Temsa MD9 Le constructeur turc avait initié son parcours hexagonal avec des minicars.
Avec le MD9, il fait un retour remarqué sur le terrain des véhicules de gabarit réduit. Mais ce modèle de 40 places a tout d’un autocar et peut vraiment jouer dans la cour des grands.
DANS BEAUCOUP de domaines, le retour aux fondamentaux est souvent conseillé pour retrouver de bons résultats. Dietrich Carebus Group n’est pas hermétique à cette préconisation. L’importateur de Temsa vient de connaître deux années de baisse successive sur le plan des immatriculations. Avec 272 unités au compteur en 2011, il reste de la marge avant de parler de péril en la demeure, mais l’Alsacien n’était guère habitué aux courbes descendantes. Pour autant, une des bonnes surprises de l’année passée se nomme MD9. Un petit trimestre de commercialisation a suffi pour totaliser 24 immatriculations. “Ce véhicule est bien né. Il est à l’image de l’amélioration de la qualité des produits fabriqués à Adana ces dernières années”, se réjouit Pierre Reinhart, président de Dietrich Carebus Group. Ainsi, pour 2012, ce petit car de 40 places promet d’être une des locomotives du constructeur, d’autant plus que depuis le début de l’année, une version interurbaine est venue enrichir le catalogue, qui se garnira également, dans le premier semestre, de la variante low entry. “Je reste néanmoins mesuré sur les objectifs 2012. Nous devrions doubler le nombre d’immatriculations. Le modèle reste encore jeune, cela incite à la prudence. Il faut lui laisser le temps de se faire une vraie place sur le marché. Une année complète de commercialisation ne sera pas de trop”, explique Pierre Reinhart. Depuis l’abandon du Samba, la gamme Temsa manquait d’un véhicule de gabarit réduit réellement adapté au marché. L’Opalin n’a pas su remplir complètement ce rôle. Gros mini, il ne pouvait prétendre au titre de petit car. Avec le MD9, le constructeur a réalisé une bonne synthèse entre les deux types de véhicules. “Il répond aux attentes des petits groupes dans un confort optimal. Le contexte économique permet de moins en moins de transporter entre 30 et 40 personnes dans un car standard. Le MD9 autorise la gestion de ce type de groupe avec une pertinence économique et une bonne rentabilité”, assure Pierre Reinhart. Un petit car pour de grands bénéfices. Si la promesse est effectivement tenue, Pierre Reinhart devra sans doute revoir à la hausse le gabarit de ses objectifs.
C’est un MD9 presque flambant neuf qui a été placé entre les mains de Jean-Philippe Pastre. Le compteur n’accusait que 1 661 km sur cette version tourisme. Ainsi, le moteur Euro 5 Man D0836 LOH 65 de 250 ch était loin d’être rodé. Il faisait équipe avec une boîte de vitesse manuelle à six rapports de chez ZF. Tous les équipements installés sur le véhicule étaient de série: la climatisation, l’équipement audio et vidéo complet, avec un moniteur LCD à l’avant, les micros pour le guide et le conducteur, le réfrigérateur dans le tableau de bord, les panneaux transport d’enfants, l’EAD, les phares au Xénon… Bref, une panoplie assez complète, permettant de multiplier les utilisations possibles du véhicule. En option, le MD9 peut recevoir des WC, une kitchenette, une caméra de recul, des tablettes au dos des sièges.
Il n’est pas le premier, mais le MD9 apporte à nouveau la preuve que midicar et style font bon ménage. Les ingénieurs turcs ont fait preuve d’un coup de crayon des plus réussis. La face avant est dynamique avec des lignes bien tranchées, les flancs offrent une allure sportive et élancée sans donner le sentiment d’observer un véhicule de gabarit réduit. Enfin, l’arrière n’a pas été négligée. L’habitacle est des plus lumineux, ce qui évite l’impression désagréable de confinement. Même le très élégant velours anthracite et rouge des sièges ne parvient pas à ternir l’ambiance intérieure. La finition répond à l’appel, mais pour un véhicule quasiment neuf, on n’en attendait pas moins.
Dans un petit car, le moteur n’est jamais très loin et on peut craindre de l’entendre un peu trop. Le MD9 évite cet écueil. Mais la contrepartie est que la discrétion de la mécanique permet aux grincements de plastique ou aux sifflements de donner de la voix. Rien de dramatique, et cela devrait être atténué avec le plein de passagers. La sellerie compte parmi les plus confortables et permet de compenser des suspensions qui mériteraient de se montrer davantage filtrantes.
