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Les autosolistes dans le radar des élus lyonnais

Modes alternatifs Comme d’autres métropoles, Lyon est confrontée au problème de la congestion du trafic urbain, qui freine la mobilité avec des conséquences négatives sur l’économie locale, l’environnement et la qualité de vie des citadins. Une des solutions retenues pour lutter contre ce phénomène: le covoiturage.

AUJOURD’HUI, sur le territoire de la communauté urbaine du Grand Lyon, les déplacements sont à l’origine de 29 % des émissions de CO2. Ce sont plus de 150 000 véhicules qui le traversent chaque jour et, bien souvent, avec des voitures peu occupées. L’objectif visé par la collectivité territoriale est de réduire de façon significative la part de la voiture, celle dite “autosoliste” en particulier, pour les déplacements domicile-travail qui représentent sur la région 30 % des déplacements journaliers de l’agglomération. Autre ambition: construire une “ville intelligente” qui optimise tous les services urbains, réduire l’impact environnemental de ses activités et développer des services liés aux nouveaux usages.

Premier objectif, 50 000 covoitureurs

Selon Gilles Vesco, vice-président du Grande Lyon, chargé des nouvelles mobilités urbaines, “pratiquer le covoiturage une fois par semaine seulement, c’est 10 % de trafic en moins et donc une circulation plus fluide.” Le plan climat du Grand Lyon fixe notamment à l’horizon 2020 un objectif de 50 000 covoitureurs sur le territoire. Il représente un réel enjeu à promouvoir le covoiturage et à inciter les usagers à le pratiquer. Dans le cadre de sa politique pour une mobilité durable, le Grand Lyon travaille depuis 2009 sur des actions et des outils en faveur du covoiturage visant à le développer et à le faire connaître. Un tour d’horizon de l’action menée par la collectivité pour en faire un mode de déplacement comme un autre. L’expérience des Plans de déplacements interentreprises (PDIE) et les liens noués avec les entreprises ont permis de mettre en évidence la nécessité d’organiser avec et pour les entreprises un système de covoiturage fiable. Dès 2009, le Grand Lyon a mis en place un outil innovant de covoiturage à destination des salariés des zones d’entreprises afin de proposer à tous une solution alternative à l’utilisation de la voiture individuelle pour les déplacements domicile-travail. Cet outil s’adresse aussi aux usagers qui voudraient covoiturer pour accéder à leurs loisirs. Il s’agit de la plateforme de covoiturage www.covoiturage-grandlyon.com. Le choix a été fait de mutualiser les efforts à l’échelle de l’agglomération, en confiant la réalisation de cet outil de covoiturage à un prestataire unique, la Roue Verte. Ainsi, tous les salariés des zones d’entreprises du Grand Lyon ou les simples covoitureurs qui s’inscrivent sur le site alimentent une base de données unique permettant ainsi de concentrer les demandes et de limiter leur éclatement. Depuis sa création, le site a évolué et propose aujourd’hui plusieurs possibilités. Il compte à ce jour 7 042 inscrits dont 21 % “covoiturent” au moins une fois par semaine. Ce portail est accessible à l’ensemble des salariés des zones économiques du Grand Lyon.

Le Grand Lyon s’adresse aux entreprises…

Dans un contexte actuel marqué par une augmentation des prix du carburant, une baisse du pouvoir d’achat et une volonté collective d’agir pour l’environnement, le covoiturage est une solution qu’il convient de développer et d’encourager”, poursuit Gilles Vesco. Celle-ci s’insère dans le cadre du plan d’actions des PDIE. Il s’agit donc d’un covoiturage réparti sur des zones territoriales définies. Un PDIE est formé de plusieurs entreprises qui souhaitent mettre à disposition de leurs salariés respectifs un panel de solutions alternatives à la voiture individuelle. Sur le territoire du Grand Lyon, il existe aujourd’hui 13 PDIE qui concernent quelque 440 entreprises et 32 000 salariés. Les entreprises qui le souhaitent peuvent créer une communauté et profiter du site internet du Grand Lyon. Cette communauté permet aux salariés d’une même entreprise de se mettre en lien via la plateforme Grand Lyon pour covoiturer. À ce jour, un certain nombre d’entreprises (Renault Trucks, Ikea, SEB, SFR, Sanofi…) a déjà adhéré à ce système. Chaque salarié se rendant ou quittant quotidiennement le territoire du Grand Lyon peut également s’inscrire sur le site de manière individuelle, et trouver un covoitureur dont le trajet va correspondre à ses attentes.

