Fast Scoler 4 C’est un retour aux fondamentaux. Pour le Scoler 4, Fast est revenu à sa philosophie, originelle: faire de l’autocar scolaire un véhicule le plus basique et le plus économique possible. Pour cela, le constructeur s’est tourné vers Renault afin de monter un car sur un châssis de camion. Alors, vrai autocar ou camion de groupe? Réponse sur le circuit de Bus & Car.
DANS l’industrie du car, Fast donne la preuve qu’il est possible de réaliser la quadrature du cercle. Le spécialiste du car scolaire voulait revenir à ses fondamentaux en mettant sur le marché un véhicule simplifié au possible à un prix particulièrement attractif, le tout en conservant une fabrication hexagonale. “Nous aurions pu jouer la carte de l’importation d’un produit exotique, mais ce n’est pas dans notre philosophie”, explique Xavier Ringeard, président de Fast Concept Car. Ainsi, en 2010, à Autocar Expo, le Vendéen présente son Scoler 4, un véhicule qui tient du pari. Pour produire simple, efficace et peu cher, Fast a fait appelle à Renault Trucks et fait reposer son véhicule sur un châssis de camion (Midlum) produit à quelques kilomètres de son usine d’Alençon. L’idée est bien trouvée, et même si elle est osée, ne manque pas d’interpeller. Le véhicule exposé à Nice passe le premier test visuel: il s’agit bien d’un autocar et non d’un camion tractant une caisse avec des sièges. Depuis, le Scoler 4 ne se contente pas de se montrer séduisant sur le papier ou sur les salons. Il a convaincu nombre de transporteurs. “Les premières livraisons ont débuté en 2011. Nous devrions avoir atteint la barre des 300 immatriculations pour la rentrée 2012”, se réjouit Patrick Denis, directeur commercial. Avec le Scoler 4, Fast est loin de proposer un véhicule low cost. Le fait d’utiliser un châssis de camion permet au constructeur de proposer des options habituellement inédites sur ce créneau, tel que la boîte robotisée. “Nous profitons des volumes du poids lourd pour vendre cette option à un tarif particulièrement attractif. Les clients y sont clairement réceptifs, la part de véhicules livrés avec cette option ne cesse d’augmenter et devrait rapidement dépasser la barre des 50 %”, explique Patrick Denis. En proposant cette boîte robotisée ZF, Fast fait presque figure d’exception. Il n’y a guère que Sor, qui propose une transmission à six rapports de ce type sur un autocar. Selon ZF, les autres constructeurs ne devraient pas se positionner sur le créneau avant Euro 6. Par ailleurs, le Scoler 4 connaîtra une variante totalement inédite allant bien loin de l’esprit du low cost. Toujours sur cette base Midlum, Fast travaille avec PVI sur le projet Volter, une version 100 % électrique du Scoler 4. Pour passer à l’ère du transport scolaire totalement propre, il faudra patienter au moins jusqu’en 2013. Cela permettrait à Fast de réaliser une nouvelle quadrature du cercle qui n’était même pas une hypothèse…
Avant de se lancer sur le parcours, le Scoler 4 avait déjà parcouru plus de 11 000 km. Il ne s’agissait donc pas d’un petit nouveau. Le châssis Midlum est doté d’un moteur Euro 5 Renault Trucks DXi7 développant 270 ch et volontairement limité par Fast à 90 km/h. “Pour une exploitation scolaire, c’est cohérent et bénéfique pour la consommation”, assure Patrick Denis. Il ne recevait qu’une seule option, mais pas des moindres, à savoir, la boîte robotisée ZF AS Tronic Lite à six rapports, agrémentée de la solution Optifuel, développée par Renault, qui permet notamment une gestion du passage des rapports en fonction du type d’exploitation et une fonction “stop and start”. “La boîte installée sur les Scoler 4 reprend la programmation du Midlum. Nos ingénieurs autobus n’ont pas développé de soft spécifique, notamment pour préserver la rationalité des coûts. En revanche, ils ont réalisé une installation de contrôle afin de s’assurer que la boîte n’ai pas un comportement trop camion qui pourrait être déroutant dans un autocar”, raconte Loïc Girerd, responsable marketing chez ZF. Cette option enrichie de l’Optifuel est facturée 3 500 euros. “Cela se rentabilise ne serait-ce que sur le poste maintenance, avec l’économie du coût de remplacement d’un embrayage. Sur le poste carburant, nous manquons encore de recul pour valider un réel gain. Renault avance 7 % d’économie de carburant sur midlum distribution. C’est encourageant”, souligne Patrick Denis.
C’est une des bonnes surprises du Scoler 4. Pour un autocar scolaire, il est plutôt agréable à l’œil. Impossible de soupçonner qu’il repose sur un châssis camion. Cela devient même un avantage. L’implantation centrale du moteur libère de l’espace à l’arrière au profit d’une large baie vitrée. D’une manière plus générale, les flancs noirs en dessous des vitres lui donnent une allure d’aquarium sur roues. La calandre ne manque pas d’allure non plus. L’habitacle est des plus rudimentaire, mais cela n’a rien de choquant pour un car scolaire qui a l’avantage d’être particulièrement lumineux.
