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Veolia Transdev Coup de tonnerre dans l’univers des grands groupes de transport, le 6 décembre dernier, Veolia Environnement tenait une réunion d’investisseurs très attendue, puisque les dirigeants y ont dévoilé leur intention de se séparer de leur branche transport.

CÉLÈBRE le 4 mars dernier, le mariage entre Veolia Transport et Transdev, n’aura vraiment duré que le temps d’un long été. “C’est le grand Barnum des transports acte II”, réagit Arnaud Rabier, secrétaire général d’Agir, à l’annonce de la vente de ses parts dans Veolia Transdev par le groupe Veolia Environnement, le 6 décembre dernier à Paris. Antoine Frérot, pdg du groupe, y dévoilait un plan stratégique dont l’objectif est d’abaisser de 15 à 12 milliards d’euros l’endettement net consolidé d’ici à 2013. Comment? Essentiellement par le biais d’un programme de cessions d’actifs portant sur cinq milliards d’euros au cours des deux prochaines années. “En clair, cela signifie que ce programme sera soldé au plus tard dans deux ans”, assure-t-on chez Veolia Environnement. Un pari d’autant plus audacieux que les investisseurs naviguent à vue depuis plusieurs mois. “Le cours de notre action ne s’est pas effondré avec cette annonce, cela sous-entend que les investisseurs ont bien accueilli la nouvelle”, observe-t-on chez Veolia Environnement. Avec l’annonce de cette réorganisation, c’est l’actionnariat de Veolia Transdev qui est remis en jeu puisqu’il était initialement détenu à parité par Veolia Environnement et la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Deux portes de sorties sont alors évoquées. D’abord celle d’un repreneur privé qui reprendrait l’ensemble des parts de Veolia Environnement dans le groupe de transport. L’autre option consisterait en une dilution progressive des parts, “qui pourrait s’accompagner d’une éventuelle augmentation de capital”, envisage Veolia Environnement.

Pour l’heure, Antoine Frérot a déjà annoncé que des contacts avaient été pris avec des repreneurs éventuels. Réagissant dans la foulée, la CDC a réitéré son soutien au groupe de transport en soulignant qu’“à ce stade, nous n’excluons aucune option, étant acquis que nous sommes fermement et durablement engagés auprès de Veolia Transdev.” Pour autant, elle s’est montrée rassurante sur la suite des événements: “Nous n’avons aucun projet de désengagement ni à court ni à moyen terme et continuerons à jouer notre rôle d’actionnaire activement engagé pour conforter le développement de cette structure, ainsi que la consolidation de son assise financière, pour lui permettre de poursuivre l’amélioration de son offre, en particulier auprès des collectivités locales françaises.

Les appétits sont là, mais qui peut payer la note?

En matière de repreneurs potentiels, trois “confrères” pourraient entrer tout naturellement dans la course. En France, la RATP Dev et Keolis lorgnaient déjà sur Transdev en 2009, mais la capacité d’investissements du premier apparaît pour l’instant limitée. Quant à la filiale de la SNCF, il semble peu probable que les autorités de la concurrence acceptent l’hégémonie qui naîtrait de son rachat de 50 % de Veolia Transdev.

En Europe, le Britannique First-Group pourrait faire entendre sa voix, au même titre que la Deutsche Bahn, qui vient toutefois de racheter Arriva au prix fort. Dans ce contexte, les pronostics vont d’ailleurs déjà bon train. “Aujourd’hui, je ne vois que la CDC pour monter au capital. Mais il se pourrait également qu’un fonds de pension se montre intéressé, comme cela avait été le cas pour Keolis avec 3i par le passé”, explique par exemple Alain-Jean Berthelet, président de Réunir. Des scénarios dont les répercussions pourraient aussi se traduire par un effet levier pour les acteurs de terrain. “Il y aura certainement des opportunités à saisir pour certains de nos adhérents. Il se pourrait que certaines filiales interurbaines de Veolia Transdev se retrouvent sur le marché, aux PME d’en profiter pour se renforcer”, défend le même Alain-Jean Berthelet.

