Places d’occas’ Spécialiste de la revente de billets de train d’occasion dans le domaine des loisirs, des spectacles ou des parcs d’attraction, la société Zepass excelle dans la revente de billets de train. Membre de Digitick (groupe Vivendi), l’entreprise vise aujourd’hui la barre des 500 transactions par jour.
QUENTIN Schaepelynck, responsable web marketing chez Ford-Rent à Lyon quitte son job en 2008 pour monter la SARL Zepass, une société spécialisée dans la revente via internet de tickets de concerts, de compétitions sportives, d’entrée réservées aux parcs d’attraction et de billets de train. “Il ne s’agit pas d’être complice d’un trafic quelconque. Il s’agit de donner la possibilité à des gens munis de produits datés, donc périmables, de récupérer leur argent en faisant profiter à d’autres de l’opportunité d’avoir une place”, explique Quentin Schaepelynck. Un principe simplissime: la tarification de la SNCF encourage l’achat de billets à tarif réduit le plus longtemps à l’avance, renforçant d’autant l’aléa quant à son utilisation (maladie, empêchement, modification de projet…). La revente d’occasion permet à la fois de donner l’opportunité à l’acheteur qui renonce à son voyage de ne pas perdre la totalité de son achat, et au candidat au voyage d’effectuer un achat à un prix inférieur à celui du marché.
Le modèle économique de Zepass est celui du “tiers de confiance”. Il consiste en la perception sur chaque transaction de 2 à 3 euros pour frais de traitement. En complément, le site propose aussi des annonces publicitaires. Et il permet surtout de sécuriser les échanges de billets sur internet. L’acheteur de billet d’occasion effectue un paiement sécurisé en ligne. Celui-ci est conservé par Zepass, tiers de confiance, qui ne le reverse au vendeur que lorsque l’acheteur a reçu le billet conforme à sa commande. Depuis juin 2009, Digitick, troisième réseau de billetterie en France, a repris 51 % du capital de Zepass, avant d’être lui-même repris par Vivendi, en décembre 2010. Depuis, Zepass s’engage davantage sur ce marché de la billetterie d’occasion. Pour y parvenir, la société vient de mettre en œuvre une enquête d’une trentaine de questions, réalisée à fin 2011, auprès des abonnés du site Zepass. Tirés à partir d’un millier de réponses, les résultats et analyses ont conduit à l’édition d’un livre blanc de la revente de billets de train d’occasion. Cet ouvrage inédit établit le profil type des utilisateurs, acheteurs et vendeurs, il révèle aussi leurs habitudes de réservation et de consommation.
Tout d’abord, on constate une sur-représentation des zones géographiques bien irriguées par les services ferroviaires, en particulier par les TGV. L’Île-de-France est la plus représentée avec 28 % des utilisateurs, suivie de Paca, avec 11 % et Rhône-Alpes, avec 9 %.
Le profil des utilisateurs est féminin, à 76 %! D’une façon générale, 30 % des utilisateurs ont plus de 55 ans, 25 % de 45 à 55 ans, 18 % de 35 à 45 ans et 27 % de moins de 35 ans. Ils sont pour (presque) moitié (48 %) salariés du secteur public ou privé, retraités (18 %), étudiants (9 %), etc. Par ailleurs, 80 % des utilisateurs des sites de revente déclarent se déplacer en train autant à titre personnel que professionnel. 72 % dépensent jusqu’à 100 euros par mois pour le train et 37 % voyagent de trois à cinq fois par an. Enfin, 27 % le prennent plus régulièrement, de six à douze fois par an.
