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Flash, le bus phare de Chalon- sur-Saône

BHNS La Communauté d’agglomération du Grand Chalon et la Stac(1) ont ouvert une première ligne de transport urbain assurée par des bus à haut niveau de service (BHNS), baptisés Flash.

LE report des utilisateurs de véhicules individuels vers les transports publics collectifs n’est pas un chantier unique à Chalon-sur-Saône. Mais il est sans doute plus compliqué dans des agglomérations de taille moyenne, où l’art de vivre est justement mis en avant, avec des conditions de circulation qui n’encouragent pas naturellement les populations à lâcher le volant. En fait, à Chalon-sur-Saône, il s’agit d’avoir une vision prospective plutôt que thérapeutique. Sur le territoire de la Communauté d’agglomération, qui regroupe près de 110 000 habitants sur 39 communes, 81 % des déplacements se font en voiture, le plus souvent avec un seul passager à bord. Pour équilibrer davantage cette répartition, le réseau de transport en commun, baptisé Zoom depuis 2007, s’est engagé dès l’année d’après, dans une politique fortement incitatrice histoire d’élargir le spectre des utilisateurs du réseau. “Par exemple, grâce à l’adoption, à la rentrée scolaire 2008/2009, du principe de gratuité de l’abonnement scolaire, la fréquentation globale a augmenté de 11 %. Cette mesure a généré une hausse de 49 % du nombre d’abonnés scolaires et étudiants”, calcule Ludovic Jourdain, directeur de la Stac. “En 2010, nous avons lancé le principe des Plans de déplacements d’entreprises qui commence à rencontrer un certain écho, y compris lorsque nous sommes amenés à déroger à nos horaires classiques”, ajoute Jean-Noël Despocq, vice-président du Grand Chalon, chargé des transports et de l’intermodalité. Mais avec ce Flash, la barre est placée encore plus haut. Il s’agit de passer de 6,7 millions de voyages, enregistrés l’année dernière, à 9 millions d’ici à l’horizon 2018.

La Stac à la manœuvre

Le réseau chalonnais n’est pas récent. En 1956, il était le fait d’une régie, qui s’est transformée en 1987 en Stac, associant Veolia Transdev (à 80 %) à Autocars Girardot (à 20 %). Aujourd’hui, la Stac exploite 7 lignes pour la première couronne, et 12 pour la seconde. Les services sont effectués grâce à une flotte en propre de 45 autobus, auxquels s’ajoutent 25 autres affrétés auprès d’autocaristes locaux: Girardot, Lux Voyages, les Rapides de Saône-et-Loire et Keolis Val-de-Saône.

La société compte 70 conducteurs pour un total d’une centaine de salariés. Elle fonctionne sous le principe d’une délégation de service public, dont le dernier contrat court depuis huit ans et arrive à échéance en cette fin d’année. Le résultat des consultations doit être annoncé avant la fin de ce mois de septembre. D’ici là, la Stac s’est engagée dans un vrai challenge. Depuis la rentrée, elle a ajouté 230 000 kilomètres d’exploitation, ce qui correspond à une hausse de 10 % de sa production. Dans le même temps, le prix du ticket à l’unité connaît une hausse à 1,20 euro. “La dernière augmentation appliquée au réseau Zoom date d’août 2005. Cela fait donc plus de sept ans que les tarifs n’ont pas évolué. Alors que, dans le même temps, le réseau s’est développé: services nocturnes et du dimanche sur les lignes 1 et 2, instauration de la gratuité des transports scolaires… Enfin, ce prix du ticket est à comparer à la hausse du prix des carburants qui rend l’usage de la voiture de plus en plus cher pour les ménages”, argumente Jean-Noël Despocq. Une augmentation qui intervient simultanément avec la mise en place de la première ligne Flash.

