À chaque jour suffit sa peine. Dans notre précédent numéro, nous évoquions la hausse de la TVA sur le transport et ses effets négatifs sur les comptes de résultats des entreprises, et voilà qu’aujourd’hui on nous invente la TVA "sociale". En clair, le taux normal va désormais s’établir à 21,2 %. Le chef de l’État a beau nous promettre que les prix n’augmenteront pas, nos voisins européens ont déjà fait les frais de cet expédient qui démontre tout à fait le contraire. N’en déplaise à certains, c’est bien un retour de l’inflation qui nous guette au tournant. Avec en parallèle un gazole dont les prix flambent, une augmentation massive et programmée des tarifs du gaz et de l’électricité… particuliers et entreprises risquent fort de devoir se serrer la ceinture. Autre pierre d’achoppement, pour le candidat qui n’en est pas un – mais qui a tout de même "rendez-vous avec les Français" –, l’amélioration de la compétitivité des entreprises passera bien par un détricotage des 35 h, astucieusement baptisé "accords compétitivité emploi". Sans confondre vitesse et précipitation, le gouvernement donne désormais deux mois aux organisations patronales et syndicales pour négocier la possibilité de moduler par accord d’entreprise la durée du travail, son organisation, le niveau et la forme des rémunérations. En cas d’échec – probable – un projet de loi sera rédigé. Enfin, on remarquera aussi dans ce train de mesures, dont personne ne sait au juste à quel terminus il pourra bien aboutir, que les collectivités territoriales sont désormais dans le collimateur. On leur demande des efforts sur les dépenses, et leur promet une "modulation" des dotations de l’État. Autant dire que dans le contexte actuel, marqué surtout par une baisse mécanique des recettes et une montée des coûts, notamment en matière sociale, départements, régions et agglomérations ne seront pas à la fête. Bien sûr, ça pourrait être pire! Nous pourrions vivre – ou survivre – en Grèce ou en Espagne. Ça pourrait être mieux aussi, à condition d’être né de l’autre côté du Rhin. Car, paraît-il, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes chez nos amis allemands. Sauf que voilà, pas de chance, nous sommes en France, et le modèle sur lequel reposait notre fierté n’est plus une référence. Marianne a pris un sacré coup de vieux.
