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Un train d’avance pour la Bretagne

Stratégie Pour profiter, partout, d’un TGV accéléré en 2017, la Bretagne a lancé un plan gares. Les connexions sont soignées avec les cars, les bus et… les voitures!

UNE centaine de petites gares et de haltes ferroviaires ont déjà reçu un mobilier aux nouvelles couleurs du TER de Bretagne. Mais en 2017 – la campagne a été lancée en 2006 –, l’ensemble des 126 gares bretonnes aura été revisité. “Ainsi, grâce au prolongement de la ligne à grande vitesse jusqu’à Rennes, le TGV arrivera de Paris en une heure et demie. Pour diffuser l’effet grande vitesse à tout son territoire, la Bretagne souhaite des gares dimensionnées et connectées comme il faut. Les réflexions touchent à tous les aspects du transport”, remarque Émmanuel Clochet, directeur de la branche Gares & Connexions de la SNCF pour les trois régions Bretagne, Pays de la Loire et Centre. Principal chantier, les dix gares TGV de Bretagne. Objectif: les transformer en très actifs pôles d’échanges multimodaux (PEM). Dix villes sont concernées: Brest, Lorient, Vannes, Quimper, Morlaix, Auray, puis Rennes, Redon, Saint-Brieuc et Guingamp dont la convention de financement des travaux est fin prête. Pour elles, le challenge est de taille puisque le nombre de montées et de descentes, en TGV ou en TER, doit être multiplié en moyenne par deux d’ici à 2020. “La priorité est de donner de l’espace aux voyageurs pour les heures d’affluence au moins jusqu’en 2025”, explique Émmanuel Clochet. La gare de Rennes, la capitale bretonne, rénovée il y a à peine dix ans, va élargir ses espaces. Elle va bénéficier de 107 millions d’euros de travaux pour se transformer en pôle multimodal devant, comme les neuf autres grands PEM bretons, servir de “hub” à tous les moyens de transports. Tous les types de cheminements ont été repensés: la deuxième ligne de métro aura sa station en gare, comme la première, les accès et les stationnements automobiles ont été particulièrement dorlotés. Enfin, l’accessibilité des cars et bus étant souvent aisée selon l’aveu même de la FNTV, la région Bretagne a beaucoup insisté sur les automobiles. “Nous voulons que les minutes gagnées en TGV ne soient pas perdues par les voyageurs dans leurs voitures pour ceux qui n’ont pas d’autres choix que de l’utiliser. Les parkings provoquent les discussions les plus difficiles entre collectivités. Les villes ne veulent pas affaiblir leurs politiques de transports en commun en accordant trop et à des tarifs trop bas à proximité des gares. Nous, nous demandons des facilités pour les utilisateurs du train. Ceux, éloignés, qui n’ont que leur voiture pour y venir doivent y accéder dans d’aussi bonnes conditions que les urbains”, explique Anne Derrien-Malecki, à la direction Mobilité et Transports de la région. A tous les points d’arrêts, dans toutes les gares, la SNCF revoit aussi ses services aux voyageurs. “Nous examinons l’accueil. Dans les petites gares, il s’agit d’information par écrans, par mise à disposition d’horaires-papiers. Dans les plus grandes, nous cherchons à élargir nos services. Nous proposons de la presse, de l’alimentation à emporter, rarement plus. Sauf à Rennes, où nous augmentons le nombre de cellules commerciales. Souvent, les offres existent déjà à proximité”, explique Émmanuel Clochet, de Gares & Connexions. Non, les gares ne deviennent pas des “pompes à finances”. “En dehors de Rennes, les gares bretonnes ne génèrent pas d’importantes recettes commerciales au-delà du chiffre d’affaires des commerces eux-mêmes”, reconnaît Anne Derrien-Malecki. Leur modèle économique reste donc essentiellement fondé sur les services ferroviaires et les investissements en gare de la SNCF, tous payés en définitive par la région, à travers ses conventions pour faire circuler les TER.

Des transports publics aussi rapides que la voiture

Au dehors des gares, les progrès futurs du TGV amènent les municipalités à développer le quartier. Les plus grandes villes ouvrent, quand ce n’est pas déjà fait, “l’arrière de la gare” qui se trouvait de l’autre côté des voies ferrées. À Lorient, il est question de “passer par-dessus les voies” et d’être ainsi relié au centre-ville, situé à 800 m. Un projet de 50 millions d’euros. À Saint-Brieuc, la ville et l’agglomération investissent 12 millions d’euros sur les 24 consacrés au PEM pour revoir les circulations, les parkings, faire du réaménagement urbain. De son côté, le département des Côtes-d’Armor accompagne. “Notre objectif est simple, explique Michel Brémont, en charge des transports au conseil général. Le TGV de Paris arrivera en trois heures à Brest. Nous voulons qu’il en soit de même, au maximum, pour n’importe quel point des Côtes-d’Armor en mettant en œuvre tous les moyens possibles du transport collectif. Car, l’enchaînement du covoiturage, du bus, du train, du vélo, etc., doit se montrer aussi performant que la voiture. Financièrement, il n’y a pas de doute, tout comme dans les temps de trajet. La voiture ne doit plus être qu’un choix.” Ce qui lui fait même imaginer de mettre en place une navette entre le parking situé sur le périphérique de Saint-Brieuc et la gare, à trois kilomètres de là. Les plus petites villes réaménagent leurs gares plus modestement. Au-delà du mobilier en gare, la région cofinance l’extension des bâtiments pour améliorer les conditions d’accueil et de circulation des voyageurs.

Deuxième priorité: rendre accessibles les quais pour les personnes à mobilité réduite. L’intermodalité est aussi au programme. “Nous cherchons à obtenir une parfaite interface entre la gare et les cars. Nous soignons l’accès aux gares par les deux-roues et les autres transports collectifs dans le respect des compétences des villes et des départements. En fait, chacun essaie d’apporter sa pierre à l’édifice de l’intermodalité”, assure Fabrice Girard, en charge de ces “petites gares” à la région Bretagne. Pour le moment, une dizaine d’entre elles a été rénovée. Un segment sur lequel la région compte investir 60 millions d’euros. Dernier chantier, la billettique. La Bretagne propose toujours aux autres collectivités d’intégrer sa carte multimodale KorriGo donnant souvent lieu à de houleuses discussions autour de l’harmonisation des tarifs, nerf de la guerre.

TER Breton en chiffres

– 340 trains quotidiens

– 30 000 voyages par jour

– 17 000 abonnés

– + 50 % de fréquentation depuis 2002

– 17 trains à double étage en service d’ici à 2017

– + 2 millions de voyageurs supplémentaires attendus avec la LGV Bretagne-Pays de Loire

1. La région a changé tout le mobilier en gare aux couleurs du TER

2. Un quartier d’affaires pousse à Rennes aux abords de la gare. Ailleurs, la gare s’ouvre sur “l’autre côté” des voies ferrées.

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Auteur

  • Hubert Heulot
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