Nous y sommes, le gouvernement Ayrault 1 est aux affaires. Je ne m’intéresserai ici ni au nombre de ministres, ni à la mixité, ni à leurs salaires. D’autres s’en chargent déjà bien mieux que moi, et de toute façon, en pleine campagne électorale des législatives, tout cela n’a réellement d’importance que pour la nouvelle opposition, qui rêve de redevenir majoritaire, etc. Les seules questions qui m’interpellent concernent plutôt la place que tiendra le transport public dans l’esprit du nouveau pouvoir. Avec Jean-Marc Ayrault, nous avons tout de même hérité d’un Premier ministre qui, en tant que maire de Nantes, a su démontrer tout l’intérêt qu’il portait à ce secteur. Sa ville est non seulement citée en exemple comme pionnière dans bien des domaines – dont le tramway et le BHNS – mais, en plus, ses initiatives en matière de transport de personnes à mobilité réduite sont régulièrement mises en avant. Autant dire que le chef du gouvernement est directement sensibilisé à ces sujets. De Frédéric Cuvillier, ministre délégué aux Transports et à l’Économie maritime, on sait moins de choses. Si ce n’est que le dossier brûlant de la SNCM n’est sans doute pas étranger à sa nomination, lui qui fut conseiller de François Hollande pour les questions maritimes et littorales pendant la campagne. Il lui faudra aussi très vite regarder le ciel pour tenter de résoudre les problèmes d’Air France, en chute libre, avant de revenir sur les rails pour s’attaquer en 2013 à la réforme de la gouvernance du système ferroviaire français. Le fait que ce nouveau ministre ne soit pas imprégné d’une "culture SNCF", comme tant d’autres de ses prédécesseurs, lui donnera peut-être le recul nécessaire à la maîtrise de ce dossier complexe et sensible. Enfin, comme le transport public est au carrefour de nombreux phénomènes de société, soulignons la présence d’Arnaud Montebourg à la tête d’un ministère du Redressement productif, et celle de Vincent Peillon, nouveau ministre de l’Éducation nationale, qui a déjà, un peu maladroitement peut-être, annoncé un retour de la semaine de 5 jours et la diminution du nombre de jours de vacances. Une annonce qui, si elle se concrétise, devrait ravir les opérateurs du transport scolaire. Un peu moins sans doute les collectivités locales en charge de ces mêmes transports, qui verraient alors s’alourdir la note. Rien n’est jamais vraiment simple…
