Strasbourg
Un tram sur pneus reliera bientôt les communes de Wolfisheim, au sud, et Vendenheim, au nord de la communauté urbaine. Le maire de la capitale européenne veut adapter l’offre de transport aux potentiels de déplacements.
“La planification n’est pas contestée mais le débat public est encore en cours”, observe Roland Ries, le maire de Strasbourg. Certains ne veulent pas de ce qu’ils qualifient de tram au rabais. Je pense que c’est une erreur. Ce qui est important, c’est de réserver l’espace pour du transport public fiable, d’avoir du site propre partout et le plus possible. En fonction du potentiel de déplacements, il faut plus ou moins de capacité. Sur cette ligne, un tram de type Lohr répondrait parfaitement à la demande, mais il existe d’autres matériels comme le tram compact sur fer du constructeur espagnol Caf retenu à Besançon. Le cahier des charges est ouvert.” Conformément à sa politique de démocratie participative, Roland Ries laisse le débat public suivre son cours… Avant de trancher.
Ce choix d’une ligne de rocade de banlieue à banlieue qui traverse le centre permettrait en outre de s’affranchir du casse-tête technique et financier que représente un tunnel sous les lignes SNCF. Un ouvrage indispensable à la desserte de Koenigshoffen par un tram classique et un débouché pour le tram train du Piémont des Vosges en direction de l’Allemagne, projeté par le conseil régional.
Réaliser ce tram sur pneus dans le cadre d’un PPP (partenariat public privé) est une suggestion de la Compagnie des transports strasbourgeois. Jean-Philippe Lally, son directeur général, y voit une façon innovante de faire du tramway, moins coûteux et plus facile à insérer dans le tissu urbain. “La question sera tranchée à l’issue de l’appel d’offres de 2013”, indique le maire. Le début des travaux d’une première phase Koenigshoffen-Schiltigheim aurait lieu dans la foulée. Selon la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS), la ligne définitive de 15 km coûterait 150 millions d’euros et transporterait 45 000 voyageurs par jour en 2025. L’optimisation de la desserte de Koenigshoffen s’avère d’autant plus urgente que la communauté urbaine de Strasbourg (CUS) et le département sont tombés d’accord pour que le futur Transport en site propre ouest (TSPO), porté par le conseil général, emprunte l’A351 pour traverser la ville.
C’est un bus à haut niveau de service qui va parcourir l’axe saturé RD 1004-RN 4-A 351 pour desservir l’important bassin résidentiel à l’ouest de l’agglomération dépourvu d’un transport public performant. “Nous venons de franchir une étape décisive avec la déclaration d’utilité publique signée le 16 janvier”, se réjouit Alfred Becker vice-président du conseil général en charge du pôle Aménagement du territoire. Un avis favorable sans restrictions des commissaires enquêteurs permettra de démarrer les travaux courant 2013 pour une mise en service en 2016. Il restera à déterminer les interconnexions entre différents modes de transport portés par plusieurs autorités organisatrices de transport (AOT).
Le tram sur pneus Wolfisheim-Souffelweyersheim devra s’articulera avec le TSPO du département, mais également avec un autre BHNS. Une première pour la CUS, projetée entre la gare et la zone d’activité de l’Espace européen de l’entreprise via la Cité nucléaire dans le quartier de Cronenbourg. “Parmi les offres de transport en commun, il faut choisir celle qui s’inscrit le mieux dans sa zone de pertinence”, plaide l’élu. Face à une demande croissante, le BHNS remplacera donc une ligne de bus classique. Il circulera en site propre, mais sans aménagements lourds et coûteux. Les travaux seront entrepris à la fin 2012 et l’entrée en exploitation en 2014.
La diversification des offres de transport en site propre ne se fait pas au détriment du tram qui transporte 272 000 voyageurs par jour. Restructurées en 2010 pour délester deux nœuds (la station souterraine de la gare et la place de l’Homme de Fer), plusieurs extensions sont prévues ces prochaines années: celle de la ligne A en deux branches vers les quartiers de Hautepierre et du Parc des poteries (2,05 km) et, à l’autre extrémité, vers Illkirch-Graffenstaden (1,8 km). La ligne D sera prolongée au-delà du Rhin vers la ville allemande de Kehl en passant par plusieurs quartiers émergents qui compteront, à l’avenir, des milliers d’habitants. “Le tram sera en service avant la sortie de terre de ces nouveaux quartiers. Cela posera un problème à l’exploitant. À terme, le potentiel est là. En attendant, il s’agira de trouver un équilibre”, reconnaît Roland Ries.
