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La RATP conjugue l’arrêt de bus au futur

Station de bus La régie parisienne ne regarde pas l’EBSF passer les bras ballants. Dans le cadre du projet, la RATP expérimente sa vision de la station de bus idéale. De quoi bouder le métro et le RER.

EBSF ne se limite pas au véhicule, mais au système autobus dans son ensemble. Ainsi, dans le cadre du projet, mais également dans celui de son programme de recherche Osmose (sur les espaces de transport du futur), la RATP a inauguré le 22 mai une station d’autobus réellement novatrice. Située en face de la gare de Lyon et desservie par trois lignes de jour et cinq de nuit, elle place l’arrêt de bus dans une nouvelle dimension. Elle offre une surface totale de 85 m2, dont 35 m2 couverts (à comparer aux 6,5 m2 de l’ancien point d’arrêt). Elle est accessible aux utilisateurs de fauteuils roulants et aux personnes en situation de handicap (visuel, auditif…). Dotée d’un plancher, équipée de 11 sièges abrités et de nombreux équipements de confort, elle invite tant les usagers de la RATP que les passants à venir profiter de ses services. “Il s’agit d’un projet de design avancé, nous faisons face à une « concept station ». L’objectif n’est pas de la reproduire de manière industrielle, mais de s’appuyer sur cette réalisation pour faire évoluer l’état d’esprit sur la question de la station de bus”, prévient Yo Kaminagai, délégué à la conception au département maîtrise d’ouvrage des projets à la RATP. Le budget du développement de cette station est de 350 000 euros, financé pour moitié par le projet EBSF. “Ce n’est pas le coût de la station en elle-même, car cela englobe tous les frais de recherche et développement. Mais l’enveloppe nécessaire à la réalisation d’une station de ce type serait de toute façon bien plus élevée que celle d’un arrêt classique”, assure Yo Kaminagai.

Plus d’informations

Si l’on part du principe que le savoir c’est le pouvoir, les utilisateurs de cet arrêt n’appartiennent pas au camp des faibles. La RATP a mis l’accent sur l’information voyageurs, avec deux écrans renseignant sur l’état du trafic sur la ligne, l’arrivée en temps réel des prochains bus… Deux autres écrans tactiles et interactifs (accessibles aux personnes en fauteuil roulant) permettent aux utilisateurs de s’orienter et de trouver un point de transport ou d’attractivité dans le quartier ou encore de se renseigner sur l’actualité du XIIe arrondissement. Par ailleurs, la signalétique a été redimensionnée pour faciliter l’accessibilité visuelle, des panneaux d’information classiques affichent les plans et les horaires. De plus, la station compte deux totems signalétiques à chaque extrémité: rétro éclairés la nuit, ils permettent sur la face extérieure de repérer la station dans la ville, et indiquent sur la face intérieure les directions à suivre à partir de la station, pour rejoindre à pied les transports situés à proximité. Un pictogramme en relief permet aux malvoyants de déclencher une information sonore sur les lignes et les directions des bus de la station.

Plus de services, de convivialité et de chaleur

Avec cette station, fini l’achat coûteux du ticket dans l’autobus avec l’obligation de faire l’appoint. Un automate de vente de titres de transport de dernière génération est installé, offrant une interface accessible aux personnes déficientes visuelles. La RATP ne pense pas qu’à la vente de ses titres. Un mini-espace commercial permettant d’accueillir des commerçants ambulants est installé. Il devrait accueillir des vendeurs de café, de snacks… La liste des services est digne de Prévert: une connexion Wi-Fi publique, une prise électrique, une borne interactive tri-faces proposant des petites annonces sur Paris, une station de vélos à assistance électrique en libre-service (expérimentée auprès d’une communauté d’utilisateurs recrutés dans le quartier qui pourront en bénéficier gratuitement pendant un mois), une bibliothèque en libre-service avec mise à disposition gracieuse de livres sur le principe: “Je laisse un livre, j’en prends un autre…

Comme le confort et la bonne ambiance sont également au rendez-vous, cette station promet de devenir un réel lieu de rencontres. La paroi centrale de la station est constituée d’un vitrage décoratif urbain, chauffant par basses températures extérieures, permettant de procurer une légère sensation de chaleur aux voyageurs assis sur les sièges installés devant la paroi. L’ambiance lumineuse ne se contente plus du blanc blafard à donner envie de courir chez le médecin, elle varie en fonction des moments de la journée. Mais le clou du spectacle s’écoute plus qu’il ne se voit. La station est sonorisée de manière innovante et invisible. Le son n’est pas émis par des haut-parleurs mais transmis au cœur du verre des parois afin d’obtenir, par résonance, une diffusion restreinte à l’espace de la station. Dans la partie centrale, les climats sonores sont synchronisés avec les lumières sur le thème des métamorphoses du ciel. L’espace bibliothèque bénéficie d’une sonorisation dédiée. Enfin, un bref timbre musical sera émis dans la partie centrale à l’approche du bus.

La station ne restera en place que six mois, peut être un an. “L’autorisation d’occupation d’espace de la voirie que nous avons est valable six mois et renouvelable une fois. À terme, cette station est vouée à être démontée”, concède Yo Kaminagai, presque à regret. Gageons qu’après avoir offert un tel havre de paix à ses passagers et aux riverains, la RATP imaginera une cellule psychologique pour leur permettre de franchir le cap émotionnel de la perte de cette station onirique.

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Auteur

  • David Reibenberg
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