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Poma Bien câblé dans le ciel urbain

Transports par câble Fiables, efficaces et économiques, ils constituent parfois une alternative à d’autres modes de transports aux coûts souvent plus lourds. Poma, pionnier d’origine française, aujourd’hui membre du groupe Leitner-Poma, s’impose sur la piste comme partenaire idéal et crédible face à l’offre des transports collectifs urbains en France.

À L’HEURE où les investissements financiers des collectivités sont scrupuleusement millimétrés, les solutions du transport par câbles jouent leur carte et affichent une pleine cohérence: “Nos solutions représentent toujours des économies financières, elles sont respectueuses de l’environnement et peu énergivores”, rappelle Christian Bouvier, directeur commercial et membre du directoire de Poma. Plusieurs grandes villes dans le monde l’ont compris depuis longtemps, n’hésitant pas à confier plusieurs chantiers au pionnier français Poma. Après les réalisations de New York et Medellín, Dilma Rousseff, présidente du Brésil, a inauguré en juin dernier le tramway aérien Poma, reliant les quartiers nord de Rio de Janeiro au centre de la ville. 3 416 mètres de ligne soutenue par 24 pylônes, au cœur d’un relief escarpé, 5 sections interconnectées, où les 152 cabines, d’une dizaine de places chacune, desservent 6 stations. Ce chantier de 20 millions d’euros supporte un débit de 8 000 passagers par heure, pour une vitesse en ligne de 18 kilomètres par heure. Dans la foulée, Poma annonçait le lancement de la construction d’une deuxième ligne de tramway aérien pour un montant de 6 millions d’euros, toujours dans la capitale brésilienne. D’une longueur de 720 mètres, avec une dizaine de pylônes et trois gares, l’équipement de transport comprendra 43 cabines d’une dizaine de passagers. Sa capacité se chiffre à 3 000 personnes par heure. La mise en service de ce chantier devrait intervenir à la fin de l’année.

L’expérience de Nijni Novgorod en Russie

Après deux ans de travaux, Poma vient d’achever la construction de la première télécabine urbaine de Russie. Le Multix 8 relie les villes de Nijni Novgorod et de Bor, de part et d’autre de la Volga, le plus grand fleuve d’Europe. 3 660 mètres séparent les deux gares de la télécabine, une distance parcourue en douze minutes, contre deux heures en voiture. Les deux principaux pylônes centraux, de plus de 80 mètres de haut, encadrent une portée de 900 mètres, la plus longue au monde pour un appareil doté de cabines de 8 places, équipées de radio. Fonctionnant pour l’instant de 7 h 00 à 21 h 00, au nombre de 28, les cabines circulent avec un débit de 500 personnes par heure et par sens. À terme, le nombre de cabines sera doublé, le débit du trafic aussi.

Lyon étudie la question pour fluidifier le trafic

En France, la firme intéresse aussi les collectivités. Avec un plan métro qui ne comporte plus en perspective d’avenir que la traversée du Rhône, à destination d’Oullins (69), les transports en commun lyonnais s’orientent, en matière d’équipements, vers des modes plus légers, comme le tramway, tout en accompagnant la politique des collectivités territoriales en faveur des modes doux. Après l’initiative de Unibail-Rodamco et de sa navette fluviale Vaporetto qui, depuis l’ouverture du centre commercial Lyon Confluence, rencontre un succès populaire qui laisse présager divers projets, c’est au tour du Grand Parc de Miribel-Jonage (encadré ci-contre) d’être à la recherche d’un mode de transport destiné à fluidifier le trafic et à proposer une alternative à la voiture individuelle. “Il faut réfléchir à l’accessibilité du Grand Parc, on pense à un transport par câble, un téléphérique. C’est un projet sérieux, à même de régler le problème d’accessibilité du Grand Parc. L’hiver, il n’y a pas de bus et l’été, ils ont du mal à circuler parce qu’il y a trop de voitures. Ainsi, les conducteurs font descendre tout le monde, dès l’entrée du parc et les gens finissent à pied!”, rappelait récemment le maire de Décines, Jérôme Sturla, également président du Syndicat mixte pour l’aménagement du Grand Parc (Symalim). S’appuyant sur les exemples de New York et de Barcelone, Jérôme Sturla argumente: “On peut transporter plus de 5 000 passagers par heure et l’investissement, de l’ordre de 30 millions d’euros, reste moins cher qu’un tramway.

