NOMBREUX sont les formateurs FCO en entreprise à avoir constaté qu’il existait un véritable “conflit de générations” entre les conducteurs. Conflits qui se manifestent au niveau de la motivation et de l’attrait vers la profession, mais aussi sur la façon d’appréhender la conduite des modèles d’autocars et d’autobus de dernière génération. Question recrutement, tous les formateurs interrogés confirment: “Des passionnés? Il y en a peu. C’est 10 à 15 % maximum des candidats à la Fimo.” Et, souvent, ils se font une idée fausse du métier qui se résume à: “J’aime conduire.” Or, d’après Bernard Petot du centre C.F.C.R Benoît à Louhans (Saône-et-Loire), “la conduite ne représente que 30 % du travail: le reste c’est le relationnel, la manutention, l’entretien du matériel, la préparation des missions et la gestion administrative.” Un message qui peut refroidir les dernières ardeurs d’autant que, sur ce centre de formation, comme tant d’autres, la plupart des candidats sont missionnés par Pôle Emploi. La moyenne d’âge est élevée et les jeunes sont l’exception. Autre changement générationnel perçu par Éric Huguenin, formateur au C.F.C.R Benoît: “Parfois, les jeunes font surconfiance au matériel et aux équipements. Un conducteur plus expérimenté sait faire sans et s’adaptera.” C’est ce que l’on pourrait appeler le syndrome Airbus A320. Et d’ajouter: “Il n’y a pas beaucoup de domaines professionnels où l’on partage un espace de travail entre trois voire quatre générations d’âge.” Reste la question de l’approche pédagogique: certains formateurs Fimo ou FCO, malgré l’expérience minimum de conduite en entreprise exigée pour être formateur Fimo/FCO, restent trop prisonniers du carcan “scolaire” du Bepecaser (formation pour enseignants en auto-école). C’est surtout le cas des jeunes enseignants qui n’ont pas forcément le recul pour appréhender la différence entre une conduite “d’examen de permis de conduire” et une conduite “professionnelle”. Cela peut générer quelques malentendus lors de la formation Fimo/FCO car la conduite vue par un examinateur du permis peut parfois être à l’opposé de l’optimisation voulue par la conduite rationnelle.
À compter de janvier 2013, les permis de conduire évoluent. Outre leur nouveau format et le stockage de données sur puce électronique, mentionnons la création d’un permis D1 limitant la conduite à 16 places assises.
Malheureusement, l’examen reste assez lourd (que ce soit en contenu ou financièrement), ce qui en limite singulièrement l’intérêt pour les entreprises et les candidats qui auront tout intérêt à passer le D.
Parmi les nouveautés, il faut mentionner l’autorisation faite de passer le permis E (C) sur un véhicule à boîte robotisée ou automatique sans mention de restriction "véhicule à boîte automatique", sur le permis dès lors que le permis de conduire aura été validé auparavant en C sur un véhicule à boîte manuelle. Une mise à jour bienvenue.
Malheureusement, aucune adaptation n’a été faite pour l’examen "plateau" du permis E (D). Par conséquent, il y a très peu d’auto-écoles qui proposent le E (D) en formation, ce qui rend toujours quasi-obligatoire la validation de celui-ci par équivalence via le E(C).
Restent en suspens quelques incohérences administratives, notamment sur les seuils d’âges entre permis D et Fimo.
Les charmes de notre jungle administrative…
