Retraites Avec la réforme des régimes spéciaux, les cheminots ont obtenu fin 2007 des compensations salariales en échange de l’allongement de la durée de cotisation. La SNCF négocie avec les régions pour qu’elles prennent en charge cette dépense pour les conducteurs de TER. En région Centre, le tribunal administratif a débouté l’entreprise ferroviaire.
LES RÉGIONS sont en colère. Elles accusent le gouvernement de vouloir leur faire payer le surcoût de charges lié à la réforme des retraites – celles qui concernent les 30 000 cheminots travaillant dans les TER – à travers de nouvelles compensations financières versées à la SNCF. La facture est salée: selon les calculs de l’ARF (Association des régions de France), elle s’élèverait au total à 460 millions d’euros entre 2008 et 2012.
En région Centre, la SNCF a réclamé 18 millions d’euros au conseil régional – sur la période 2007-2013 – pour financer les retraites de ses cheminots. Jean-Michel Bodin, vice-président du conseil régional en charge des transports, se sent floué. Cette demande équivaut, à ses yeux, à “un énième transfert de charges qui ne dit pas son nom.” La région a donc refusé de payer. Le tribunal administratif d’Orléans a été saisi et a débouté la SNCF. Mais l’opérateur ferroviaire pourrait revenir à la charge, en tentant de rouvrir des négociations auprès de François Bonneau, le président socialiste du conseil régional. Lequel n’aurait aucune envie de transiger. Pour Jean-Michel Bodin, le budget transport n’est pas “extensible à l’infini”. En soi, cette activité est fondamentalement déficitaire, le prix du billet ne couvrant qu’environ un quart des charges. Les régions “payent” donc la SNCF pour qu’elle continue à exploiter les petites lignes de TER qui ont été profondément modernisées au cours de ces dix dernières années.
Interrogés, les responsables de la SNCF en région Centre ne sont officiellement au courant d’aucune démarche en ce sens. C’est le siège parisien qui piloterait de telles négociations en direct avec l’État. C’est précisément sur ce point que le bât blesse. Jean-Michel Bodin estime que les régions n’auraient pas “eu voix au chapitre” alors qu’elles demeurent les “principales intéressées”. Sur le papier, a priori, les régions, dont le budget cumulé dépasse 26 milliards d’euros, peuvent absorber ces nouvelles dépenses. Mais les présidents de région se montrent prudents en ce début d’année 2012; la faillite de Dexia qui ouvrait en grande partie les lignes de crédit pour les investissements des collectivités locales, la réforme de la taxe professionnelle qui a réduit leur pouvoir fiscal et le gel des transferts financiers de l’État sont autant de bonnes raisons de mettre la pédale douce. D’autres régions ont déposé un recours. Ainsi, la Bourgogne a assigné l’État devant le tribunal administratif de Paris pour l’obliger à compenser les surcoûts des retraites. La Picardie et les Pays de la Loire ont, eux, tenté une conciliation avec la SNCF qui a échoué. Le dossier est brûlant.
MOSCOU-BERLIN-PARIS, C’EST POSSIBLE!
L’arrivée de la première ligne ferroviaire directe Moscou-Berlin-Paris en gare de l’Est a été célébrée par la SNCF et RussianRailways le 13 décembre 2011, en présence du ministre des Transports Thierry Mariani. "C’est une étape supplémentaire dans la coopération entre la France et la Russie", a déclaré le ministre des Transports français, Thierry Mariani, lors de l’inauguration du premier train direct Moscou-Berlin-Paris le 13 décembre 2011 en gare de l’Est à Paris. La directrice générale de la SNCF, Barbara Dalibard, la chanteuse Patricia Kaas, ainsi que le vice-président des chemins de fer de Russie (RussianRailways), Mikhail Akulov, étaient également présents pour célébrer l’événement. Le nouveau train traverse la Russie, la Biélorussie, la Pologne, l’Allemagne et la France, soit un voyage de 3 177 km en trente-huit heures. Il prendra le départ trois à cinq fois par semaine. Les voitures sont divisées en classe "luxe", 1re et 2e classe. Les tarifs fixes sont compris entre 330 et 1 050 euros pour un adulte.
Des tarifs groupes sont également disponibles. La ligne Moscou-Berlin-Paris et le deuxième itinéraire le plus long d’Europe desservi par les trains russes, après la ligne Moscou-Nice, mise en service en 2010.
Ce parcours qui existait déjà avait été fermé dans les années 1990. Si un wagon avait déjà été mis en service en 2007 pour relier Paris et Moscou, c’est désormais un train entier qui relie les capitales grâce au partenariat entre la SNCF et la compagnie des chemins de fer de Russie, RussianRailways.