Le Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l’agglomération lyonnaise (Sytral) devrait effectuer les études dès cette année. Nul doute que les propositions émises par Poma soient prises très au sérieux.

À New York, le système Poma résiste à l’ouragan Irene

Il appartient aux réalisations de référence et emblématiques de la firme iséroise. Inauguré le 30 novembre 2010, le tramway aérien de New York offre un système révolutionnaire. Les deux cabines, qui peuvent accueillir chacune 110 passagers, relient la presqu’île de Manhattan à Roosevelt Island, en seulement trois minutes pour une distance proche de 1 kilomètre. Un système qui a transporté depuis son ouverture plusieurs millions de personnes. Fin août dernier, alors que les transports en commun new-yorkais (aéroports, métro, bus…) ont été fortement perturbés, voire suspendus, à l’occasion du passage de l’ouragan Irene, le système conçu par Poma n’a cessé son activité que quelques heures seulement, malgré des pluies violentes et des vents supérieurs à 100 km/heure. Après vérification des installations, essais réalisés par les équipes de Poma, le tramway aérien a repris son service assez rapidement, tandis que les autres transports en commun restaient fermés durant tout le week-end.

Le Grand Parc de Miribel-Jonage

Situé dans l’est lyonnais, le long du Rhône, le Grand-Parc de Miribel-Jonage s’étend sur 2 200 hectares, dont 850 hectares de forêt, 350 hectares de plans d’eau, 400 hectares d’espace. La sécurité de cet espace est assurée par une brigade à cheval spécifique. Poumon vert de l’agglomération lyonnaise, c’est un lieu qui accueille 700 variétés végétales, 220 espèces d’oiseaux, sans compter sangliers, castors, lapins… Parallèlement, diverses activités sont proposées: outre les quatre plages surveillées, on compte un parcours de golf, huit circuits pédestres et VTT, 20 kilomètres de pistes cyclables, deux tyroliennes et une quarantaine de disciplines sportives. À proximité immédiate des populations urbaines, il représente ainsi une zone idéale d’agrément, de détente et de loisirs. Chaque année, sa fréquentation s’élève autour des 3 500 000 visiteurs, mais celle-ci est bien sûr très saisonnière. L’été, parfois plus de 50 000 personnes par jour se rendent à destination du Grand-Parc, ce qui pose d’évidents problèmes d’accessibilité.

Histoire de câbles à la chaîne

1934, Charles Rossat

Le premier téléski voit le jour sur les pentes de la Prairie, au col de Porte, grâce à Charles Rossat. Ce charpentier grenoblois souhaitait que ses enfants puissent pratiquer plus facilement le ski. Il conçoit donc un remonte-pente, un câble qui tourne en continu, un peu à l’image des systèmes utilisés en montagne pour descendre le bois, le foin, le lait…

1935, Jean Pomagalski

Il comprend vite le potentiel de cet engin et décide d’en installer un à l’Alpe d’Huez. Son système est rapidement adopté et s’exporte dans le monde. Ingénieux et débrouillard, Jean Pomagalski utilise des poteaux télégraphiques réformés et des jantes de voitures, pour fabriquer ses pylônes.. En 1947, il fonde la société éponyme, devenue aujourd’hui Poma, basée à Voreppe, près de Grenoble.

1970, Jean-Pierre Cathiard.

Poma s’industrialise sous son impulsion. En dépit d’une image qui colle au monde de la montagne, la société installe le transport par câble comme un nouveau mode de transport collectif, au cœur des espaces urbains. Plus tard, Poma déploie des solutions écoperformantes au service d’une mobilité écoresponsable, des arguments qui font mouche aux oreilles des autorités politiques.

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Auteur

  • Jean-François Bélanger
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