Une procédure Flash, rapide comme l’éclair

Flash (un nom choisi par consultation populaire) a été mis en place très rapidement. “D’une manière générale, il faut compter entre douze et quinze mois pour installer une ligne de bus à haut niveau de service. Chez nous, nous n’avons eu besoin que d’un peu plus de six mois”, se félicite Christophe Sirugue, président du Grand Chalon. C’est la ligne 1 du réseau qui a été choisie car c’est elle qui connaît le plus de fréquentation et a le plus progressé, avec une augmentation de 52 % du nombre d’utilisateurs entre 2007 et 2011. De plus, cette ligne irrigue un bassin de population de 18 000 habitants et un bassin de 6 000 emplois. Le Flash va parcourir les 6,4 kilomètres de son parcours, entre le domaine industriel de Saôneor et la gare SNCF de Chalon-sur-Saône, en vingt minutes. C’est un véhicule de marque Heuliez GX 327 qui a été choisi pour effectuer ce service. Six autobus dont cinq en exploitation et un en réserve avec une livrée réalisée par Graphibus. Ils comptent 26 places assises (dont quatre destinées aux personnes à mobilité réduite), et 78 debout, bénéficiant de portes coulissantes, de larges baies vitrées, de vastes allées. Doté des dernières nouveautés en matière de confort ou d’accès aux personnes à mobilité réduite, il présente en outre, à Chalon-sur-Saône, la particularité d’offrir aux passagers un écran d’informations dynamiques qui identifiera les arrêts, préviendra des travaux… et sera placé sous un système de vidéosurveillance. La Stac compte aussi beaucoup sur les aménagements de voirie apportés tout au long du parcours pour afficher une ponctualité irréprochable. En effet, Flash a la priorité sur l’ensemble de son itinéraire, aux feux tricolores d’abord et aussi grâce à un système de voies dédiées. De plus, un poste de régulateur de trafic vient d’être créé à la Stac. L’augmentation de l’offre doit accélérer la montée en puissance de la fréquentation. Il circulera de 5 h 50 à 21 h 20, du lundi au jeudi, et jusqu’à 23 h 30, les vendredis et samedis, avec une fréquence toutes les dix minutes en heures de pointe et toutes les quinze minutes aux heures creuses.

La Bourgogne en marche vers la mobilité douce

Une mesure qui s’inscrit dans une logique plus large avec, par exemple, l’inauguration du tramway de Dijon, ce premier week-end de septembre. “La logique est forte et irréversible, assène Michel Neugnot, vice-président du conseil régional de Bourgogne. La volonté de la région vient de se concrétiser par la signature des 14 autorités organisatrices de transport de la région afin de favoriser les principes des modes alternatifs à la voiture individuelle.” Elle est illustrée par le fait qu’un titre de transport unique TER et bus a été mis en service, favorisant l’usage combiné – et fort opportun – de ces deux modes de transport. Car Chalon-sur-Saône est au cœur d’un réseau ferroviaire important, bénéficiant de lignes cadencées vers Dijon, mais aussi de TGV vers Paris, Lyon, Marseille et Strasbourg. La gare routière, située à proximité immédiate de la gare SNCF offre elle aussi un lien direct avec les principales villes du département. Avec la nouvelle organisation de Zoom, la gare SNCF bénéficie de 40 % d’autobus supplémentaires. Mais pour atteindre l’objectif de report de trafic automobile vers d’autres modes doux, le Grand Chalon a pris l’initiative dès 2007 d’installer un système de vélo en libre-service, sous l’appellation Reflex. Le réseau compte à ce jour une trentaine de stations en centre-ville. Et, pour les zones de périphérie, la communauté d’agglomération est partenaire de l’association Point Mobilité qui assure un service similaire. Enfin, même si l’instauration du système Flash représente un investissement conséquent, il est prévu qu’en cas de réussite, une deuxième ligne de ce type puisse être mise en service. À ce titre, les élus territoriaux n’ont pas lésiné sur les formules de promotion avec, par exemple, la première semaine gratuite sur la ligne 1. “Mais cela sera l’un des sujets majeurs de la prochaine mandature”, déclare Jean-Noël Despocq.

Société des transports de l’agglomération Chalonnaise

Le financement du projet Flash

Communauté de communes du Grand Chalon: 6 699 860 euros

Région Bourgogne: 1 905 140 euros

État: 975 000 euros

Total: 9 580 000 euros

Le réseau Zoom en chiffres*

Communes desservies: 39

Nombre de lignes régulières: 19

Nombre de véhicules: 45

Nombre de points d’arrêts: 320

Nombre d’habitants desservis: 110 000

Une ligne de BHNS

* Données établies en septembre 2012

Combien ça coûte?*

Ticket à l’unité: 1,20 euro

Carnet de 10 tickets: 9 euros

Carte Focus mensuelle: 30 euros

Carte Focus mensuelle (− 26 ans): 15 euros

Carte Focus mensuelle (demandeurs d’emploi, titulaires du RSA…: 16 euros)

Carte Grand Air (scolaires et étudiants): gratuit.

* Tarifs établis en septembre 2012

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Auteur

  • Jean-François Bélanger
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