… et aux organisateurs d’événements

Depuis septembre 2011, aux côtés de l’opéra de Lyon, de l’Ademe, et de la région Rhône-Alpes, le dispositif www.covoiturage-pour-sortir.fr est destiné à privilégier ce mode alternatif pour se rendre aux spectacles, loisirs, etc. Ce dispositif est une première en France. À ce jour, il regroupe 47 salles ou événements culturels parmi les plus importants de l’agglomération, inscrits sur cette plateforme et participant au test de ce nouveau dispositif. Si l’expérience est concluante, elle pourrait s’étendre à d’autres événements culturels, sportifs ou de divertissement. De plus, à partir du mois de septembre prochain, les événements ponctuels et le calendrier seront saisis sur la base de données Sitra (Site d’informations touristiques en Rhône-Alpes), gérée par Rhône-Alpes Tourisme et l’office du tourisme de Lyon. L’objectif de cette démarche est de permettre une visibilité sur l’ensemble des événements se déroulant dans le Grand Lyon sur le site de covoiturage. Un système de filtre va être mis en place pour afficher uniquement les événements se déroulant sur le territoire de la communauté urbaine et non pas ceux de la totalité de la région. Son but est également d’augmenter le nombre de salles ou événements partenaires. Grâce à la base Sitra, un nombre plus important d’événements pourra être enregistré et les partenaires qui saisissent déjà sur la base n’auront plus besoin de le faire sur le site de covoiturage. En outre, pour répondre aux besoins occasionnels de covoiturage pour les trajets ponctuels et longue distance (visiter sa famille, sortir en montagne, aller faire des courses…), le site proposera également de s’inscrire dans cette rubrique.

Le covoiturage accessible depuis smartphones et tablettes

Depuis le 19 juin, fort du succès de ce dispositif mis en place pour le covoiturage sur internet, le Grand Lyon a lancé des applications smartphones et tablettes pour permettre aux covoitureurs d’accéder aux services où qu’ils soient. Pour permettre un accès large, plusieurs versions de ces applications seront disponibles (iPhone, Android et iPad). Après inscription gratuite, les usagers y retrouveront d’ailleurs toutes les fonctionnalités déjà présentes sur le site internet: recherche de trajets ponctuels ou réguliers, calcul d’itinéraires, géolocalisation, alertes… Sur ce dernier point, il est prévu que les impacts prévisibles sur la circulation suite aux grands chantiers que doit lancer l’agglomération soient suivis pour gérer au mieux la circulation et informer les usagers pour qu’ils puissent mieux se déplacer. En plus des actions pilotées par le Grand Lyon (coordination des chantiers, adaptation des feux, déviations, communication…), des alternatives sont proposées aux usagers pour adapter leur itinéraire en fonction de la position des chantiers, modifier ses horaires ou conditions de travail en fonction des difficultés de circulation en heures de pointe. “Si chaque entreprise permet à ses salariés de décaler, ne serait-ce qu’une journée par semaine ses horaires, ou autoriser une journée par semaine du télétravail, c’est 10 % de trafic en moins en heure de pointe”, souligne Gilles Vesco. L’idée est de reporter le trafic autant que possible sur les moyens de transports alternatifs à la voiture individuelle: TER, TCL et covoiturage. Arrivé au cœur de la ville, l’usager retrouve ainsi toute sa liberté de déplacements à pied, en bus ou avec les vélos et voitures en libre-service (Vélo’v, Autolib’). Il s’agit donc de proposer une offre de mobilité diversifiée répondant au mieux aux besoins des usagers en matière de déplacements.

