L’Organisation mondiale de la santé vient de classer le diesel dans la catégorie très peu prisée des produits hautement cancérogènes. À l’échelle de la France, les particules fines seraient à l’origine de 42 000 décès par an. On a beau dire, voilà une information, largement reprise dans les médias grand public, qui n’arrange pas vraiment les affaires de quelques industriels du transport public. Coincé au volant de sa Turbo-D dans les embouteillages derrière un bus ou un car, l’automobiliste oubliera vite qu’il pollue autant, si ce n’est davantage, que ce mastodonte qui le précède. Il verra plutôt en lui la source de tous ses maux, dont une légère envie de tousser, vite calmée par une délicieuse cigarette. Allez lui expliquer ensuite que, toutes proportions gardées, les douze mètres de tôles en question sont bien moins nocifs ramenés au nombre de passagers transportés que la puissante berline climatisée dans laquelle il se prélasse tranquillement. Pas question pour autant de sous-estimer la réalité du danger représenté par le pléthorique parc diesel français. Au-delà du lobbying des constructeurs nationaux, maîtres de cette motorisation en Europe, et l’idée pernicieuse que l’on pourra résoudre ce problème de santé publique simplement en réévaluant la TIPP sur ce carburant – un impôt de plus, mais pour notre bien –, il me semble plus intéressant de voir quelles sont les solutions technologiques proposées par les industriels pour remplacer, à terme, ce mode de propulsion. Histoire de prendre toujours un bus d’avance, nous vous proposons donc dans ce numéro un compte rendu détaillé du Bus Euro Test 2012, organisé par nos soins sur le réseau Phébus de Versailles. Et, justement, trois des cinq compétiteurs n’étaient autres que des véhicules hybrides diesel-électriques de dernière génération. Après toute la gamme des diesels normés de I à VI, le GNV, le GPL et autres solutions de transition, voici donc venir le temps des hybrides. Cette technologie prometteuse, et visiblement plutôt au point, est cependant pour beaucoup une offre de transition. D’accord, mais en attendant quoi? L’hydrogène et la pile à combustible! Hé oui! Dans quelques années, si tout va bien, nos bus rempliront leurs réservoirs d’eau et rejetteront de l’oxygène. La technique est connue, son adaptation est en cours. Il faudra sans doute simplement que les pétroliers y trouvent leur compte et que les États s’inventent une bouée de sauvetage fiscal, baptisée Timce… la Taxe intérieure sur le mètre cube d’eau (!)
