Investissements Présentation festive lors des résultats d’Iveco France. L’activité autocars et autobus d’Irisbus entraîne les camions sur sa route pour faire de l’Hexagone le premier marché du constructeur.
C’EST CE que l’on appelle s’installer dans un fauteuil. Alain Soudan, le nouveau directeur général d’Iveco France, vient d’hériter d’une maison bien tenue. La réunion des activités poids lourds Iveco et autocars/autobus sous la marque Irisbus hisse la France au rang de premier marché du constructeur italien, devant l’Italie. Avec plus de 1,3 milliard d’euros de chiffre d’affaires, la filiale française pèse pour 15 % de l’activité globale d’Iveco. C’est notamment le Dauphin qui joue le rôle de moteur dans cette réussite, les résultats sont bons sur un marché en pleine forme. Transfuge de Renault Trucks, Alain Soudan a reconnu pendant la conférence de presse avoir “été séduit par l’opportunité de découvrir le secteur du car et du bus.” On le comprend aisément. Pour sa première année aux manettes, il vise au moins la consolidation des positions dans les deux activités et souhaite que l’accent soit mis sur la vente de services associés aux véhicules. “Nos clients achètent de moins en moins un produit. Ils souhaitent que nous leur fournissions des solutions de mobilité”, assure le remplaçant de Stéphane Ficarelli qui, après dix ans à la direction générale d’Iveco France, a rejoint la présidence du conseil d’administration. “Alain Soudan n’a pas le charisme de Stéphane Ficarelli, mais il est très à l’écoute, notamment sur le milieu du car et bus, qu’il découvre en toute humilité”, assure-t-on chez Irisbus.
Si Alain Soudan a tout pour se sentir à l’aise du côté de Trappes, au siège d’Iveco, il est assuré de jouir d’un confort encore plus optimal à Lyon, chez Irisbus. Le Dauphin, deuxième constructeur continental, est toujours leader du premier marché européen. La France totalise 29,2 % des immatriculations des cinq gros marchés (Allemagne, Espagne, France, Grande-Bretagne et Italie) qui regroupent plus de 80 % des ventes du Vieux Continent, soit 23 185 unités (− 3,1 %). Par ailleurs, près de 60 % des immatriculations d’Iveco sur ces cinq marchés sont réalisées en France (2 834 pour un total de 4 800). L’activité hexagonale d’Irisbus est loin devant celle réalisée en Italie (− 33 % avec 1 019 immatriculations sur un marché en baisse de 18,7 %). “Ces performances nous permettrons de mieux faire entendre la voix de la France auprès de notre actionnaire. Notamment pour la réalisation de versions spécifiques”, souligne Stéphane Ficarelli, rompu aux discussions latines.
L’an passé, un seul marché, hormis la France, a suivi la voie de la hausse. Il s’agit de l’Espagne, qui après plus d’un lustre de disette, retrouve des couleurs avec 2 852 immatriculations (+ 11,6 %). Elle reste tout de même la moins prolixe des cinq grands marchés. La France est suivie par la Grande-Bretagne (5 449 unités et 3,3 % pour Iveco) et l’Allemagne (5 034 et 4,3 % pour Iveco). En 2012, le tiercé risque de se retrouver dans le même ordre, avec une perspective de baisse pour la France. “Notre marché reste soutenu de par la spécificité du versement transport. Néanmoins, le niveau d’immatriculations devrait être en retrait de 8 % en 2012. Il resterait tout de même au-dessus de la barre des 6 200 unités, ce qui est un très bon niveau. De notre côté, nous consoliderons notre performance en bus et en car. Sur le plan des minis, nous viserons à nouveau la première place. La nouvelle gamme Daily dont nous profiterons pleinement devrait nous permettre d’y parvenir”, assure Antoine Garnier, en charge de la direction commerciale autocars et autobus. Le cru 2012 promet d’être placé sous le signe du bus à haut niveau de service. “Nous devrions totaliser 300 BHNS en circulation en 2012. Dans le contexte économique, ce bus de riche ou tram du pauvre, selon les collectivités, va très certainement s’imposer”, promet Antoine Garnier. Pas sûr que tous les élus apprécieront la formule.
Le projet Speed de la SNCF est définitivement sur les rails. L’opérateur ferroviaire a commandé près de 50 autocars à Setra et Irisbus.
Ceux qui pensaient que la SNCF avait levé le pied sur son projet de lignes longue distance par autocars vont être déçus. Les premiers véhicules du projet Speed devraient être livrés dans le premier semestre de l’année 2012. Il s’agit de 26 Setra Comfort Class GT-HD/2, le constructeur allemand étant le principal bénéficiaire du premier marché autocar lancé par la SNCF. Mais en cette période électorale, une grande entreprise publique se devait de faire tourner le "made in France". Aussi, Irisbus a remporté un deuxième lot de 20 véhicules. Le Dauphin a ainsi spécifiquement développé une version + de son Magelys Pro. Dans une longueur de 12,80 m, il offrira un pas de siège plus important, des prises de courant et sera, bien entendu, accessible. Irisbus, dont les livraisons sont attendues par la SNCF pour le second semestre 2012, exposera ce Magelys Pro + au salon Autocar Expo de Bordeaux du 17 au 20 octobre 2012. La SNCF n’ayant pas demandé d’exclusivité sur cette variante, elle s’invitera au catalogue du Dauphin qui aurait également vendu quelques unités à Veolia Transdev.
