Interview À six mois de l’ouverture d’Autocar Expo, les organisateurs sont confiants. La troisième édition du salon français de l’autocar, lancé par les constructeurs, aura lieu à Bordeaux, et présente les signes d’un bon millésime. Quelques précisions avec Georges Schiellein et Yann Saint-Denis pour patienter d’ici au 17 octobre.
Le salon ouvre ses portes dans six mois. Avez-vous fait le plein d’exposants?
→ Georges Schiellein: En premier lieu, je tiens à souligner que depuis la première édition, il y a six ans et en dépit de nombreux changements de dirigeants, l’unité des dix membres fondateurs
→ Yann Saint-Denis: La commercialisation se passe extrêmement bien. À début avril, nous enregistrons quasiment autant d’exposants qu’au moment de l’ouverture de l’édition 2010. Il y a notamment plusieurs nouveaux exposants. Mais, et cela reste très positif, la surface d’exposition est en augmentation de plus de 15 %. Les constructeurs ont généralement opté pour des stands de taille plus importante. Et cela ne concerne pas uniquement les membres fondateurs. C’est le signe qu’Autocar Expo devient un événement incontournable de la profession.
Pour quelle raison avez-vous quitté Nice? N’était-il pas préférable d’essayer de stabiliser la manifestation dans le temps et dans l’espace?
→ G. S.: Nous ne pensons pas que cela soit réellement indispensable. Le fait d’être à Nice n’était pas une fin en soi. Ce salon n’a pas nécessairement vocation à s’installer définitivement dans une ville. Bordeaux n’était pas notre seule option. D’autres villes étaient susceptibles de nous accueillir. C’est une des décisions collégiales des dix fondateurs. Aussi, à la fin de la troisième édition, nous prendrons les décisions de reconduire l’opération en 2014 et déciderons par la suite de notre port d’attache.
→ Y. S-D.: Par ailleurs, le parc des expositions de Nice ne répondait plus à nos attentes en matière de développement et de croissance. Nous étions quasiment au maximum de la capacité d’accueil du site. Or, l’état d’avancement de la commercialisation nous prouve le bien-fondé de notre volonté de voir plus grand. Enfin, les essais dynamiques sont une des marques de fabrique d’Autocar Expo. Et leur tenue devenait de plus en plus compliquée à Nice. À Bordeaux, nous serons bien moins contraints avec un accès direct à la voie rapide et la possibilité d’exposer un nombre plus important de véhicules à l’extérieur.
À Nice, on vous reprochait un certain manque d’accessibilité. En quoi le fait d’être à Bordeaux change la donne?
→ G. S.: En fait, la différence n’est pas énorme. Mais je ne souscris pas à l’idée que Nice ou Bordeaux soient des villes difficiles d’accès. L’aéroport de Mérignac est bien desservi, la gare TGV est en liaison avec le parc de Bordeaux Lac via le tram… On pourra difficilement faire mieux que Paris. Mais, dans ce cas, il nous faudrait renoncer à nos essais dynamiques et cela n’est pas à l’ordre du jour. Enfin, comme Nice, Bordeaux et sa région ne manquent pas d’attraits touristiques. C’est un facteur qui peut intéresser bon nombre de visiteurs.
Quel a été l’accueil de la ville de Bordeaux?
→ G. S.: Plus que favorable. Et cela tranche nettement avec ce que nous avons connu à Nice. Il y a à Bordeaux une réelle volonté d’accueil de notre événement et plus largement de l’autocar. Le président de l’office de tourisme apprécie ce mode de transport et son directeur général est un ancien autocariste. Aussi, nous avons une réelle qualité d’écoute. La ville, au travers de son office du tourisme, est un réel partenaire de l’opération. Ainsi, du mercredi au vendredi les visiteurs pourront suivre, en autocar, une visite guidée de Bordeaux, sous l’angle de son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco.
Comment allez-vous rythmer cette troisième édition?
→ Y. S-D: Le programme n’est pas encore définitif. Mais notre objectif est de créer au minimum un événement par jour. Autocar Expo ne doit pas se limiter à une simple exposition de matériel. Nous espérons notamment du très beau monde pour l’inauguration officielle, l’espace détente sera le théâtre de différents cocktails qui seront de réels lieux d’échange entre exposants et visiteurs. Un groupe d’étudiant de BEM, l’école de management de Bordeaux viendra soutenir une thèse sur le thème de l’autocar du futur. Nous allons également accueillir des délégations régionales et nationales des TER routiers et ferrés. Toujours dans l’optique d’être le plus vertueux possible sur le plan environnemental, nous allons replanter des arbres dans le Jardin public, le plus renommé parc du centre-ville de Bordeaux, récemment touché par une tempête. Enfin, la soirée de Gala portera plus que jamais son nom et sera organisée au château Giscours, un des hauts lieux de l’œnologie bordelaise.
Comment vont s’organiser les essais dynamiques?
→ G. S.: Les installations bordelaises promettent une meilleure fluidité de ces essais. Nous ne devrions pas être particulièrement englués dans le trafic. Les constructeurs restent libres de choisir les véhicules qu’ils souhaitent mettre entre les mains des visiteurs. Mais nous allons également renouveler la formation et le challenge écoconduite en partenariat avec Sirac. À ce jour, nous enregistrons déjà une trentaine d’inscriptions. Cette fois, il y aura au moins un véhicule de chaque marque fondatrice équipé du boîtier d’aide à la conduite rationnelle. Les participants auront réellement l’embarras du choix.
Avez-vous fixé des objectifs en matière de visitorat. Redoutez-vous le Map Pro qui a lieu aux mêmes dates à Paris et accueille aussi des industriels?
→ G. S.: Nous ne nous sommes pas fixés d’objectifs chiffrés en matière de visiteurs. Quant au Map Pro, nous ne nous sommes jamais positionnés par rapport à ce salon. La date de notre événement avait été fixée depuis très longtemps et nous sommes persuadés que la liste des exposants s’imposera comme notre principal atout pour fédérer les professionnels du secteur. Les dix constructeurs fondateurs, pour ne parler que d’eux, représentaient en 2011 plus de 96 % du marché de l’autocar. Ils seront tous réunis à Bordeaux.
Fast, Irisbus, Man (Neoplan), Mercedes, Scania, Setra, Temsa, Van Hool, VDL Bus & Coach et Volvo.
