MAP Pro 2012 Le salon des professionnels du tourisme s’est déroulé les 18 et 19 octobre à Paris. Cette nouvelle édition accueillait pour la première fois six constructeurs d’autocars. Trois d’entre eux ont choisi de bouder Autocar Expo (17 – 20 octobre), le rendez-vous des autocaristes qui se tenait à Bordeaux quasiment aux mêmes dates. Retour sur les raisons de ces choix à la fois stratégiques et financiers.
UNE première. La 4e édition du MAP Pro 2012, salon dédié aux professionnels du tourisme, accueillait cette année six constructeurs d’autocars: Vehixel, Negobus, BMC France, distributeur de la British Motor Corporation, l’Espagnol Integralia, Hervouet Corporate Industry (HCI) et Omnibus Trading.
Pourquoi un salon du tourisme accueillait-il ces constructeurs? “Nous avons simplement répondu à une demande de leur part”, rétorque Arlette Alphaize-Furet, directrice du salon. “Tout a commencé dès l’an passé lors d’un déplacement au salon Busworld à Courtrai, durant lequel certains m’ont demandé de réfléchir à la faisabilité de leur présence au MAP Pro à Paris […]. Ils trouvaient judicieux de réunir dans un même lieu et à une même date les prestataires dédiés aux autocaristes”, poursuit Arlette Alphaize-Furet. Logique, lorsqu’on sait que 33 % des visiteurs du salon sont des autocaristes. Cependant, cette édition se tenait aux mêmes dates qu’Autocar Expo du 17 au 20 octobre à Bordeaux, événement incontournable de la profession. Trois des constructeurs présents au MAP Pro ont décidé de participer aux deux événements. Ainsi, Omnibus Trading, qui propose une offre d’autobus allant de 13 à 40 places, a fait ce choix. “Nous sommes présents sur les deux salons. Au MAP Pro, nous avons choisi de présenter le Sunset Cabriolet qui est un véhicule de tourisme”, précise Jérôme Borde, directeur technique d’Omnibus France. Le constructeur Vehixel a quant à lui fait ce choix pour “tester l’impact que nous aurions à Paris”, relève Pascal Mouroz, responsable ventes export pour la société.
Enfin, Hervouet Corporate Industry, qui commercialise la marque King Long, et depuis peu Indcar a également choisi la double option avec toutefois quelques hésitations: “Nous sommes également à Bordeaux, mais nous sommes venus au MAP Pro pour nous rapprocher des agents de voyages. Au départ, nous comptions n’être présents qu’au MAP Pro car les prix pour exposer à Autocar Expo sont prohibitifs, sans compter que c’est excentré par rapport à Paris. Du coup, Bordeaux a baissé ses prix au dernier moment!”, indique Lionel Poch, directeur général d’HCI.
Cet argument financier est de loin le premier à avoir décidé les trois autres constructeurs à bouder l’événement bordelais. “Nous ne sommes pas à Autocar Expo en raison du prix exorbitant qui nous a été demandé pour exposer. Car les prix à Bordeaux étaient trois fois et demie plus chers qu’au MAP Pro!”, précise Julien Cezard, directeur des ventes à BMC France. Même argument pour les constructeurs Integralia et Negobus: “Les prix pratiqués par Autocar Expo sont beaucoup trop importants pour les petits exposants”, regrette Jean Marie Barbier chez Negobus, critiquant le rendez-vous bordelais comme étant destiné aux gros poissons du secteur.
Autre avantage, la position centrale du salon du tourisme, contrairement à Autocar Expo qui s’est tenu à Bordeaux, a été plébiscitée par les constructeurs. “Nous avons également choisi le MAP Pro en raison de l’attractivité de la capitale. Car Paris reste Paris”, indique Julien Cezard, directeur des ventes à BMC France. Même constat pour Arlette Alphaize-Furet qui a indiqué que certains constructeurs lui ont demandé d’être présents sur le salon “pour sa position centrale”.
Pourtant, à l’écart des corridors embouteillés des stands du salon, il n’y avait pas foule pour découvrir les nouveautés des constructeurs. “Il n’y a pas beaucoup de monde si l’on compare à de grands salons tels que Busworld”, indique Pascal Mouroz, responsable ventes export chez Vehixel. Une opinion partagée par Julien Cezard: “C’est plutôt calme, mais il se passe exactement la même chose à Bordeaux, rien à voir avec le fait d’être au MAP Pro. La raison? C’est le marché qui veut cela. Car l’année 2012 a été très compliquée, avec l’élection présidentielle, et surtout la conjoncture économique.” Reste à savoir si les constructeurs choisiront ou non de réitérer l’expérience à la prochaine édition du salon. “Si ceux-ci veulent poursuivre cette démarche, indique la directrice du salon, je ne vois pas pourquoi je m’y opposerai”, lance Arlette Alphaize-Furet.
