur, surtout au regard des premiers résultats enregistrés par ce traitement chez le patient grec. Car, sans faire de politique non plus, de quoi parle-t-on aujourd’hui, sinon de détricoter les services publics, de privatiser ceux qui restent, d’appauvrir la population, de former la jeunesse au chômage, et d’augmenter la ponction sur une majorité de ceux qui ont encore la chance d’avoir un revenu. Pas sûr qu’une telle ordonnance redonne des couleurs aux États qui ont besoin de croissance pour vivre. D’ailleurs, depuis quelque temps déjà, à l’image d’une partie de l’industrie, nos décideurs confondent croissance et économie, alors qu’ils devraient réfléchir en terme d’investissements. Un peu de calcul mental suffit à comprendre la chose suivante: tant que les taux de crédit appliqués par les banques – aux États, aux entreprises et aux particuliers – seront quatre à cinq fois supérieurs à l’inflation, aucun patient ne pourra facilement rembourser ses dettes. Mais, je le répète, je ne suis ni politique ni économiste ni endetté (!) et pas encore malade… Mon point de vue n’a donc aucune valeur. Ah! si, juste une petite question, est-il équitable d’augmenter la TVA sur le transport de voyageurs, quand les besoins sont si grands?
