Métro automatique Siemens renforce et étend les missions de son centre de compétences mondial en matière de métros du futur. Désormais, le business des Val et NéOval sera pensé et développé en France, à Châtillon (92) et Lille.
LA RECONNAISSANCE du savoir-faire français est toujours la bienvenue, surtout en période électorale. Mais dans le cadre d’une réorganisation globale, il ne faut voir là aucune manœuvre politique derrière le choix de Siemens de préférer l’Hexagone à l’Allemagne pour établir son centre névralgique de développement et de commercialisation de métros automatiques sur les sites de Châtillon (92) et de Lille. Les équipes françaises (750 ingénieurs) étaient en concurrence avec celle de Brunswick en Allemagne, preuve que le conglomérat a privilégié les compétences plutôt que l’identité nationale.
Cette décision change-t-elle réellement la donne? Les deux sites formaient déjà le centre de compétences mondiales en matière de métro automatique chez Siemens. Mais cette mission va désormais s’étendre et s’élargir. L’entité française se voit confier la responsabilité mondiale du business des métros automatiques Val et NéOval, depuis le développement de l’offre-produit jusqu’à la maintenance des systèmes, en passant par la commercialisation, le pilotage des projets, la qualification et la mise en service des systèmes Val et NéOval, toutes zones géographiques confondues. Cela pourrait se traduire par du recrutement d’ingénieurs et par des investissements, notamment dans des plates-formes de tests. Si le groupe avait donné sa préférence au site allemand, c’est un scénario en négatif qui aurait été joué.
Le fait que Siemens ait opté pour le choix de la compétence n’est pas une affirmation galvaudée. Les équipes d’ingénieurs et de techniciens de Siemens France sont impliquées dans toutes les lignes de Val en exploitation dans le monde: celles de Lille et Toulouse, celles de Rennes, mais aussi Chicago, Taipei et Turin, sans oublier l’Orlyval et le CDGVal. Siemens France travaille actuellement sur la mise en service de la ligne Uijeongbu en Corée du Sud et sur l’extension de la ligne Lisa à l’aéroport Paris Charles-de-Gaulle. Mais les équipes de Siemens ont également obtenu leurs lettres de noblesse dans la capitale avec, d’une part, la ligne 14 et surtout l’automatisation de la ligne 1. Cette opération, souvent présentée par Pierre Mongin, président de la RATP, comme “l’un des plus importants chantiers de modernisation lancé par l’entreprise ces dernières années”, constitue une vitrine exceptionnelle. Dans les colonnes de nos confrères Les Echos, Christophe de Maistre, président de Siemens France, assurait que: “Plus de 200 délégations sont venues voir à Paris ce que nous avons fait sur la ligne 1 et la ligne 14 avec la RATP.” C’est également à Lille et Châtillon qu’a été mené le programme de recherche et développement NéOval, lequel a donné naissance à Cityval, dernier-né de la gamme Siemens, choisi par Rennes Métropole pour équiper sa deuxième ligne.
Cette valorisation de l’expertise (et de l’emploi) française sera à coup sûr mise à profit par Siemens dans l’optique de futurs appels d’offres hexagonaux. L’appât fantastique que constitue le projet de métro automatique inscrit dans le cadre du Grand Paris est bien entendu en ligne de mire. Mais le géant allemand ne se focalise pas uniquement sur les problématiques du marché français, aussi alléchantes soient-elles. Le business du métro automatique se joue clairement au niveau mondial, et cette nouvelle structure doit permettre à Siemens de satisfaire ses ambitions en la matière: “Cette décision est d’abord une reconnaissance par le groupe au niveau international des compétences des équipes de Siemens France en matière de métro automatique. Le succès de nos références à travers le monde est à inscrire à l’actif des ingénieurs et techniciens de Lille et de Châtillon qui disposent désormais de la maîtrise de l’ensemble de la chaîne de valeur d’un métro automatique Val ou NéOval: de la conception à la mise en service et la maintenance. C’est une formidable opportunité de développer le savoir-faire français à l’export”, se réjouit Éric Cazeaux, directeur des divisions rails systems et mobility and logistics du secteur infrastructure & cities de Siemens France.