Vague d’inquiétudes pour les autorités organisatrices

Si les financiers restent optimistes, les acteurs de terrain affichent déjà leurs réserves. “On se moque clairement des collectivités. Dans un premier temps, on justifie cette fusion par la nécessité de créer un géant des transports et quelques mois après la finalisation de l’opération, on annonce un retour en arrière. Nous posons la question: y a-t-il un pilote dans cet avion?”, s’inquiète Arnaud Rabier. D’autant que jusqu’à présent, “certaines collectivités avaient pour habitude de travailler avec Transdev et ont à peine eu le temps de se faire à l’idée de rouler avec Veolia. Avec cette décision, le groupe Veolia vient d’apporter une drôle de réponse aux interrogations légitimes des autorités organisatrices.” Pire, à ses yeux, ce sont même les fondamentaux du secteur qui sont remis en cause. “Ces changements successifs d’actionnariat font peu de cas des contrats en cours. On note que ce sont des groupes financiers, et non plus des groupes de transports qui sont aux commandes”, constate-t-il.

En attendant d’avoir davantage de précisions sur ce dossier, “les collectivités qui sont sur le point de signer un contrat avec Veolia Transdev seront-elles prêtes à aller jusqu’au bout de leurs démarches, au risque de trouver un tout autre opérateur aux manettes au moment de l’entrée en vigueur de la convention?”, interroge pour sa part Alain-Jean Berthelet.

Un sentiment partagé par le Gart, qui martèle: “La fusion des entités Veolia Transport et Transdev avait déjà suscité des interrogations de la part de nombre de nos adhérents. Interrogations à rapprocher du non-renouvellement de cet opérateur lors de plusieurs procédures de DSP récentes.” Plus globalement, cette décision pousse déjà la profession à se remettre en question. “Il convient de s’interroger sur la décision de Veolia de céder sa branche transport. Pourquoi celle-ci plutôt qu’une autre? Très certainement parce que les marges et les perspectives financières du transport ont été jugées trop faibles. Les collectivités ont une partie de la réponse entre leurs mains. Si elles se décidaient à payer le transport à sa juste valeur, sans systématiquement chercher le prix le plus bas, il se pourrait que des fleurons internationaux tels que Veolia décident de persévérer dans cette activité”, revendique Alain-Jean Berthelet.

EXPRESS

ÉTATS-UNIS

KEOLIS RACHÈTE TECTRANS INC.

"Keolis, une filiale de la SNCF, a fait l’acquisition de Tectrans Inc., un opérateur californien de transport public", a annoncé le 30 novembre le groupe français dans un communiqué. La société Tectrans Inc., qui compte 1 400 salariés et possède 1 525 véhicules, réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires "dans le transport urbain et périurbain, le transport de personnes à mobilité réduite, les services de navettes dans les aéroports, les camps universitaires et les entreprises", précise le communiqué. Cette opération, dont le montant n’a pas été précisé, permet à Keolis de se développer dans le transport routier et le ferroviaire aux États-Unis mais aussi de réaliser un chiffre d’affaires de près de 200 millions de dollars dans le nord de l’Amérique. Le groupe est déjà présent aux États-Unis et emploie 47 200 personnes dans le monde avec un chiffre d’affaires de 4,1 milliards d’euros.

RATP

LA COUR DES COMPTES ACCABLÉ LE CE DE LA RÉGIE

La Cour des comptes a publié le 6 décembre un rapport pointant des dysfonctionnements au sein du comité central d’entreprise (CCE) de la RATP. Une enquête pénale a été ouverte par le parquet de Paris. La Cour a notamment dénoncé des "problèmes de surfacturations, voire de doubles facturations, des dépenses somptuaires, une absence de comptabilité sérieuse, des gestions opaques des centres de vacances ou de restauration collective." À titre d’exemple, la fête annuelle du comité d’entreprise "illustre à sa manière les dérives en matière de gestion", précisent les Sages, qui notent qu’un agent détaché de la RATP "dépense en moyenne 447 000 euros pour cette manifestation en choisissant seul les fournisseurs dont certains pratiquent des facturations manifestement abusives." Ils ont également considéré que "le caractère systématique" de certains problèmes laissait envisager "un système de fuite des fonds". La RATP a précisé dans un communiqué que "la gestion des œuvres sociales s’effectue sous la seule responsabilité du comité central d’entreprise" et qu’elle n’avait donc"aucun pouvoir d’ingérence". Le CCE a pour sa part estimé que le rapport était "exclusivement à charge."

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Auteur

  • Pierre Cossard, Diane-Isabelle Lautrédou, David Reibenberg
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