Équipement Alsace, Rhône-Alpes, Pyrénées, Hautes-Alpes… Suivant la météo, le transport de voyageurs s’équipe de pneus hiver. L’occasion pour Autocars Schmitt de tester différents manufacturiers.
“L’ÉVOLUTION de la réglementation allemande et autrichienne en 2010 n’a fait qu’entériner une pratique déjà coutumière en Alsace”, explique Claude Schmitt, directeur d’exploitation des Autocars Schmitt (groupe Europatours). Cette adaptation des enveloppes à la saison hivernale a conduit Hervé Valentin, assistant exploitation responsable des achats chez Autocars Schmitt, à diversifier les fournisseurs.
Jusqu’à présent intégralement chaussés en Michelin, les véhicules du parc ont pour l’usage hivernal des enveloppes d’origine Continental, et ce, depuis 2010. Hervé Valentin avait déjà l’expérience de cette marque chez un autre autocariste de la région, Claude Schmitt reconnaissant avoir “laissé carte blanche à Hervé Valentin pour ses référencements.” Le premier véhicule équipé fut un Mercedes-Benz Tourismo en 295/80 R 22,5 Continental HDW2 SCAN à l’arrière et HSW2 Coach à l’avant. L’équipement était ici indispensable puisque l’autocar partait pour un circuit de sept semaines vers le Cap Nord. Nous sommes alors à la saison d’hiver 2009/2010. Depuis, c’est 20 % du parc qui est chaussé en pneus Continental, le solde (intégralement en pneu été) demeurant en Michelin (le Michelin X Coach étant le profil majoritaire). Hervé Valentin justifie aussi son choix par le fait qu’il y eut en 2010 de grosses difficultés d’approvisionnement chez les manufacturiers. Il n’est donc pas question de chasser une marque par une autre. Autre argument invoqué: la présence d’une gamme complète de pneus hiver chez Continental, y compris pour les autobus urbains. Ainsi, les deux Heuliez GX 117 exploités sur le réseau urbain de Sélestat sont dotés de pneus Continental HSU1 M + S 275/70 R 22,5 à l’avant et de Continental HSW2 XL 315/60 R 22,5 monte simple à l’arrière. Si les responsables de l’entreprise louent le bon vieillissement et la fiabilité de leurs petits Heuliez GX 117, ils reconnaissent que le comportement du véhicule sur sol glissant ou enneigé est franchement perfectible, d’où l’équipement de pneus hiver qui, de l’aveu des conducteurs et conductrices, ont vraiment facilité la conduite.
Pour Yann Le Chevalier, responsable marketing poids lourds de Continental, ce référencement dans une entreprise emblématique de la région est très important: “On retrouve toute la gamme hiver Continental chez Autocars Schmitt, pour toutes les applications autocars et autobus. Notre gamme de pneus hiver est un cheval de bataille commercial pour le marché du transport de voyageurs.” Voilà la concurrence prévenue. Didier Motsch, chargé de clientèle chez Continental, et Alsacien d’origine, souligne que “pour un Alsacien, il est fondamental d’avoir de bonnes références. Être en exploitation chez Autocars Schmitt Europatours, c’est un gage de sérieux.” Hervé Valentin se défend d’avoir choisi un prix: “Même si le Continental est légèrement moins coûteux qu’un Michelin, il n’y avait pas de différence déterminante sur le prix d’achat. C’est clairement une volonté de diversifier nos sources d’approvisionnement et de comparer deux produits différents pour trouver le pneu le plus adapté à notre parc.” Si la société achète ses pneus via un revendeur (ici Profil +), elle dispose de son atelier intégré, ce qui permet un suivi des véhicules et de leurs enveloppes. Ainsi, les pressions sont, elles, vérifiées tous les mois, les autocars grand tourisme ayant des conducteurs dédiés: “La pression est un facteur trop souvent négligé en autocar”, précise Hervé Valentin.