Installer des points d’escales pour les RDV

Au-delà du site covoiturage Grand Lyon qui existe déjà, un travail est réalisé pour installer des aires de covoiturage sur le terrain. L’idée est de proposer aux covoitureurs des points d’escales identifiés pour faciliter les rendez-vous. Ces lieux ont été positionnés là où il y avait de la place, mais surtout aux endroits de convergence de plusieurs voies d’accès au cœur de l’agglomération, et en amont des axes saturés. Ces aires de covoiturage pourront être complétées d’arceaux à vélos pour permettre un rabattement à bicyclette, avant de prendre place dans la voiture du covoitureur rencontré grâce à l’application dédiée. Par ailleurs, par la présence de panneaux, le covoiturage devient plus visible sur le terrain et peut donner envie à certains usagers de tenter l’expérience. D’un point de vue pratique, ces aires de covoiturage ont été définies en concertation avec les communes, le département ou l’État en fonction de la domanialité des espaces concernés. Mais ces derniers ne constituent pas des emplacements réservés. Il s’agit d’un totem signalant les points de rendez-vous que l’usager retrouve sur les cartographies des sites dédiées au covoiturage. Les parkings choisis pour accueillir les aires de covoiturage sont aujourd’hui relativement vides en journée. Ces aires seront signalées en amont par des flèches, et un panneau réglementaire les identifiera de manière précise.

Un complément indispensable

Le covoiturage vient compléter une offre de transport en commun qui fait parfois défaut sur certains territoires. Il n’est pas la solution miracle mais s’offre comme une alternative complémentaire à toutes les autres formes de déplacements (TER, TCL, cars interurbains, Vélo’v…) et présente des avantages pour tout le monde. Pour l’entreprise, le covoiturage permet des économies de places de parking, une diminution des émissions de CO2 et des encombrements, un meilleur accès à l’entreprise et une meilleure image exploitable dans sa communication. Pour le salarié, il permet des économies avec le partage des frais du véhicule et le développement d’un esprit de solidarité et de convivialité avec ses collègues, moins de stress, de fatigue et, par conséquent, moins d’accidents de trajet. Enfin, pour le territoire, c’est moins de circulation automobile, donc moins de bouchons, une valorisation des zones d’activités par une meilleure desserte et, en définitive, un territoire plus attractif.

Bilan de l’action Grand Lyon*

487 entreprises visitées

+ 1 434 inscrits sur le site (+ 25,6 %)

+ 1 325 nouveaux trajets,

+ 25 394 nouvelles connexions (+ 22,7 %)

+ 58 nouvelles entreprises adhérentes au dispositif et 37 en cours de signature (Unibail, région Rhône-Alpes, SNCF Technique, Schneider…)

* À fin juin 2012

LES CHIFFRES DE L’AGGLOMÉRATION LYONNAISE

Nombre d’inscrits sur le site www.covoiturage-grandlyon.com au 11 juin 2012: 7 042

Le nombre de trajets enregistrés au 11 juin 2012: 6 524

Nombre de visites cumulées depuis 2009: 136 974 connexions

21,39 % des inscrits covoiturent régulièrement, 85 % d’entre eux covoiturent une à plusieurs fois par semaine

Pour 75 %, ils sont deux dans la voiture; pour 14,6 %, ils sont trois et pour 5,6 %, ils sont quatre

Moyenne en km des trajets allers-retours effectués: 35 km

1 168 tonnes équivalent CO2 économisés (2010)

l’équivalent de 10 000 pleins d’essence (2010)

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Auteur

  • Jean-François Bélanger
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