Parmi les personnes qui déclarent se procurer leurs billets à la dernière minute, la part des acheteurs qui achètent autant neuf que d’occasion est plus importante que lorsque les personnes s’y prennent à l’avance. Plus les gens achètent leurs billets à la dernière minute, moins ils achètent du neuf. Explications. D’abord, les voyageurs ne peuvent plus bénéficier des tarifs les moins chers de la SNCF (billets Prem’s), lorsqu’ils souhaitent acheter leurs billets au dernier moment. Ils se tournent alors vers l’occasion, même quelques jours avant le départ. Ensuite, certains s’orientent vers le marché de l’occasion car les trains affichent “complet” pour les billets neufs. 58 % des utilisateurs disent avoir découvert le système de revente de billets de trains d’occasion via internet. Mais 43 % d’entre eux citent aussi le bouche-à-oreille. Les utilisateurs sont en grande partie acheteurs (65 %). Seulement 10 % se considèrent comme vendeurs, alors que 25 % ont la double casquette et profitent de l’occasion autant pour l’achat que pour la revente de billets. Des alertes permettent de recevoir un e-mail lorsqu’un billet de train d’occasion correspondant à certains critères est mis en vente. Près de 60 % des utilisateurs s’en servent pour saisir une opportunité de prix bas mais aussi pour être averti que le billet qu’il cherchait il y a quelque temps est désormais disponible. La moitié des utilisateurs des alertes sont des personnes inscrites depuis moins d’un an, et 92 % depuis moins de trois ans. Si la consultation des sites de revente de billets se fait au moins une fois par mois pour 47 % d’entre eux, la majorité des utilisateurs consulte systématiquement les offres en prévision d’un déplacement. À en croire les utilisateurs, inutile de multiplier les sites pour trouver son bonheur: 66 % des sondés déclarent n’utiliser qu’un seul site de revente. Lorsqu’on demande aux navigateurs du web quels sont les critères les plus importants pour eux dans le choix d’un site, ils répondent à 82 % le fait de trouver des billets pas chers. En clair, “occasion” est assimilé à “pas cher”. Viennent ensuite la sécurité des échanges et des paiements, pour 66 %. D’où l’intérêt du système “tiers de confiance”.
“À l’heure de l’optimisation budgétaire de notre économie nationale et donc, celle de nos foyers, on s’aperçoit que les usagers se sont approprié le phénomène de la revente, encadrée et légale, de billets de train et la hisse en bouclier contre l’augmentation régulière des prix des billets”, analyse Quentin Schaepelynck. Avec 56 % des utilisateurs inscrits depuis moins d’un an, 2011 est clairement l’année du décollage pour la revente d’occasion de billets de train. Fort des enseignements tirés des résultats du livre blanc, qui va permettre de mieux adapter l’offre aux attentes des utilisateurs, Quentin Schaepelink veut passer à la vitesse supérieure. L’activité a doublé entre 2010 et 2011. Le site reçoit la visite de 300 000 à 400 000 visiteurs par mois. Sur ce chiffre, la revente de billets de train, représente 40 % de l’activité, les concerts et festival 40 % et le reste concerne les musées, parc de loisirs, événements sportifs, etc. Comme c’est déjà le cas pour les concerts, par exemple, Zepass peut fournir ce service aux organisateurs, en marque blanche. Ce système est en place avec l’Olympique de Marseille pour les matches de foot. Déjà, Zepass a commencé ses investigations. Il a d’ailleurs passé un accord avec le site voyages-sncf.com pour lequel il gère l’onglet “ticketchange”. Et pour accompagner ces démarches commerciales, Zepass est en train d’améliorer le site: accélérer les transactions avec une formule express, plus rapide, et donner encore davantage de sécurité aux paiements. Histoire de passer le cap des 500 billets de train d’occasion vendus par jour.
La revente de billet de train est légale, dès lors que le prix du billet à la revente ne dépasse pas sa valeur faciale (décret no 730 du 22 mars 1942). Cependant, tous les billets de train ne sont pas cessibles. Il existe encore une confusion dans l’esprit de certains utilisateurs qui n’ont pas une bonne connaissance du cadre légal de la revente de billets de train. Voici donc les différents cas de figure:
→ les billets cartonnés édités par la SNCF, nominatifs ou non, sont toujours autorisés à la revente. Le nom figurant sur le billet peut être différent de celui du voyageur final. Il s’agit le plus souvent du nom de la personne qui a acheté le billet.
→ Les billets à imprimer à domicile (sauf e-billet): le billet imprimé et le billet idTGV peuvent être revendus tant que le billet n’a pas été "créé", c’est-à-dire que le nom du voyageur figurant sur le billet n’a pas été renseigné. Dès que le billet a été émis, il devient alors non modifiable et non cessible.
→ L’e-billet: il est incessible, car le nom du voyageur est renseigné dès l’achat du billet. Il est donc interdit à la revente. Pour bien vendre son billet, il est donc préférable de commander des billets auprès de la SNCF au format cartonné, car ce sont les plus simples à revendre. Pour bien acheter, il faut vérifier la conformité du billet reçu, au besoin en le faisant vérifier par un agent de la SNCF.
