Intelligence économique La construction d’une métropole multipolaire dans le secteur d’Oullins-La Saulaie (69) doit pallier, en partie, l’inadaptation actuelle de l’accessibilité du sud-ouest lyonnais. Première étape avec le projet de l’Anneau des Sciences.
INSCRIT dans le Schéma de cohérence territoriale (Scot), le projet d’agglomération 2030 a permis de constater que le réseau routier de l’agglomération lyonnaise ne répond plus – depuis longtemps (!) – aux besoins d’une population métropolitaine évaluée à 3 millions d’habitants. Dans le sud-ouest, l’une des principales causes d’engorgement réside dans la coexistence de flux massifs, locaux, régionaux, nationaux et internationaux, dont l’épiphénomène se trouve illustré par l’historique bouchon du tunnel de Fourvière. Les conséquences des perturbations, particulièrement pour cette partie de l’agglomération lyonnaise, sont nombreuses: l’autoroute A6/A7, saturée de manière quasiment permanente, passe le long de quartiers à forte densité de population et isole le nouveau secteur de Lyon-Confluence. Par ailleurs, les communes de l’ouest lyonnais sont envahies par le trafic routier, parfois de report, ce qui freine tout développement de voies de transport en commun en site propre. Les perturbations, liées à l’engluement des autobus dans la circulation automobile, détériorent la qualité du service des transports en commun. Enfin, la densité de la circulation routière associée aux rejets des industries pétrolières et chimiques du sud lyonnais le long du Rhône engendre une pollution atmosphérique, et des nuisances qui dégradent la qualité de vie des habitants.
Le pôle multimodal d’Oullins-La Saulaie doit permettre de reconfigurer cette entrée sud-ouest de l’agglomération. La géographie de ce territoire, de Oullins jusqu’à Givors plus au sud, le positionne en effet à l’articulation entre le centre de l’agglomération lyonnaise (à proximité des quartiers de Gerland et de Confluence), et des pôles sud, à Vienne, et sud-ouest, à Saint-Etienne, de la nouvelle aire métropolitaine. Une zone qui dispose d’atouts en termes d’habitat, d’emploi ou d’implantation d’entreprises, mais dont la dynamique d’ensemble est freinée par une accessibilité devenue de plus en plus difficile. Ce nouveau pôle multimodal facilitera au maximum les échanges entre le métro, la gare TER, les voitures et les modes doux. Cet équipement s’inscrit dans un projet d’agglomération plus global, l’Anneau des Sciences, dont les contours seront précisés d’ici à la fin de cette année par la Communauté urbaine du Grand Lyon, dans le cadre d’un débat public prévu à cet effet. Mais les objectifs sont déjà connus. Il s’agit d’écarter de la zone lyonnaise, toutes les circulations internationales et nationales qui ne font que la traverser. Et, de ce point de vue, les projets de contournement routier lyonnais par l’ouest, figurant dans la Directive territoriale d’aménagement, et de déviation par l’est, évoquée par le préfet de région, sont indispensables. Ces deux chantiers sont de la responsabilité de l’État, de la communauté urbaine Grand Lyon et du conseil général du Rhône. Enfin, ils représentent un projet multimodal et intégré.
Multimodal parce qu’il combine, outre la réalisation d’une infrastructure nouvelle, la transformation de l’autoroute A6/A7 et la mise en œuvre d’un plan de développement des transports en commun ambitieux. Et intégré parce qu’il allie à cette politique une ambition économique et un catalyseur de grands projets urbains. Des caractéristiques qui crédibilisent l’appellation retenue, Anneau des Sciences, puisque cela aura pour objectif de relier les pôles scientifiques de l’agglomération. Il consistera à boucler un “ring” en connectant Oullins-La Saulaie au biopôle de Lyon-Gerland, aux pôles universitaires et au campus Charles-Mérieux.
Dans un contexte arboré, ce nouveau pôle offrira à la gare d’Oullins, une dimension métropolitaine. Le programme de cette réalisation réunit une nouvelle station de métro de la ligne B, une nouvelle gare de bus, une gare TER, des parkings relais pour 500 véhicules, le mail République, qui permettra de rendre ces ouvrages directement accessibles depuis le centre-ville d’Oullins, un passage piéton Orsel, qui rendra accessible depuis la gare TER, la station de bus et la gare de bus, également depuis le centre-ville. Le projet intègre aussi la suppression de l’actuel passage à niveau classé dangereux, et la réalisation, par RFF, d’un pont-rail par-dessous lequel passera le mail République. Il comprendra une chassée de deux fois une voie, pour les véhicules légers, de larges trottoirs de 4 à 5 mètres, ainsi qu’une piste cyclable bidirectionnelle. Les travaux d’aménagements ont fait l’objet d’une convention de participation financière entre l’État, le Grand Lyon, la région Rhône-Alpes, la commune d’Oullins, RFF, la SNCF et le Sytral. La réalisation de ce nouvel aménagement multimodal témoigne de la volonté et de l’engagement portés par les collectivités territoriales vis-à-vis des instances nationales de façon à les impliquer au maximum dans les futurs projets, tout au moins pour la partie qui leur incombe. Un signe fort à une époque où l’argent public est de plus en plus disputé.
→ 1,8 kilomètre de ligne nouvelle
→ 1,4 kilomètre de tunnel, dont plus de 300 mètres sous le Rhône
→ quinze minutes pour relier Lyon Part-Dieu à Oullins
→ 15 500 véhicules de moins dans l’agglomération
→ 4 000 tonnes de CO2 en moins chaque année
