Setra 416 HDH Pour fêter ses 60 ans, Setra a lancé une édition spéciale et limitée sur sa gamme Top Class. Pour sa campagne d’essai, le constructeur a proposé à la presse européenne de se pencher sur le 416 HDH. Le fleuron mérite-t-il la mention très bien chez Bus & Car? Réponse.
LA RETRAITE à 60 ans? Trop peu pour Setra. Ce n’est pas l’effet d’un nouveau plan de rigueur mais une simple réalité pour la marque. Après six décennies d’existence, le constructeur continu d’être un réel acteur du marché européen et reste plus que jamais synonyme de l’excellence en matière d’autocar. Dans la galaxie Daimler, Setra n’a rien perdu de son éclat comme de son identité ni de sa capacité à se démarquer. Ainsi, pour marquer son avancée en âge, il propose une édition spéciale et limitée à soixante unités. “Il s’agit d’une offre déclinée au niveau européen. Cette série se différencie sur les détails, avec notamment certains éléments de design qui jouent sur la fibre historique de la marque”, précise Matthias Kussmaul, responsable de la marque Setra en France. Deux modèles sont destinés pour le marché français, un 411 et un 415 HD. Le 416 HDH de l’essai n’est pas au menu hexagonal. “Il s’agit d’un modèle d’exception. Nous vendons entre cinq et dix 416 ou 417 HDH par an. C’est un petit marché en France où le très haut de gamme n’est pas très couru. En revanche, si un client était réellement intéressé par un 416 HDH édition 60e anniversaire, nous trouverions une solution”, assure Matthias Kussmaul. Mais avant cela, il faudrait déjà que les deux modèles prévus en France trouvent preneur. Si l’opération a séduit au niveau européen, elle n’a pas encore suscité une grande émotion chez les autocaristes français. “Nous organisons des démonstrations avec nos deux véhicules à travers notre réseau de service center. L’intérêt existe, il manque le passage à l’acte”, déplore Matthias Kussmaul. Pour se consoler, il peut se pencher sur les statistiques d’immatriculations 2011. Setra enregistre une belle progression tant en volume qu’en parts de marché. Preuve que les transporteurs français n’ont pas attendu le 60e anniversaire de Setra pour s’en offrir en cadeau.
Avec ses 10 845 km au compteur, ce 416 HDH ne faisait pas les soixante ans de la marque, mais avait suffisamment roulé pour ne pas souffrir de défaut de jeunesse. Il s’offrait une chaîne cinématique 100 % Mercedes, avec un moteur EEV OM 457 LA de 455 ch et la boîte de vitesses automatisée GO 240-8 PowerShift. Côté équipements, il est difficile d’en apporter plus: système audio vidéo complet, GPS, kitchenette, toit vitré… À cela, il convient d’ajouter le pack 60e anniversaire qui inclut: une découpe spécifique, une sellerie Voyage Plus, un tableau style ronce de noyer, des enjoliveurs et un volant… le tout estampillé du logo historique K, un logo Setra rétro éclairé dans l’emmarchement avant, une prise pour iPod, USB, et le système d’aide active au freinage d’urgence (ABA). Cette option ne constitue pas le seul dispositif de sécurité. De série, le HDH reçoit l’ESP, l’assistance au freinage (BA), le régulateur de vitesse et de distance (ART). L’assistant du maintien de la trajectoire venait en option compléter l’ensemble.
Lancé en 2001, le Top Class garde un look très contemporain. Une décennie n’a pas suffi à donner un coup de vieux au HDH, qui n’a connu qu’un très léger lifting. Il faut cependant reconnaître que le style de Setra est assez passe-partout et ne donne pas dans le spectaculaire. Ainsi, le 416 HDH ne procure pas une émotion particulière, mais ne laisse aucun doute quant à son appartenance à la catégorie haut de gamme. La Linea chromée qui parcourt les flancs du véhicule est la marque d’élégance distinctive du modèle. L’habitacle confirme l’impression de luxe suggérée par l’extérieur. L’alliance du tissu anthracite et du cuir beige reste du plus bel effet. Et, comme c’est une habitude chez Setra, la finition est tout simplement parfaite.
La encore, il est bien difficile de prendre en défaut ce 416 HDH. Silencieux, imperturbable quel que soit l’état de la route, lumineux… Il est également très confortable avec cet aménagement en 48 places sur 13,2 m. Accueillir plus de passagers dans un tel véhicule reviendrait à gâcher le modèle. Enfin, cette version 60e anniversaire se distinguait par une implantation de sièges originale. Les assises côté fenêtre sont décalées de 60 mm par rapport à celles du couloir. Le confort est accru pour les passagers qui ne risquent pas de se frotter les épaules. Les passagers côté couloir jouissent ainsi d’une meilleure vue sur l’extérieur.
