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Pas d’OsCAR pour la fête de l’Uma

En direct de Los Angeles Uma, le salon du car nord-américain, vient de s’achever à Long Beach. Sur ce terrain, le Nouveau Monde affiche un sérieux retard sur le Vieux Continent. Les constructeurs européens sont même les seuls à faire vibrer la fibre onirique.

DANS de nombreux domaines, les nouvelles tendances viennent d’outre-Atlantique. L’industrie de l’autocar fait clairement exception à la règle. La visite du salon Uma, la grand-messe du car aux États-Unis, confirme cette tendance. Les modèles exposés n’incitent pas au rêve américain. Les seuls autocars à approcher les standards européens se trouvaient sur les stands de Setra et Van Hool.

Setra souhaite changer de classe

Le constructeur allemand est présent en Amérique du Nord depuis un quart de siècle. Daimler North America gère la commercialisation de la marque, mais également celle d’Orion pour les autobus et des châssis Deutz. À l’image de sa réputation européenne, Setra a acquis ses lettres de noblesse américaines dans le haut de gamme avec la gamme Top Class. Jusqu’en 2010, le constructeur ne proposait que le S 417 HDH. Pour être plus présent outre-Atlantique, Setra a lancé un modèle de la gamme Comfort Class. “Avec le 407 CC, nous sommes en mesure d’approcher de nouveaux clients et de répondre à une plus grande variété de besoins des transporteurs”, se réjouit Patrick J. Scully, directeur commercial de Setra North America. Le constructeur compte grimper sur le podium du marché. Il se place pour le moment à la quatrième place avec 7 % de pénétration pour 105 immatriculations. Les volumes ne sont pas extraordinaires, mais il convient de rappeler que le marché nord-américain ne tutoie guère plus les sommets de la quantité. En moyenne, il flirte avec les 2 000 immatriculations pour les autocars. Mais, depuis quelques années, la crise a produit son effet. Et, même si l’activité est repartie à la hausse en 2011, guère plus de 1 600 véhicules ont trouvé preneurs. “En 2012, il se pourrait que l’on assiste à un retour à la moyenne habituelle. Mais compte tenu du contexte économique, il était d’autant plus essentiel que nous proposions un véhicule du type 407 CC”, appuie Patrick J. Scully. Le marché de l’urbain est bien plus important avec une moyenne annuelle à 5 000 unités, mais c’est surtout le créneau du Schoolbus qui montre les plus beaux chiffres avec près de 30 000 ventes chaque année. Mais contrairement à la France, en Amérique du Nord, les Schoolbus ne transportent que (et absolument que) des écoliers.

Van Hool tient à sa troisième place, Temsa en embuscade

Le leader du marché nord-américain joue à domicile. MCI mène la danse depuis de nombreuses années, avec une gamme typiquement locale. Il est suivi par Prevost. Le Canadien appartient à Volvo qui commence à décliner sa gamme continentale pour le Nouveau Monde. Mais le 9700 exposé à Long Beach n’affichait des ressemblances que de l’extérieur. L’aménagement intérieur ne donne pas le même sentiment de qualité et de sérénité que le véhicule élu Coach of the year 2008. Le troisième protagoniste de la scène européenne est bien connu en Europe. Van Hool est confortablement installé dans ce fauteuil depuis plusieurs années. Il est distribué outre-Atlantique par ABC et propose une gamme assez proche de celle vendue en Europe. Récemment, Van Hool a annoncé avoir reçu deux commandes totalisant 510 véhicules. Seules 210 unités seront produites en Belgique. Les 300 autres s’invitent sur le créneau du low-cost aussi, le carrossier prévoit d’investir dans un nouveau site de production pour répondre à cette demande. Même s’il n’affole pas le compteur, le marché américano-canadien n’en attise pas moins la convoitise. Ainsi, Temsa qui s’y était lancé en 2008 compte persévérer et étoffe sa gamme. Le TS 35 est accompagné d’une version américanisée du MD9. Le constructeur turc souhaite se faire un nom dans le créneau des véhicules de gabarit réduit. Une niche qui pourrait prendre de l’ampleur car un nombre croissant de sites, voire de régions touristiques, ferment leurs portes aux autocars de 12 m. Mais Temsa veut miser sur les deux tableaux. Aussi, il devrait prochainement lancer le TS 45, un modèle de grand tourisme de 14 m, inspiré du Safari HD.

Salon du bricolage?

Le salon Uma 2012 ne comptait pas que cinq stands. Pour accompagner les leaders du marché, différents carrossiers ou constructeur affichaient leur savoir-faire. Hormis quelques exceptions, il faut reconnaître que d’un point de vue européen, on avait davantage le sentiment de se trouver au salon du bricolage qu’au milieu d’une réunion d’industriels du car. Au rang des exceptions, on retrouve (encore) un Européen. Outre-Atlantique, Alexander Dennis se place sur le créneau de l’autobus touristique avec son véhicule impérial Enviro 400. Depuis 2004, le Britannique a vendu près de 350 véhicules, tant aux États-Unis qu’au Canada. Les grandes villes touristiques ont accueilli l’Enviro 400, de San Franciso à New York. L’autre exposant qui se démarquait battait sous pavillon australien, avec une production chinoise. BCI dispose de sa propre usine localisée à Xaimen et vend ses véhicules notamment en Australie, en Nouvelle-Zélande, aux Philippines et aux États-Unis. Aujourd’hui, un seul modèle est prévu pour le marché nord-américain. “Mais nous sommes en mesure de produire des véhicules de 8 à 14 m. Nous étofferons notre gamme dans le futur. Nous allons commencer à nous faire une place sur le marché avec ce premier modèle. Notre capacité de production nous permettra de faire face à une espérée montée en puissance”, assure Lawrence Brennan, président de BCI America. Une montée en puissance qui pourrait inspirer les voisins de stands. Sur le reste du salon, les châssis de camions carrossés jouaient souvent les premiers rôles, de manière souvent clinquante avec du simili cuir pour les sièges, du faux parquet pour le sol, des lumières bariolées pour le plafonnier… Mais en se promenant dans les rues de San Francisco ou de Los Angeles, il n’est pas rare de croiser ce type de véhicules et de voir la mention “Luxe” flanquée sur la carrosserie. De quoi assurer aux États-Unis de remporter l’Oscar du marché du car le plus kitch.

Ils font découvrir l’Amérique

Le salon Uma de Long Beach s’est paré de bleu blanc rouge le temps d’une matinée. Dans le cadre d’un voyage en Californie organisé par Bus & Car en partenariat avec Setra, un groupe de professionnel du car français est venu visiter l’exposition. Une première pour l’ensemble des participants qui ont pu constater de visu l’écart qui existe entre l’industrie européenne du car et son homologue nord-américaine. "Lorsqu’on voit le type de matériel exposé, on comprend mieux pourquoi l’autocar ne remporte pas un franc succès aux États-Unis. Cela ne donne pas très envie!", résume parfaitement Bruno Ginhoux, l’un des participants au voyage.

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Auteur

  • David Reibenberg
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