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L’ouverture régionale à grande vitesse

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L’ouverture régionale à grande vitesse

Crédit photo Michel Chlastacz

Roissy-Picardie Réunies à Paris du 18 au 20 octobre, les 32e Rencontres nationales des agences d’urbanisme ont été l’occasion pour la Picardie, l’agglomération de Creil et l’agence d’urbanisme de l’Oise-la-Vallée de présenter le projet Creil-Roissy. Un "barreau ferroviaire" qui ouvre la région aux LGV et au bassin d’emplois de Roissy.

COURTE distance, gran­des retombées. Après un débat public qui s’est déroulé au printemps 2010, le projet de ligne nouvelle Creil-Roissy (7 km) a été décidé par RFF le 25 novembre 2010. La ligne se détacherait de l’axe Paris-Amiens entre les gares de Survilliers-Fosses et de Louvres ou, au sud, à Louvres. Le premier tracé rejoindrait Roissy via le triangle de Vemars (jonction entre la LGV Nord et la LGV d’interconnexion Île-de-France), le second couperait la LGV Nord-Europe au nord de Goussainville. “Le débat public s’est orienté en faveur d’une desserte mixte TGV + TER avec une logique de correspondances et de chaîne de transport, le choix entre un tracé central et un tracé sud. S’ajoute une approche foncière coordonnée avec le barreau de Gonesse*, projet d’équité territoriale avec le Val-d’Oise”, précise Pierre-Yves Biet, chef de la mission Roissy-Picardie chez RFF. Les études ont débuté en juillet 2011 pour un lancement de l’enquête d’utilité publique en 2014. La réalisation est prévue en 2020, le tout pour un coût global estimé à 250 millions d’euros.

Roissy à portée de train

À l’échelle de notre aire urbaine (104 000 habitants et 18 communes, ndlr) et de notre bassin d’emplois, ce projet apportera un changement considérable. Cette ligne va offrir de nouvelles conditions de transport aux 8 000 personnes qui vont travailler chaque jour dans la zone de Roissy et qui s’ajoutent aux 9 000 autres allant à Paris et en Île-de-France par le train”, explique Jean-Claude Villemain, maire de Creil. Et si les seconds bénéficient d’une liaison ferroviaire à grand débit, “non sans nombreux problèmes au quotidien”, ajoute-t-il, les premiers ne disposent que de deux liaisons par autocars, de Creil via Senlis et depuis Crépy-en-Valois qui en dépit d’une offre importante (20 et 14 allers-retours par jour) ne peuvent répondre à l’importance de la demande. Ou n’ont que le choix d’utiliser leur voiture, compte tenu des amplitudes horaires d’activité de la plate-forme aéroportuaire et de la géographie du site de Roissy.

Roissy-Picardie représente à la fois une ouverture de la Picardie et de l’Oise au réseau à grande vitesse et l’occasion de remodeler l’offre TER en associant des liaisons directes à un effet correspondances, l’ensemble étant centré sur le pôle de Creil”, estime Daniel Beurdeley, vice-président Transports de la région Picardie, qui souhaite concilier les demandes de l’Oise et du Val-d’Oise, la zone à desservir se situant aux points de contacts périurbains de la Picardie et de l’Île-de-France. Aussi, parallèlement à la réalisation du barreau de Gonesse, le projet Roissy-Picardie se veut à la fois “multifonctions et multiterritoires”, poursuit Daniel Beurdeley. Outre des relations TGV Amiens-Roissy (7 allers-retours par jour, 55 minutes de trajet et 1,6 million de voyageurs par an) qui seraient les prolongements de liaisons nationales “passe-Paris” via la LGV d’interconnexion Île-de-France, la Picardie envisage des services de navettes TER. De type Creil-Roissy (2 trains par heure, 15 minutes de trajet et 2,8 millions de voyageurs par an) et associées à des correspondances en provenance ou en direction de Pontoise, Beauvais et Saint-Quentin (via Tergnier, Noyon et Compiègne).

Des services TER directs Roissy pourraient circuler sur les mêmes axes, en fonction des heures et des besoins. Ce qui, dans le second cas, nécessite une exploitation sur la base de rames en unités multiples qui seraient éclatées et regroupées à Creil. Notamment les Regiolis Alstom (17 rames commandées fermes à partir de 2013 pour 165 millions d’euros) et les Regio 2N Bombardier (option à préciser) avec des versions à 200 km/h “équipées pour pouvoir rouler sur la nouvelle ligne et entrer en gare de Roissy TGV”, ajoute le responsable transports de la région.

