Newsletter S'inscrire à notre newsletter

Magazine

L’art de la pratique durable

Initiatives À la table de la "Tribune d’experts", il a aussi été question de bonnes pratiques de mobilité durable, à travers diverses initiatives. L’accessibilité, les déplacements professionnels, le transport scolaire, l’information voyageurs, l’intermodalité, le développement des pôles d’échanges multimodaux ou la cartographie ont été abordés le 5 juin 2012.

LES uns après les autres, les instigateurs de six initiatives se sont succédé à la “Tribune d’experts” du Salon des transports publics le 5 juin à Paris. Chacune dans son registre a illustré une tendance de la mobilité durable d’aujourd’hui: accessibilité, déplacements professionnels, tarification du transport scolaire, information voyageurs, intermodalité, développement des pôles d’échanges multimodaux ou cartographie…

Une pépite d’accessibilité

Nantes: ses futurs 200 arrêts adaptés d’ici à trois ans, sa concertation avec une vingtaine d’associations spécialisées, sa formation dédiée aux conducteurs, son réseau en site propre à jour, ses 90 % de montées aux normes… bienvenue dans l’une des agglomérations les plus actives en matière d’accessibilité! “Au-delà de la loi, nous nous sommes penchés sur des applications concrètes”, assure Jean-François Retière, maire de Mauves-sur-Loire et vice-président de Nantes Métropole. Seule chose à laquelle l’autorité organisatrice n’avait pas pensé: la légitimité de son service de transport à la demande desservant 24 communes. “Nous réfléchissons actuellement à l’éventualité de contraindre l’accès à ce service avec une commission médicale chargée d’identifier les personnes relevant de dispositif”, avoue Jean-François Retière. À des centaines de kilomètres de là, Toulouse a pris en grippe ses agents ou plutôt leurs déplacements. “Nous commençons une expérimentation de gestion de flotte autopartagée”, prévient Joël Carreras, adjoint au maire de Toulouse et vice-président transport et déplacements de la Communauté urbaine du Grand Toulouse. Objectif: mutualiser, avec cinq entreprises, dix véhicules de sa flotte interne. D’une durée estimée à environ un an, cette phase de test n’en est encore qu’à ses balbutiements puisque la Communauté urbaine recrute actuellement une trentaine de volontaires au sein de ses rangs. “Ce projet figure néanmoins dans notre plan de déplacements administration (PDA)”, affirme Joël Carreras. Si le modèle de véhicule n’a pas encore été choisi, cette démarche pourrait officialiser son entrée en service dès l’an prochain en partenariat avec Mobilib, la structure d’autopartage locale dont l’autorité organisatrice est en partie actionnaire.

Plan d’austérité en Isère

Planchant sur une problématique pour le moins impopulaire puisqu’elle concernait la réforme des transports scolaires, le conseil général de l’Isère a taillé dans le vif et le revendique. “Nous avons réduit à 21, 31 de nos budgets d’action politique comme l’économie ou la recherche dont nous avons diminué les coûts de 46 %”, témoigne Nicolas Fontaine, directeur mobilité du conseil général d’Isère. Une décision courageuse qui n’a pas fait que des malheureux puisque le transport a vu sa capacité d’investissement progresser de 2 %. “Cette année, notre budget de fonctionnement est de 157 millions d’euros dont 80 millions d’euros pour le transport scolaire pour une moyenne de 1 500 euros par an et par élève”, poursuit Nicolas Fontaine. Pour trouver l’équilibre, l’autorité organisatrice a néanmoins décidé d’augmenter les tarifs des dessertes des stations de sports d’hiver, dégageant ainsi une recette d’un million d’euros, mais aussi de supprimer les services peu fréquentés, ce qui lui a permis d’économiser 1,5 million d’euros. Mais la principale mesure prise a concerné le transport scolaire. “Dans nos études prospectives, nous avons remarqué que 5 000 cartes distribuées chaque année n’étaient pas utilisées”, remarque Nicolas Fontaine. D’où l’idée de revoir le système en profondeur en supprimant la gratuité jusque-là en vigueur pour les familles vivant à trois kilomètres du lieu de scolarisation de leurs enfants et passant de trois tranches de quotient familial à cinq. Conclusion: “Nous allons aider deux tiers des familles vivant sur notre territoire”, confie Nicolas Fontaine. Et ce, dès cette année puisque ce projet a été voté en février dernier.

