Europe Sujet plusieurs fois évoqué lors de colloques, tables rondes ou conférences, la libéralisation ferroviaire s’est aussi invitée au banquet des débats post-Salon européen des transports publics, le 4 juin 2012 à Paris.
UNE fois le chapitre financement refermé, l’épais dossier de la libéralisation ferroviaire s’est ouvert lors de l’après-midi préambule, la veille de l’inauguration du Salon européen des transports publics. “Nous nous y préparons. Tout l’enjeu est d’accueillir les nouveaux entrants et de libérer les « historiques »”, analysait Guillaume Pepy, président de la SNCF, à cette occasion.
Surprenant l’ensemble des participants, un représentant d’une instance européenne a fait une annonce pour le moins fracassante: “Les représentants européens plancheraient sur la généralisation des appels d’offres pour les services de rail lourd.” “Dans le cadre de la révision du règlement sur les obligations de service public (OSP), nous étudions la possibilité de rendre obligatoire la mise en concurrence sur les prestations ferroviaires lourdes”, expliquait Eddy Liegeois, chef d’unité, DG Move de la Commission européenne, donnant ainsi une transition rêvée pour entrer dans le vif du sujet: la libéralisation ferroviaire.
Dans le processus de préparation du quatrième paquet ferroviaire actuellement en marche, les objectifs de la Commission européenne sont clairs: “Nous n’avons pas besoin de davantage de moyens financiers mais d’une meilleure politique”, a estimé Michael Cramer, député européen, membre de la commission des transports de la Commission européenne. Une distinction qui prévaut également entre les rôles de gestionnaire et d’exploitant tant défendus par les instances européennes. Une certitude pour Michael Cramer: “Le réseau doit rester public.” Avec une date butoir pour trancher cette question fixée à 2019 par Bruxelles: “Nous ne demandons pas de report de cette échéance, ce calendrier ne nous pose pas de problème. En France, il nous faut un régulateur plus fort, une harmonisation juridique, économique et une compétition sur la qualité, ainsi que sur l’innovation. Mais cette compétition ne doit pas avoir lieu sur le terrain social”, a tenu à préciser Guillaume Pepy.
