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“Les PME qui exportent sont celles qui innovent!”

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“Les PME qui exportent sont celles qui innovent!”

Crédit photo Diane-Isabelle Lautrédou

Interview Revendiquant le statut de bras armé de l’État en matière de financement de l’innovation et de la croissance des PME, Oséo surfe sur trois créneaux: le soutien à l’innovation, la garantie bancaire et l’apport de capitaux. Expert des transports au sein de cet établissement, Benoît Jeanvoine dresse un état des lieux des enjeux de la filière ingénierie.

Dans quel contexte l’ingénierie des transports évolue-t-elle?

Benoît Jeanvoine: De manière générale, le secteur du transport répond à des enjeux sociétaux imposant à chaque filière des évolutions considérables. Aujourd’hui, il doit simultanément diminuer ses émissions de gaz à effet de serre, abaisser ses nuisances sonores, lutter contre les délocalisations, s’adapter à de nouveaux modèles économiques, réduire sa dépendance aux énergies fossiles tout en s’adaptant à une conjoncture financière qui pèse sur la rentabilité de bon nombre d’entreprises. Nous observons que depuis le début des années 1990, les ménages consacrent 15 % de leur budget au transport qui devient ainsi le deuxième poste de dépenses derrière le logement. Si la voiture reste toujours fortement plébiscitée, la part des transports collectifs continue de progresser. En cause: une sensibilité croissante des individus aux problèmes écologiques, une flambée des prix de l’immobilier dans les centres-ville des grandes agglomérations ou un essor de la périurbanisation. Par répercussion, l’ingénierie se doit d’intégrer ces nouveaux paramètres, voire de les anticiper. Aujourd’hui, les PME qui exportent sont celles qui innovent.

Quelles solutions leur apportez-vous?

→ Nous investissons de manière directe à la demande des entreprises là ou d’autres organismes, comme l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), fonctionnent par appels à projets. En 2011, nous avons financé 270 projets innovants représentant un montant de 45 millions d’euros. La moitié d’entre eux concernait les transports terrestres. Notons que les financements attribués touchent généralement des projets s’étalant sur deux à trois ans et portant sur des montants moyens de 170 k€. À eux seuls, les programmes de transports terrestres s’inscrivant dans une dynamique environnementale ont fait l’objet d’un budget de 12,5 millions d’euros en 2011 contre 14,3 millions d’euros en 2011. En dehors du soutien à l’innovation, Oséo intervient également sur le financement des investissements et du cycle d’exploitation aux côtés des établissements bancaires. Que ce soit des autocaristes indépendants travaillant dans le cadre de délégation de service public ou des groupes internationaux, nous proposons un continuum de financements permettant d’accompagner l’entreprise à chaque stade de son développement. L’objectif est toujours le même: assurer aux interventions d’Oséo le maximum d’effet d’entraînement sur l’initiative privée, et ce, dans un souci constant de la meilleure utilisation possible de la ressource publique qu’elle soit régionale, nationale ou européenne.

La crise économique a-t-elle changé la donne?

→ Depuis la crise financière, notre activité a considérablement progressé dans la mesure où nous avons été dotés par l’État de deux nouveaux fonds de garantie des crédits bancaires dans le cadre du plan de relance de l’économie de 2008: l’un permettant aux entreprises de bénéficier de lignes de crédits confirmées, et l’autre donnant la possibilité de transformer des crédits bancaires à court terme en crédit à moyen terme. Notre objectif était de répondre aux urgences de trésorerie des entreprises tout en incitant les banques à s’engager sur la durée. Entre octobre 2008 et décembre 2010, le plan de relance a permis la mise en place de 5,3 milliards d’euros de financements en faveur de 20 100 entreprises. Ainsi, 4 000 sociétés ont pu obtenir de leur banque une ligne de crédit confirmé, tandis que 17 200 autres ont décroché un prêt à moyen terme. Globalement, le dispositif a eu un effet mobilisateur sur l’ensemble du réseau bancaire qui a pris en charge 40 % du risque. Nous avons également observé un effet d’entraînement sur la plupart des régions qui ont participé à ce plan en prenant en charge une partie du risque. Sans ce soutien, 43 % des entreprises n’auraient pas survécu, et 89 % d’entre elles ont ainsi échappé à la cessation d’activité.

Quel type de projet financez-vous?

→ La nature des projets financés par Oséo reste très diverse puisque les innovations développées touchent aussi bien les produits que les process ou les services. En 2011, nous avons été particulièrement sollicités dans le cadre d’initiatives liées à la diminution de la dépendance aux énergies fossiles. Cette tendance restera d’ailleurs le vecteur d’innovation principal pour la plupart des moyens de transport. Par ailleurs, les projets basés sur les Tic (logiciels, systèmes de transport intelligent, simulation et prototypage numérique notamment) concentrent une large partie de nos soutiens. Pour prendre un exemple concret, nous sommes intervenus dans le développement d’une architecture de communication unique reliant tous les modules électroniques embarqués dans un bus, que nous avons financé à hauteur de six millions d’euros. Entre 2010 et 2011, notre activité liée à la filière ferroviaire a été multipliée par deux avec bon nombre de demandes issues du pôle de compétitivité ferroviaire I-trans. Sur ce marché, l’accent est mis sur le déploiement de composants électroniques, ainsi que sur l’équipement et la maintenance des wagons.

Ces demandes traduisent-elles des tendances lourdes?

→ Oui, car elles traduisent des ruptures technologiques fortes. Ces dernières années, nous avons observé un engouement croissant pour les développements liés aux technologies hybrides et électriques et aux travaux liés à l’efficience énergétique. Un créneau sur lequel les entreprises se positionnent soit sur la conception de composants ou en tant qu’intégrateurs. À l’heure actuelle, bon nombre de dossiers qui nous sont soumis concernent le downsizing des motorisations thermiques destiné à réduire la consommation de carburant, l’allégement et l’optimisation des procédés de fabrication et d’assemblage grâce à de nouveaux matériaux, la croissance de la part de l’électronique dans les fonctions de pilotage, de sécurité et de confort, enfin, le développement de réseaux de transports intelligents. En terme de process, c’est bien l’amélioration de l’efficacité de la fabrication qui entre en ligne de compte, surtout dans un contexte de crise où les sources de pertes de productivité ont focalisé l’attention des entreprises.

Quelles sont les régions les plus dynamiques en matière d’innovation?

→ Géographiquement, trois régions absorbent 40 % des investissements de notre branche transport pour un montant avoisinant 32,4 millions d’euros: l’Île-de-France, Midi-Pyrénées et Rhône-Alpes. En matière de transport en commun, secteur sur lequel l’activité d’Oséo est stable par rapport à 2010, l’essentiel des projets financés se trouve en Rhône Alpes et en Île-de-France. Fait marquant en 2011: la région Nord-Pas-de-Calais, très impliquée dans la sous-traitance automobile et l’industrie ferroviaire, a enregistré une progression de 65 %.

Quels sont les écueils fréquemment constatés sur le terrain?

→ Parfois, certaines entreprises confondent les budgets d’innovation avec leurs besoins en fonds de roulement…

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  • Diane-Isabelle Lautrédou
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