La Réunion, île du transport en commun

L’aventure réunionnaise débute en 2010 avec la signature de l’accord Matignon débouchant sur une participation de 250 millions d’euros de l’État. “Sans cette impulsion, nous n’aurions pu envisager ce chantier”, confesse Fabienne Couapel-Sauret, vice-présidente du conseil régional de la Réunion. Avec 800 000 habitants, 24 communes, cinq intercommunalités et un patrimoine protégé, la tâche s’annonçait ardue. Pour autant, l’autorité organisatrice n’a pas reculé devant l’adversité: avec Transeco express, ce sont 130 kilomètres d’aménagements d’infrastructures qui verront le jour par le biais de 71 chantiers qui sont lancés, dont 50 en site propre, 47 lignes nouvelles sur 274 kilomètres et un réseau de bus à haut niveau de service redimensionné avec 1 800 véhicules. “Notre objectif est de mettre en cohérence notre réseau de transport en commun en site propre et notre réseau régional de transport guidé jusqu’en décembre prochain”, explique Fabienne Couapel-Sauret. Prochaine étape: connecter d’autres modes de transport, notamment les vélos, à ce schéma. “Nous voulons aussi faire de La Réunion, une ville cyclable”, prévient Nelly Lorret, chargée de mission du conseil régional de la Réunion. Enfin, la voiture particulière pourrait également trouver sa place dans la chaîne de mobilité grâce à la création de parkings relais. Enfin, en terme de gouvernance, il s’agissait aussi de réfléchir à une meilleure organisation. “Nous visons la création d’un syndicat mixte d’ici à la fin de l’année”, confie Fabienne Couapel-Sauret.

La technologie à la rescousse

Dans les Alpes-Maritimes, la ténacité a payé. Après un premier essai de calculateur d’itinéraire entre les régions de Ligurie en Italie et des Alpes-Maritimes qui a capoté en 2008, l’autorité organisatrice a décidé de retenter sa chance avec un projet similaire, mais limité à la région. En septembre 2011, le site Ceparou 06 a donc débarqué sur la Toile avec des rubriques novatrices: calculateur d’itinéraire, cartographie, perturbations, horaire, coût du trajet, indice écologique ou accès aux personnes à mobilité réduite (PMR), etc. Huit mois plus tard, il revendique 17 000 visiteurs par mois. “Nous travaillons sur l’intégration de ce site dans les bornes d’informations que nous envisageons de déployer sur nos parc-mètres”, précise Louis Nègre, sénateur des Alpes-Maritimes et maire de Cagnes-sur-Mer. Plus au Nord, l’Île-de-France planche aussi sur la refonte de son système d’information voyageurs et a tenté de mettre sur pied, non sans mal, du fait du nombre d’acteurs impliqués, une nouvelle cartographie. “Il s’agit d’une carte unique axée sur la hiérarchisation des onze réseaux de bus franciliens. Dans nos hypothèses de travail, nous nous sommes également penchés sur les réalisations d’autres grandes métropoles de taille identique comme Londres ou Séoul”, remarque Sylvain Michelon, chef de division Intermodalité & PDU du Syndicat des transports d’Île-de-France (Stif). À peine imaginées, des pistes d’amélioration sont déjà envisagées, comme l’intégration des modes de transport doux ou la possibilité d’y injecter un zest d’open data (partage des données).

Retour au sommaire

Auteur

  • Diane-Isabelle Lautrédou
Div qui contient le message d'alerte

Envoyer l'article par mail

Mauvais format Mauvais format

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format

Div qui contient le message d'alerte

Contacter la rédaction

Mauvais format Texte obligatoire

Nombre de caractères restant à saisir :

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format