Crise Lors de ses vœux le 16 janvier dernier à Paris, Pierre Mongin, pdg de la RATP, a confié son optimisme pour 2012. Myriade d’ouvertures de réseaux, modernisation du matériel roulant et réorganisation comptable ne sont qu’un aperçu de ce qui attend l’entreprise cette année.
“EN 2011, nous avons tenu le pari de l’investissement”, livrait Pierre Mongin, pdg du groupe RATP, lors de ses vœux à la presse le 16 janvier dernier à Paris. Si l’exercice 2012 commence sur les chapeaux de roues avec la dégradation du triple A de l’État, “nous ne voyons pas de menace économique se profiler cette année”, assure le dirigeant. Consciente que le maintien de ses notes AAA et Aaa, attribuées respectivement par l’agence Fitch Ratings et Moody’s, est intimement lié à son statut d’Épic, la Régie s’était néanmoins vue préciser par Fitch Ratings en mars dernier, qu’“un abaissement de la note pourrait être justifié par une dégradation de la note de l’État français” ou par “une demande de la Commission européenne de mettre fin à la garantie implicite de l’État.” Se trouvant aujourd’hui dans le premier cas de figure, l’entreprise s’accorde donc un round d’observation quant à l’impact de la décision de Standard & Poor’s sur son activité. Seule certitude: son programme d’investissement est sauf pour cette année. “Nous tablons sur un budget d’1,8 milliard d’euros pour 5,2 milliards d’euros d’endettement net remboursable par tranche”, précise Pierre Mongin. Autre marge de sécurité: un emprunt de 400 millions d’euros contracté en octobre dernier auprès de la Banque européenne d’investissement “à des conditions avantageuses”, poursuit-il.
Côté fréquentation, le moral est aussi au beau fixe puisque la RATP revendique une progression de 1,7 % sur l’ensemble de ses lignes avec 52 millions de voyageurs supplémentaires chaque jour. Parmi les principaux bénéficiaires de cette hausse: les réseaux de bus qui comptent 20 millions d’usagers supplémentaires et les lignes A et B du RER qui ont terminé l’année avec douze millions de voyageurs de plus. Pour autant, la Régie n’entend pas s’endormir sur ses lauriers en 2012. “Nous allons connaître une myriade d’ouvertures de réseaux” et plusieurs prolongements de lignes de métro 4 et 12 mais aussi des lignes de tramway T1, T2, T3 et, éventuellement, en fin d’année le lancement du T5. La Régie entend également poursuivre l’automatisation de la ligne 1 sur laquelle circulent déjà 15 rames sans conducteur. Elle devrait, à raison de deux rames supplémentaires chaque mois, atteindre 49 rames fin 2012-début 2013. Autre bonne nouvelle pour l’exploitant: le début de deux enquêtes d’opinion auprès des usagers au sujet des modifications de la ligne 13 et surtout de l’éventuel prolongement de la ligne 14, du terminus actuel à Saint-Lazare jusqu’à la mairie de Saint-Ouen. A la clé: une diminution de 25 % du nombre de passagers sur la ligne 13. À l’issue de cette enquête, le 17 février prochain, l’appel d’offres devrait être lancé aussitôt et les travaux pourraient commencer en 2013 pour une mise en service prévue en 2017. “L’enjeu est de limiter les risques de congestion du réseau central”, précise Pierre Mongin. Autre rendez-vous: l’inauguration de la “nouvelle” gare Saint-Lazare qui accueillera 10 000 m2 d’espace commercial et 80 nouvelles boutiques, dès mars prochain. Enfin, côté usager, à partir de l’automne, les forfaits Navigo pourront s’acheter et se recharger directement sur internet.
Outre les projets réseaux, Pierre Mongin souligne que “la Régie a également planché sur un certain nombre d’initiatives internes.” Parmi elles: la contractualisation de ses objectifs de régularité au sein des contrats qui la lient avec le Stif. “Nous devons franchir un niveau d’exigence supérieur dans notre relation avec notre autorité organisatrice”, confie Pierre Mongin. Si le groupe souhaite apporter plus de lisibilité à ses missions, il est également question de clarifier sa comptabilité. Ainsi, depuis le 1er janvier 2012, les activités de gestionnaire et d’exploitant du groupe font dorénavant l’objet de deux dépôts de comptes distincts. “Pour y parvenir, nous avons travaillé avec les partenaires sociaux pendant près d’un an”, rappelle le dirigeant. Une démarche dont l’objectif implicite est de préparer le terrain de l’ouverture à la concurrence des réseaux de bus en 2024, du tramway en 2029 et du métro en 2039. “Cette séparation comptable nous met à l’abri des critiques anticoncurrentielles et nous donne davantage de crédibilité”, prévient Pierre Mongin.
