Il y a des périodes comme cela où, après quelques moments de calme relatif, alors que l’on commençait presque à s’ennuyer, tout semble s’accélérer. C’est un peu le sentiment que donne aujourd’hui le secteur des transports publics dans son ensemble. D’un côté, on trouve un faisceau de réformes très attendues: sur le ferroviaire, les collectivités, la fiscalité, etc. Elles contribueront toutes à une modification totale du paysage réglementaire avec lequel tous les acteurs ont dû composer depuis quelques décennies. Il en va de même du côté des opérateurs. Le feuilleton de la reprise de Veolia Transdev touchera certainement bientôt à sa fin, mais il aura laissé des traces en interne comme dans l’esprit des autorités organisatrices (AO) clientes du groupe. La montée en puissance de RATP Dev, celle de CarPostal (qui nous surprendra certainement dans les mois à venir) ou la naissance de nouveaux opérateurs issus des rangs de la SNCF – fraîchement convertis aux vertus du transport routier – sont autant de signes qui indiquent une évolution majeure des mentalités. Pas question d’évoquer ici le développement des régies et autres SPL, qui sont désormais devenues pour les AO l’ultime outil de contrôle des coûts du transport ou l’épouvantail agité aux yeux des transporteurs pour les forcer à revoir leurs prétentions financières. Dans ce maelström qui touche tout à coup les transports collectifs, la vraie difficulté consistera, pour les entreprises de toute taille, à choisir le bon cap. Difficile, tant les messages reçus sont parfois contradictoires. Face à des institutions qui, au plan national, louent les vertus du transport en commun, mais ont fortement tendance à lui couper l’herbe sous le pied au niveau local – pour de vertueuses raisons budgétaires –, il va falloir éviter la schizophrénie, et être modeste dans les solutions proposées. Les grandes infrastructures, lourdes à financer et pas toujours adaptées aux vrais besoins, devront sans doute laisser place à des propositions plus pragmatiques. De toute façon, il n’y a plus d’argent, alors! Cependant, pour bien opérer la transition qui s’annonce, les acteurs du système ont avant tout besoin de cohérence. Et là, on est parfois loin d’avoir gagné la partie. Interdire le gazole dans Paris, c’est bien, mais quid des 4 500 autobus de la RATP? Développer les transports en commun dans l’Hexagone, c’est parfait, mais comment financer tout cela sans augmentation du VT ou dépénalisation du stationnement? L’heure des choix, c’est maintenant.
