Prospective Faisant l’objet d’une "tribune d’experts", le projet du Grand Paris a été abordé à travers le témoignages d’un scientifique et d’un économiste du futur gestionnaire de ce réseau. Objectif: donner les premières clés d’évaluation de l’impact de ce projet sur le développement régional.
“Pour nous le court terme c’est dix ans, ce qui coïncide avec la construction d’un métro, le moyen terme c’est trente ans et le long terme cent ans”, introduisait Jean-Claude Prager, directeur des études économiques de la Société du Grand Paris (SGP) le 6 juin lors d’une “tribune d’experts”. Une vision à très long terme qui fera probablement l’objet de nombreuses études et travaux de recherches. C’est un peu sur cette vague que s’est inscrite cette conférence. “Nous avons observé un décrochage de la région Île-de-France par rapport à d’autres grandes métropoles mondiales comme Londres, Séoul ou Tokyo”, poursuit Jean-Claude Prager.
Expliquant que le cloisonnement des territoires et les inégalités qui se creusent entre l’Est et l’Ouest franciliens font partie des principales caractéristiques de la Région, Jean-Claude Prager confie que “notre réseau ne résoudra pas tous les problèmes mais apportera une meilleure régularité sur le réseau.” Avec la manne de projets socio-économiques qui pèsent aussi dans la balance, le futur du Grand Paris est un levier de communication “très utile pour “marketer” la Région en vue d’une meilleure attractivité pour les investisseurs”, estime Jean-Claude Prager. La migration de la population est également attendue comme l’un des effets d’un dynamisme croissant d’un territoire mais “nous ne sommes encore parvenus à comprendre s’il s’agit d’une création nette de population ou d’un simple transfert”, avoue Emile Quinet, professeur, membre du Conseil scientifique des économistes de la Société du Grand Paris.
Pour répondre à ces enjeux, le Grand Paris devra s’appuyer sur de solides fondements, notamment d’un point de vue comptable.
“Quelques éléments de notre modèle économique restent à arbitrer. Même si les systèmes d’information actuels laissent entrevoir des potentiels mais nous souhaitons modérer nos risques financiers sur ce genre d’action, nous restons attentifs à leur développement”, souligne Jean-Claude Prager. Dernière piste de la partition budgétaire du projet du Grand Paris, “des dépenses de 20 milliards d’euros d’ici 2025 pour des recettes estimées entre 80 et 100 milliards d‘euros à terme”, résume Jean-Claude Prager.
