Alstom Jusqu’au début de l’année prochaine, dix rames de présérie du futur matériel Regiolis
LES rames Regiolis d’Alstom sont issues de la famille des Coradia qui circulent à un millier d’exemplaires dans de nombreux pays. Sur la base d’un marché qui pourrait totaliser jusqu’à un millier de rames, elles ont déjà été commandées, pour près d’un milliard d’euros, à 171 exemplaires par 11 régions françaises, et sous des configurations variées totalisant 17 versions différentes
Après la construction d’une première présérie de dix rames, le premier exemplaire ayant été présenté en version périurbaine début décembre 2011 à Strasbourg, voici le temps des essais qui précèdent le lancement de la construction en série. Ensuite, après obtention des certificats de sécurité, les premières livraisons du Regiolis devraient intervenir en avril 2013 en Lorraine pour une exploitation commerciale expérimentale anticipée qui sera suivie, en juillet 2013, des premières rames destinées à l’Aquitaine. Au total, 40 à 50 rames devraient être livrées en 2013, l’ensemble de la commande étant réalisée en 2015.
Pour obtenir les diverses certifications et les homologations
Dans ces conditions, après de premiers tests effectués dans l’usine Alstom de Reischshoffen (“crashtest” et opération de relevage après simulation de déraillement), les dix rames de présérie ont été particulièrement mobilisées. En Alsace, deux rames ont effectué des parcours nocturnes sur une section de 11 km de la ligne Haguenau-Wissembourg, essais destinés à la mise au point vibratoire de la partie traction diesel du “powerpack”
Ces tests ont mené deux rames Regiolis (une de 4 voitures et une de 6 voitures) bien loin du réseau français, jusqu’à Velim, à 70 km de Prague. Où sont implantés, sous l’égide de l’Institut tchèque de recherche ferroviaire, deux circuits d’essais, de 4 km et 13 km, avec des vitesses maximales autorisées respectives de 90 km/h et de 210 km/h. Deux circuits qui permettent de réaliser des essais sous tous les modes d’alimentation et qui ont pour objectif de certifier les principales fonctions du Regiolis. Les deux rames, qui disposent chacune de leur voiture-laboratoire et qui sont pilotées par des conducteurs du centre de Velim
Commandé à 171 exemplaires par onze régions françaises.
Périurbain, régional et intervilles. Les 15 rames à 6 voitures commandées par la Basse-Normandie pour les trains Paris-Granville associent de nombreux cas de figure avec un trajet complexe comportant 33 km électrifiés en 1,5 kV, 49 km en 25 kV et 346 km en traction diesel!
Documents délivrés par l’Établissement public de sécurité ferroviaire (EPSF).
Ensemble d’équipements installés en toiture et qui, sur une rame bimode électrique + diesel, alimentent la chaîne de traction en courant continu à partir d’un groupe moteur diesel. Chaque rame possède un "powerpack" par essieu moteur, soit de 3 à 6 par rame.
Le circuit et les rames sont également équipés de la signalisation européenne ERTMS 1.
Après des résultats records en 2010 avec un chiffre d’affaires global de 4,82 milliards d’euros, 2011 s’est achevée pour l’industrie ferroviaire française avec un recul de 12,25 % et un chiffre d’affaires de 4,23 milliards d’euros. Un repli annoncé dès l’an dernier, lié à la fin d’un cycle de grandes commandes à l’export (− 41,1 %) mais aussi à l’entrée dans une période de transition sur le marché intérieur (+ 2,76 %) après l’achèvement de la livraison aux régions des 700 rames AGC de Bombardier. Transition dans l’attente des premiers Regiolis d’Alstom à partir du printemps 2013 et des Regio 2 N de Bombardier, en 2014.
Si le secteur des matériels roulants a marqué le pas en raison du contexte, les industriels de l’infrastructure (hors pose de voie) et de la signalisation ont connu une bonne année avec des progressions respectives de 12,6 % et de 53,2 % de leurs chiffres d’affaires. La tendance est similaire, qu’il s’agisse de l’exportation ou du marché intérieur. En revanche, les carnets de commandes varient de 2,8 ans pour les constructeurs de matériels roulants à guère plus de six à neuf mois pour les secteurs de l’infrastructure et de la signalisation. Un manque de visibilité à l’export en raison de la conjoncture internationale, auquel s’ajoutent les incertitudes en France sur les projets (Snit, LGV, Grand Paris) comme sur les contenus d’une nécessaire réforme de la gouvernance ferroviaire.