Bien souvent, les autocars de gabarit réduits se révèlent décevants sur le plan de la consommation. Malgré leur petite taille, ils ont en effet tendance à se montrer aussi gourmand que les grands. Le MD9 vient tordre le cou à cette idée reçu. Avec une moyenne globale de 19,1 l/100 km, il passe même maître dans l’art de la strangulation. Il s’accommode bien des longues lignes droites de la première étape (la A4) et du parcours plus vallonné des départementales reliant Château-Thierry à Provins et flirte dans les deux cas avec les 20 l/100 km. C’est dans la portion urbain qu’il se montre le plus sobre. Sa moyenne de 16,6 l/100 km décapite plus qu’elle n’étrangle l’idée reçue sur le manque de modération. De quoi tourner la tête des transporteurs avides de rentabilité.
– Longueur/largeur/hauteur
9,34/2,40/3,33 m.
– Moteur
Euro 5 Man D0836 LOH 65 développant 250 ch.
– Boîte de vitesses
Mécanique ZF 1010 à six rapports avant et un arrière avec ralentisseur électrique Telma.
– Freins AV et AR
À disque intégral avec EBS.
– Suspensions
Pneumatiques intégraux, roues indépendantes à l’avant.
– Réservoir
280 litres.
Voici le digne héritier de l’Opalin. Curieusement, malgré l’implantation arrière du moteur, c’est l’insonorisation qui se révèle être le seul vrai talon d’Achille du MD9. Bruits de vent, d’assistance de direction, de suspensions, tout est présent, à des volumes raisonnables mais, hélas, nettement perceptibles. Sur la route, à pleine charge, le moteur Man est fidèle à lui-même: élastique, docile, coupleux mais placide de nature. La boîte de vitesse manuelle ZF 6 rapports révèle quelques “trous” entre les 4e et 5e.
L’embrayage est progressif, tout comme le freinage mais les commandes sont plutôt fermes. Une tonalité que l’on retrouve sur le sélecteur de vitesses lequel autorise des passages “à la volée” au prix d’une dureté certaine.
Verrouillages et enclenchement des rapports se font toutefois avec précision et netteté. Sur la route et en ville l’empattement de 4 600 mm réussit à concilier stabilité et maniabilité. La mise au point de la direction est parfaite: douce, filtrante et dotée d’un excellent rayon de braquage; on regrette juste un volant inutilement grand. Autre détail idiot: la colonne de direction, très intrusive, oblige à conduire les genoux écartés et calés contre elle. Ni sécurisant, ni agréable. C’est le seul vrai loupé en matière d’ergonomie. La maniabilité est magnifiée par une visibilité côté droit excellente, associée à une bonne rétrovision: l’abord de certaines intersections à angles fermés se fait ici en toute sérénité. La polyvalence ville-route de cet autocar, vraiment stupéfiante, justifie pleinement la présence au catalogue de l’option boîte automatique à convertisseur.
• Maniabilité et tenue de route
• Visibilité coté droit et rétrovision
• Polyvalence ville-route
• Qualité de la direction
• Ralentisseur réactif
• insonorisation à revoir
• étagement de la boîte manuelle perfectible
• colonne de direction et volant envahissants
• manque d’espace de rangements côté gauche
• absence de témoin d’allumage des feux
“Nous avons un parc d’une dizaine de véhicules composé à majorité de Temsa ou de Crafter de chez Dietrich Carebus. Nous avons acquis le MD9 car nous étions à la recherche d’un modèle d’une capacité intermédiaire entre les minis et les cars standards. Avant le MD9, nous possédions un Opalin 9, mais celui-ci était assez limité pour nos besoins en matière de tourisme. Le test que nous avions réalisé avec le prototype nous avait séduits. Aussi, nous avons réceptionné fin juillet un des premiers véhicules immatriculés en France. Depuis, il ne nous a posé aucun problème. Dietrich est revenu vers nous quelques semaines après la livraison pour mettre au point un détail qu’ils avaient eux-mêmes constaté sur les modèles de la série. Cette réactivité est assez typique du Sav de Dietrich Carebus. Le MD9 nous sert sur une ligne régulière entre Condom et Auch, et essentiellement pour de l’occasionnel et des sorties le week-end. Il est parfaitement dimensionné pour ce type d’opération. Avant, nous traitions les petits groupes avec notre Safari HD, ce qui ne correspondait pas aux besoins réels. Le MD9, notamment par sa consommation basse, nous permet de bénéficier de plus de marge sur le calcul de nos tarifs et de faire une offre plus compétitive à nos clients. Ces derniers en apprécient le confort, bien supérieur à celui de l’Opalin 9. Côté conduite, c’est un véritable plaisir, il braque comme une brouette et pourrait presque tourner sur lui-même. Son principal défaut est un manque de puissance, 50 ch de plus ne seraient pas mal venus."
