La réussite d’une modeste rédaction comme celle de Bus & Car repose sur une combinaison délicate, une formule alchimique qui va bien au-delà de la seule compétence.
Pour bien faire, il faut mélanger au moins cinq éléments: une bonne dose d’amitié, une portion de complémentarité, un soupçon de sens du devoir, une pincée de fidélité, et une grosse envie de continuer à s’amuser ensemble. Avec David, ces douze dernières années, nous étions parvenus à cet équilibre. Il est arrivé parmi nous à 25 ans. Il est parti à 37 ans. Ce qui n’est pas si long. Tout juste suffisant pour faire d’un jeune journaliste un homme sur lequel peuvent compter ses amis et ses collègues, au sens large du terme. Son départ nous laisse avec une formule incomplète, un mauvais avatar de ce que nous avions bâti, une sorte de famille sans fratrie.
Cette fête-là est donc finie, reste le chemin parcouru ensemble, le bouillonnement d’idées, le plaisir partagé des reportages au long cours, l’humour décalé, l’envie de découvrir ce qui se cache derrière le miroir, et un intérêt commun pour certains petits carnets chinois. De cette période, nous gardons une jolie collection de bons moments, à savourer pendant cet hiver qui vient d’arriver, et quelques belles réalisations dont il fut l’architecte, comme l’application iPhone du sitewww.busetcar.com, désormais disponible sur l’AppStore, pour sa plus grande fierté. Je fais grâce aux lecteurs des projets inachevés et des idées de développement qui, faute de sa présence et de son indéniable statut de geek assumé, ne verront sans doute pas le jour. Il nous manque déjà, bien entendu, et si la porte de mon bureau reste ouverte, aucun barbu ne la passe plus pour m’exposer en détail la trouvaille du moment, le scoop du jour, ou le futur sujet d’actualité qui révolutionnera l’univers de la presse professionnelle. Merci à celles et ceux, fort nombreux, qui ont, par tous les moyens de communication connus, partagé notre tristesse.