Alors, quid des consommations et de la longévité kilométrique après deux ans d’exploitation? “Il est trop tôt pour le dire”, résume Hervé Valentin. Mais les responsables ajoutent en chœur, “il n’y a pas besoin d’outil pour mesurer le stress d’un véhicule: la consommation révèle tout. En dix ans, on est passé, grâce aux progrès des constructeurs et à la formation des conducteurs, d’une moyenne de 32/33 litres à 27/28 litres aux 100 km”, résume Claude Schmitt pour qui “il y a moyen de faire mieux encore.” Outre l’investissement dans le dispositif Sirac EcoBus d’information et de suivi du conducteur, la société a fait paramétrer les afficheurs de ses autobus Mercedes-Benz Citaro K pour qu’ils donnent la consommation moyenne et instantanée. Les véhicules du parc font en moyenne 80 000 à 90 000 km par an en grand tourisme et en urbain. Les véhicules de ligne étant les plus actifs avec 100 000 à 120 000 km par an. En terme de stress, les pneus directeurs urbains sont très sollicités, davantage que ceux des autocars de ligne. Autre détail, plus étrange cette fois: la différence d’usure constatée entre les pneus gauche et droit, d’où l’importance des permutations et des retournements sur jantes. Et cette usure ne porte pas que sur les flancs (naturellement plus sollicités du fait des touchettes sur les bordures de trottoirs), mais aussi sur la bande de roulement. Le rechapage est exclusivement utilisé pour les pneus arrière et en moulé à chaud (Michelin Remix) sur les seuls véhicules rentrant au quotidien sur base. Les autocars grand tourisme étant systématiquement chaussés de neuf. L’offre de rechapage “à chaud” est un point sur lequel les discussions sont toujours en cours entre Continental et Autocars Schmitt, le manufacturier allemand n’ayant pas à ce jour une offre complète en “moulé”.
Pour poursuivre sa conquête sur la moitié Est de la France, Yann le Chevalier mise sur la famille Continental HSW 2, HDW 2 et HSW 2 Coach, pneus dits à bipotentiel: neufs ils sont adaptés à l’usage hivernal d’octobre à avril. Arrivés à mi-usure, ils sont exploitables en pneu été d’avril à octobre avec un mélange de gomme adapté aux températures plus élevées. L’argument économique est évident: il faut compter quatre heures pour changer les enveloppes sur un véhicule deux essieux en monte jumelée et six heures pour un autocar trois essieux (soit un coût d’environ 50 euros de main-d’œuvre par jante chez un prestataire extérieur). Voilà pourquoi les Autocars Schmitt ont conservé leur atelier intégré. Avec les 50 véhicules du parc, il se justifie pleinement (majoritairement Mercedes-Benz, plus quelques Man, Temsa et Heuliez répartis en 12 autocars de tourisme et grand tourisme, 8 urbains, 30 véhicules de lignes interurbaines et scolaires).
BOMBARDIER SIGNE AVEC BALE
La compagnie suisse de transports en communs de la ville de Bâle, la BVB, vient de passer sa plus grosse commande en 116 ans d’existence. Elle a en effet commandé au groupe Bombardier Transport 60 tramways Flexity pour un montant de 184 millions d’euros. Jürg Baumgartner, directeur général de la BVB, a salué ce contrat dans un communiqué de Bombardier le 31 janvier: "Je suis convaincu que la ville de Bâle a obtenu les meilleurs tramways possibles pour son réseau." Le tramway sera fabriqué en Allemagne et en Autriche. Il allie les technologies des bogies à essieux conventionnels et un plancher bas intégral, assurant notamment un transport silencieux. Celui-ci a également une consommation d’énergie réduite de 30 %. Deux premiers véhicules seront inaugurés dès 2013. Par la suite Bombardier livrera deux tramways par mois à partir de 2014. Au total, se seront 43 tramways longs (de 43,2 m avec une capacité de 254 voyageurs) et 17 modèles courts (de 31,8 m de long pouvant accueillir 183 passagers) qui seront livrés. Bombardier Transport est le leader mondial dans le domaine de la construction ferroviaire. Cette filiale du groupe canadien Bombardier Inc. est présente dans plus de 60 pays à travers le monde.