Alors, camion ou autocar? C’est la deuxième réponse qui est la bonne. Le Scoler offre un niveau de confort tout à fait satisfaisant pour un modèle de sa catégorie. Mais, il est essentiel de le cantonner à son activité. Ce modèle n’a pas pour vocation d’être polyvalent. “Il nous a permis de repositionner plus clairement notre offre. Il s’agit d’un scolaire pur et dur. Nous proposons également le Starter S (précédemment Scoler 3) sur base Man qui offre plus de mixité d’utilisation”, rappelle Patrick Denis. Ainsi, la suspension du Scoler 4 n’est pas un modèle du genre, mais rempli parfaitement son rôle pour du ramassage scolaire. Le véhicule ne tangue pas, il a du répondant dans les côtes, et surtout il se montre respectueux des tympans de ses passagers. L’implantation centrale du moteur ne se traduit pas par une cacophonie intérieure, qu’une kyrielle d’élèves serait parfaitement apte à couvrir.
Au lancement du Scoler 4, Fast Concept Car misait sur une amélioration des performances de consommation du fait de son architecture inédite. Le modèle est-il un bon élève? Avec une moyenne de 24,6 l/100 km, il se range en effet dans cette catégorie. Pas de quoi en faire un premier de la classe, mais le tableau d’honneur tout de même. D’autant plus que pour les besoins de l’essai, le véhicule était lesté à son maximum de PTAC, ce qui est rarement le cas pour un car scolaire. En revanche, et c’est regrettable, il a davantage souffert sur la seconde étape, faite de petites routes rurales, qui correspondent assez bien à un circuit scolaire. Le résultat, 25,8 l/100 km, ne mérite tout de même pas un avertissement, plutôt un encouragement. Une piste d’amélioration du soft de la boîte pour ZF et, du coup, une nouvelle équation à résoudre pour Fast.
– Longueur/largeur/hauteur
12,62 / 2,538 / 3,32 m.
– Moteur
Renault Trucks Euro 5 DXi7 développant 270 ch.
– Boîte de vitesses
ZF AS-Tronic Lite à six rapports avec solution Optifuel Renault Trucks.
– Freins AV et AR
À disques intégraux avec ABS et EBS. Ralentisseur Telma AD 72-00.
– Suspensions
Pneumatiques à régulation électronique.
– Réservoir
300 litres (AdBlue 50 l).
Le véhicule est cohérent, sûr (le freinage et le ralentisseur électromagnétique Telma sont à la fois progressifs, réactifs et efficaces), bien fini et même agréable à conduire.
Ses formes carrées, ses grandes surfaces vitrées, facilitent la prise en mains. Les rétroviseurs, hélas dépourvus de réglages à distance, ne vibrent pas et donnent un bon champ de vision. La conduite, avec la boîte robotisée ZF, est d’une grande facilité. Le moteur du Renault Midlum se révèle volontaire et se marie très bien avec la boîte qui associe réactivité et pertinence dans ses choix. La gestion de l’embrayage est remarquable. La tenue de route est très bonne, mais l’empattement long assurant un confort de bon niveau implique néanmoins un rayon de braquage parfois gênant. Tout au plus peut-on déplorer une tendance à dodeliner sur les chaussées déformées. Ces cahots vous remonteront de toute façon via le volant qui vous informe très précisément de l’adhérence… et de l’état de la chaussée! L’insonorisation, sujet sensible avec un moteur avant, est correcte tant que l’on ne sollicite par le moteur au maximum. Bruits de roulement et de vent sont bien maîtrisés. Fast devrait cependant davantage penser au confort du conducteur, en particulier pour les espaces de rangements, détails d’ergonomie, et surtout, pour le chauffage/ventilation, franchement indigent! Ces défauts mis à part, le Scoler 4 fait preuve d’une grande cohérence et se révèle agréable à vivre au quotidien.
• Excellence de la boîte robotisée.
• Bonne visibilité et rétrovision.
• Efficacité du freinage et du ralentisseur.
• Facilité de prise en mains.
• Assistance de direction agréable.
• Accessibilité au poste de conduite.
• Chauffage et ventilation rudimentaires.
• Manque d’espaces de rangements.
• Filtrage de direction perfectible.
• Rayon de braquage pénalisant.
• Sensibilité au roulis.
Le Fast Scoler 4 a les avantages de ses inconvénients: dérivé du Renault Midlum, il bénéficie à ce titre de son architecture électronique (ce qui rend facile tout diagnostic chez n’importe quel représentant Renault Trucks), de ses pièces de rechange et de la logistique d’approvisionnement. Pour la partie châssis et mécanique, l’accessibilité est très bonne… dès lors que l’on dispose d’une fosse, ou mieux encore, d’un pont élévateur!
Pour les remplissages et contrôles courants, Fast a pensé à une trappe côté gauche de la carrosserie permettant de surveiller huile moteur et liquide de refroidissement. L’intention est louable mais la conception de base rend de toutes façons problématique l’accès aux courroies, pompes et autres composants mécaniques. Plus que jamais, les menus de l’ordinateur de bord seront à consulter régulièrement pour s’assurer que tout va bien à bord. Avec le Scoler 4, pour gagner sur tous les tableaux (prix des pièces et temps d’intervention), un pont élévateur est indispensable.
• Disponibilité des pièces.
• Standardisation des composants.
• Remplissages usuels faciles.
• Véhicule exigeant une fosse ou un pont élévateur.
• Accessibilité problématique à certains organes.