Avec une charge maximale proche des 24 tonnes et un vent de trois-quarts face sur une partie du parcours, le S 416 HDH a-t-il raté l’examen de la consommation La réponse est non. Sur ce plan aussi, la copie est de qualité avec une moyenne de 31,2 l/100 km. C’est sur la seconde étape qu’il a le plus souffert, mais en cela il se comporte comme tous les candidats au parcours de Bus & Car. Donc, ce S 416 HDH est élégant, confortable, parfaitement fini, sobre… Ne collectionnerait-il que les bons points Oui, mais tout cela a un coût. Setra n’est pas une marque réputée pour son côté bon marché. Mais comme ses véhicules se revendent bien d’occasion, le mauvais point est encore évité.
– Longueur/largeur/hauteur
13,19/2,55/3,86 m
– Moteur
Mercedes EEV OM 457 LA développant 455 ch
– Boîte de vitesses
Mercedes automatisée GO 240-8 PowerShift avec retarder Voith VR 115 E
– Freins AV et AR
À disques avec EBS, BAS, ABA, ART, LGS et ESP.
– Suspensions
À air intégrales
– Réservoir
565 litres (AdBlue 65 litres)
Pour ses 60 ans, Setra a mis les petits plats dans les grands, et les modèles édités pour l’occasion constituent les fleurons de la production. À l’intérieur, les fautes de goût vues précédemment (volant bi-matière, par exemple) ont été corrigées: dorénavant, la jante côté extérieur est entièrement revêtue de cuir, au bénéfice du confort et de la sécurité (meilleure adhérence). La planche de bord est toujours aussi richement présentée. La profusion d’équipements induit une multiplication des boutons et interrupteurs. Mais cela reste encore compréhensible grâce à une ergonomie soignée, chacun trouvera une position de conduite confortable. Plus fine est l’utilisation du levier côté droit actionnant aussi bien le ralentisseur que le programmateur de vitesses. Une bonne explication est nécessaire pour s’en servir sans hésitation. Pour les (très) longs parcours, ces aides à la conduite seront appréciées en raison de la détente musculaire qu’elles apportent. La visibilité est bonne, mais la porte vitrée des Comfort Class n’est ici plus de mise, au détriment de la facilité de conduite en manœuvres. À ce propos, la boîte robotisée PowerShift d’origine Daimler n’aime pas les phases lentes: l’alarme de surchauffe d’embrayage s’allume très prématurément. Dommage car sur la route elle réussit toujours le sans-faute absolu. Elle parvient presque à masquer le fait que le moteur OM457 LA, sur ce véhicule lourd et haut, arrive à ses limites. Plus pénalisant pour les consommations que pour l’agrément de conduite. La stabilité du véhicule est exceptionnelle, tout comme l’agrément de la direction ou la puissance du système de freinage. Un véhicule que l’on appréciera particulièrement sur les voyages long-courriers.
• Confort et ergonomie
• Tenue de route et direction
• Insonorisation
• Agrément de la boîte robotisée
• Rapport poids/puissance défavorable
• Tendance à chauffer de l’embrayage en manœuvres
• Progressivité du freinage (en charge)
• Témoins d’antibrouillards invisibles
• Angle mort côté droit (vision directe)
"Pour nous, véhicules de grand tourisme, nous avons l’habitude de nous tourner vers Setra. Aujourd’hui, nous possédons huit véhicules de la marque dont un S 416 HDH depuis mars dernier. À l’époque, j’avais demandé s’il était possible d’obtenir un exemplaire de l’édition spéciale 60e anniversaire. Mais il semblait que ce n’était pas simple, aussi je n’ai pas trop insisté. Le principe du décalage des sièges me semblait une idée intéressante. Cela n’a malheureusement pas été possible. J’ai vu les deux modèles disponibles pour le marché français, le niveau d’équipement de cette série spéciale fait clairement envie, mais il faudrait que nous puissions apposer notre découpe sur les véhicules. Notre S 416 HDH est dans sa configuration proche du modèle testé. Nous n’avons cependant pas opté pour le toit vitré, faute de moyen de le nettoyer. En revanche, la configuration en 48 places nous est imposée. Nous avons développé une nouvelle offre de voyages Privilèges, qui inclut des prestations de plus grande qualité sur le plan de l’hôtellerie ou de la restauration. Le véhicule participe à cette montée en gamme. Il ne se contente pas de séduire le professionnel que je suis. Ce véhicule a de l’allure, il en impose et les clients ne sont pas insensibles. Ils ont réellement le sentiment de voyager dans un autocar à part. On sent également son pouvoir d’attraction quand on arrive sur un parking. Les autres conducteurs, comme leurs passagers demandent souvent à visiter le car. Ce 416 HDH a un prix qui est loin d’être négligeable, mais force est de reconnaître que l’on en a pour notre argent."