Réorganiser l’offre d’autocar

S’ajoutent les nécessaires adaptations des infrastructures existantes, certaines opérations d’accroissement de capacité figurant au CPER 2007-2013, comme la quatrième voie Orry-Chantilly (6 km) et la troisième voie Chantilly-Creil (10 km). Remodelage de la gare de Creil dont le trafic passerait de 20 000 à 25 000 puis 30 000 voyageurs par jour avec l’allongement de quais, la création d’un faisceau de remisage des rames et la construction d’une passerelle urbaine. Modernisation de la ligne Creil-Beauvais par automatisation de la signalisation, allongement des quais des gares et création de nouveaux évitements. Adaptation des gares d’Amiens, de Longueau, de Compiègne et de Roissy CDG-2 TGV. Et le SMTCO (Syndicat mixte des transports collectifs de l’Oise, loi SRU) réorganisera totalement son offre autocar en fonction de la nouvelle liaison.

Projet de liaison ferroviaire associée à une ligne BHNS type T-Zen sur 10 km entre les lignes B et D du RER, de Parc des expositions à Villiers-le-Bel-Gonesse, et destiné à desservir le sud de la zone de Roissy. Réalisation à l’horizon 2017.

EXPRESS

SÉCURITÉ

DES CONTROLES À QUAI

À partir de janvier prochain, le contrôle des titres de transport sur la ligne TGV Rennes-Paris se fera avant d’embarquer. Objectif: renforcer la sécurité des contrôleurs après l’agression de l’un d’entre eux, le 6 octobre dernier sur la ligne Lyon-Strasbourg. Déjà expérimentée en début d’année à la gare Saint-Charles de Marseille, la mise en œuvre de ce nouveau dispositif à Rennes doit combiner avec cinq entrées différentes et des accès par ascenseur, escalators, escaliers et sous-terrain. Conclusion: la vingtaine de TGV qui relient chaque jour la ville à Paris sera retenue à quai entre trois et cinq minutes.

BELGIQUE

100 MILLIONS D’EUROS ÉCONOMISES

Réunit le 18 octobre, le conseil d’administration de la SNCB a voté un plan d’économies portant sur 100 millions d’euros d’ici à 2015. Pour y parvenir, la compagnie compte sur la suppression de 170 trains du service intérieur en décembre 2012 et peut-être 23 trains transfrontaliers en 2014. Générant une économie de 13 millions d’euros à l’horizon 2015, il s’agit dans la plupart des cas de trains dont les recettes commerciales ne couvrent pas le coût énergétique, ceux qui ne transportent pas plus de 40 voyageurs et ceux qui ne sont pas repris dans le contrat de gestion liant la société à l’État. Côté recettes d’exploitation, l’opérateur s’attend à un chiffre d’affaires de ses services intérieurs de 97,7 millions d’euros auquel s’ajoute une hausse de sa dotation publique de plus de 60,7 millions d’euros.

JAPON

CONSULTING À LA JAPONAISE

Sept opérateurs nippons ont mis les petits plats dans les grands pour créer une joint-venture, baptisée, Japan International Consultants for Transportation Co, et destinée à proposer des services de consulting ferroviaire. Dotée d’un capital de 4,5 millions d’euros, cette nouvelle entité vise un chiffre d’affaires de 9,4 millions d’euros en 2013 grâce à de futurs contrats dans le domaine de la grande vitesse en Asie du Sud-Est et en Inde.

EUROPE

GROS BUDGET TRANSPORT

La Commission européenne a dévoilé le 19 octobre son projet de création d’un nouveau fonds de 50 milliards d’euros consacré aux "interconnexions" européennes. Concernant également les domaines de l’énergie et du numérique, c’est de loin les transports qui héritent du budget le plus conséquent avec 31,7 milliards d’euros. Ce levier financier devrait permettre de poursuivre la mise en place du réseau RTE-T qui s’articulera autour d’un réseau central d’ici à 2030 puis d’un réseau global venant l’alimenter à horizon 2050. Objectif: garantir que la grande majorité des entreprises et des citoyens européens ne se situent pas à plus de trente minutes de temps de trajet du réseau capillaire.

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Auteur

  • Michel Chlastacz
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