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Promotrans après la tempête

Bilan La 45e assemblée générale de l’organisme de formation Promotrans s’est tenue le 28 juin 2012. Le constat: les résultats de 2011 restent marqués par la crise et par les difficultés survenues en 2009 et 2010.

UNE année de transition. Lors de sa 45e assemblée générale statutaire qui s’est tenue le 28 juin 2012 à Paris, Promotrans a dévoilé des chiffres en demi-teinte pour 2011. L’organisme, qui propose des formations dans les domaines des transports, de la logistique et de la maintenance à 41 000 stagiaires, apprentis et étudiants, a en effet clôturé l’année avec 75 778 euros de résultat d’exercice et un chiffre d’affaires de 31 902 K€. Soit une baisse de 2,55 % par rapport à 2010, dont le chiffre d’affaires s’élevait à 32 545 k€. Des résultats “peu satisfaisants”, reconnaît le groupe dans un communiqué.

Une victime collatérale de la crise

Des chiffres qui s’expliquent, selon le directeur général de Promotrans, Henri Kissi, et son président Gérard Cardon, d’abord en raison de la situation économique internationale: “La crise générale nous touche comme tout le monde et la branche des transports souffre particulièrement.

Mais surtout, la crise n’est que la suite logique des événements de 2009, année marquée par plusieurs bouleversements d’envergure pour l’organisme. Pour rappel, le gouvernement avait décidé de limiter le nombre de collecteurs de la taxe d’apprentissage, impôt versé par les entreprises, destiné en partie à financer l’apprentissage. À cette date, ce fut un autre organisme de formation, l’AFT-Iftim qui fut choisi en tant que collecteur unique de la branche transport. Promotrans allait alors devoir se contenter du titre de collecteur délégué, avec l’obligation de faire parvenir à son concurrent direct, la collecte et les listings répertoriant les entreprises qui s’y sont assujetties. Un choix qui a depuis été dénoncé à maintes reprises par Promotrans: “Il n’y a pas de raison pour que les deux associations soient traitées différemment”, tempête Gérard Cardon. D’autant plus que selon le président, “l’AFT-Iftim, qui reçoit les listings des clients de Promotrans, en profite pour avoir une démarche commerciale. L’AFT envoie des lettres de remerciements à nos clients, et les invite même par moments.” Si Promotrans sait qu’il y a peu de chance que la situation redevienne comme avant, “nous continuerons à guerroyer pour que la délégation soit la plus saine et la plus simple possible. Il est flagrant qu’il y a eu des contacts à partir du fichier de collecte”, indique Henri Kissi.

Autre pomme de discorde, plus coûteuse, fut la ressource affectée perçue par l’AFT. “Une convention nous attribuait un pourcentage de cette recette. Mais, en 2009, le gouvernement a jugé que ce n’était plus utile pour nous. L’AFT a gardé cette recette au motif qu’elle effectue une mission de service public, ce que nous faisons également”, affirme le président, en ajoutant que “si, faute de moyens, nous ne pouvons plus communiquer, avoir des professeurs, assister aux réunions des différents ministères, nous risquons d’être marginalisés. Promotrans deviendra alors une auto-école dans dix ou quinze ans.

Cette “réduction drastique des ressources de Promotrans avait entraîné en 2010 la fermeture de sites ou l’arrêt d’activités”, précise un communiqué. Soit, au total, une perte de 1 300 stagiaires et apprentis, soit 90 000 heures de formation, avec un chiffre d’affaires, de 1 018 000 euros, “un potentiel évidemment perdu en 2011”, précise le communiqué.

L’année de la restructuration

Pour tenter de sortir la tête hors de l’eau, une grande réforme avait alors été entreprise en 2011. Quatre directions centrales de régions ont ainsi été créées dans le but de renforcer “la présence opérationnelle de Promotrans auprès des entreprises, ainsi qu’une meilleure maîtrise du résultat d’exploitation”, indique un communiqué du groupe. La fonction du siège social a quant à elle été redéfinie pour devenir un pôle de compétences et de services. Enfin, l’équipe dirigeante a elle aussi subi de profondes modifications. Gérard Cardon est ainsi redevenu président de l’association, et Henri Kissi a succédé à Patrick Marcet au poste de directeur général de Promotrans.

Ces divers bouleversements ne seraient cependant pas responsables des résultats mitigés de l’année, puisque “les raccourcis sont synonymes de plus d’efficacité, que ce soit au niveau de la direction ou des entreprises”, considère Gérard Cardon. Cependant, les effets mettront sans doute un peu de temps avant de se faire sentir.

Les perspectives

Cette situation en demi-teinte n’empêche pourtant pas Promotrans de voir toujours plus loin. À court et moyen terme, l’organisme s’est fixé plusieurs objectifs ambitieux. Tenter tout d’abord de convaincre le gouvernement de recouvrer son statut d’organisme de développement et de formation dans la branche transport, achever la restructuration et lancer, dès cet été, de nouvelles formations en prenant en compte les évolutions diverses dans le secteur (nouveaux permis, nouvelles conditions d’accès à la profession de transporteur routier de voyageur, voir Bus & Car no 905).

L’organisme a également annoncé sa volonté de franchir les frontières en partant à la conquête et à la reconquête de nouveaux pays européens comme la Hongrie, la Roumanie ou encore la Belgique. Selon Promotrans, cette volonté se justifie car ces pays sont “concernés, au même titre que la France, par les directives relatives à l’accès à la profession des conducteurs et des dirigeants d’entreprises.” Un moyen donc d’exporter l’expertise française. Par ailleurs, une implantation au Maroc “qui souhaite devenir le carrefour entre l’Europe et l’Afrique” est envisagée. Il faudra cependant, là aussi, faire avec le concurrent historique, l’Aft-Iftim, qui cherche également à se positionner sur le Maghreb.

Promotrans en chiffres

– 31 902 K€ de chiffre d’affaires

– 41 000 stagiaires

– 2,6 millions d’heures de formation assurées

– 30 centres de formation en France

– 4 directions centrales de régions

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Auteur

  • Shahinez Benabed
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