Une partie de la presse a longuement disserté cet été sur les "100 jours" de François Hollande. Au fond, plutôt que de voir ce qui a été fait, défait, ou mis de côté, il me paraît plus intéressant de s’interroger aujourd’hui sur ce qui nous attend dans les mois à venir. Et là, chacun sent bien qu’il va falloir retrousser ses manches, sortir le chéquier pour renflouer des caisses bien vides, et apprendre à "recevoir moins tout en donnant plus", sans doute le slogan de la prochaine législature. Quelle que soit la forme que tout cela prendra, c’est sur le côté "juste" des mesures prises que portera l’attention des électeurs. Tout le monde devra mettre la main à la poche de façon équitable, le tout sans obérer la croissance qui, seule, nous permettra un jour de nous sortir de l’ornière sans une révolution. Qu’on ne s’y trompe pas, au-delà des mesures diverses et variées qui s’éveillent progressivement dans les cartons de Bercy, c’est bien d’une vision d’avenir dont nous avons besoin. Et là, les transports en commun ont indéniablement le moyen de s’affirmer dans au moins trois domaines: réduire la facture énergétique, répondre de façon cohérente au développement des besoins de déplacements, et donner un coup de fouet au marché de l’emploi. Sans aller jusqu’à la promotion à tout-va de modes alternatifs comme l’hybride et le pur électrique qui cherchent encore leurs marques notamment d’un point de vue économique, la mise en œuvre d’un bon réseau de transport dans certaines zones jusque-là délaissées – un souhait clairement énoncé le 22 août dernier par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault sur RMC-BFM – sera autant d’économiser pour les ménages en matière de carburant, et pour la France un nouvel avantage en termes de protection de l’environnement, comme d’équilibre de la balance du commerce extérieur. Investir massivement dans le transport collectif permettra aussi de désenclaver certains secteurs et d’offrir de nouvelles mobilités à une population qui aura justement besoin d’être plus mobile pour accéder au marché de l’emploi. Autre point fort, ce secteur est finalement un des derniers qui nous reste pratiquement impossible à délocaliser. Qu’il s’agisse des conducteurs, des techniciens et des employés, difficile d’aller les installer au Maroc ou à Madagascar. Enfin, ce qui ne gâche rien, le tissu des PME y est encore très fort, qu’il s’agisse des opérateurs, de quelques industriels, mais aussi de la myriade d’équipementiers qui gravitent autour de cette activité. Il y a donc bien une carte à jouer pour le transport collectif… Joker!
