TER Samedi 22 septembre, le tram-train de l’Ouest lyonnais a été inauguré. L’occasion d’offrir à cette région un réseau de transport collectif pratique, une alternative crédible au transport individuel.
PRIORITE du contrat de plan État-région 2007-2013, le projet ferroviaire de l’Ouest lyonnais. Ce dernier fait l’objet d’un partenariat entre la région Rhône-Alpes, l’État, RFF, la SNCF, la Communauté urbaine du Grand Lyon et le conseil général du Rhône, formalisé par l’accord signé le 8 octobre 2007. Par ailleurs, il s’inscrit parmi les grands projets du Réseau express de l’aire métropolitaine Lyonnaise (Real).
Car, avec près de 230 000 habitants répartis sur 35 communes, l’Ouest lyonnais est principalement orienté vers l’agglomération lyonnaise. En effet, plus de 80 % des déplacements journaliers sont effectués en sa direction, ou depuis elle. De plus, la très grande majorité des déplacements s’effectue en voiture sur ce territoire relativement enclavé, doté d’une infrastructure ferroviaire vieillissante et peu adaptée. Seuls 3 % des trajets sont effectués en train, soit seulement 6 500 voyageurs au quotidien. Pourtant, les études réalisées ont démontré un fort potentiel de croissance pour le Ter, celui-ci pourrait même doubler sa fréquentation. S’appuyant sur ces études, l’autorité organisatrice a donc décidé de la mise en place de tram-train, parallèlement à une modernisation du réseau, et une amélioration de l’offre de service. Compte tenu de la géographie vallonnée du terrain, la capacité du tram-train à franchir des rampes et des courbes prononcées apparaît comme un précieux atout. Autres avantages: à traction électrique, le tram-train est silencieux, un plus pour les riverains, d’autant qu’il respecte l’environnement. Plus réduit que celui du train, son gabarit facilite aussi les travaux d’aménagements prévus sur les lignes concernées. Enfin, ce choix technique sauvegarde la possibilité de connexions ultérieures avec le réseau urbain de tramway. Dans l’avenir, il pourra donc circuler sur le réseau ferroviaire, comme un train classique, ou pénétrer au cœur des villes à la manière d’un tramway.
Depuis 2006, la région Rhône-Alpes a initié une démarche de mutualisation des commandes, menée avec la région Pays de Loire et le Groupement des autorités responsables de transport (Gart). Cette démarche a conduit au lancement d’un appel d’offres commun pour la construction de tram-train, histoire de faire des économies d’échelle significatives. L’appel d’offres a porté sur un marché de 200 rames dont, pour la seule région Rhône-Alpes, une tranche ferme de 24 rames, plus une tranche optionnelle de dix rames. La consultation a attiré les majors du secteur: Alstom, l’Espagnol Caf, les Allemands Vossloh ou encore Siemens…
La première tranche de 24 rames a été adjugée pour un montant de 100 millions d’euros, entièrement financés par la région Rhône-Alpes. D’une nouvelle génération, d’une longueur de 42 mètres, au design soigné, le tram-train de l’Ouest lyonnais dispose d’une capacité de 100 places assises et 150 places debout. Climatisé, il est équipé d’un système de vidéosurveillance, de porte-bagages et de porte-vélos. Les rames, à plancher bas, et la conception des quais ont été étudiées de façon à faciliter l’accès aux personnes à mobilité réduite et à améliorer la fluidité à l’intérieur des rames, réduisant du coup le temps nécessaire à la montée et à la descente des voyageurs. Un effort est aussi accompli dans le domaine de l’accompagnement humain du service. Du personnel est présent dans les huit gares les plus desservies et une équipe d’agents commerciaux opérant uniquement sur l’Ouest lyonnais est chargée d’assister les clients avant, pendant, et après le voyage. Les agents accueillent et informent les voyageurs pour les aider dans l’achat de leur titre de transport, veiller au bon fonctionnement des automates et organiser la prise en charge en cas de situation perturbée…
Cette mise en service consacre également l’adaptation et la modernisation de plusieurs composantes du réseau ferré de l’Ouest lyonnais. La voie ferrée enregistre en de nombreuses portions le doublement des voies ou l’allongement des points de croisement afin de gagner en souplesse et en fluidité pour l’ensemble du trafic Ter. L’électrification des lignes vient d’être achevée et la signalisation a été repensée pour répondre aux augmentations de fréquence des circulations. Enfin, les quais de gare ont été revus en longueur, en largeur et en hauteur pour permettre l’accessibilité de plain-pied aux personnes à mobilité réduite. L’ensemble de ces travaux représente une enveloppe de plus de 150 millions d’euros, financés par la région (91,4 millions d’euros), l’État (16,5 millions), RFF (15,9 millions), le Grand Lyon (13,1 millions), le département du Rhône (12,5 millions) et la SNCF (0,8 million). Une nouvelle gare a été créée, à Lentilly-Charpenay, alors que la gare de Dommartin-Lissieu a été déplacée sur le site de Bois-Dieu pour coller à l’urbanisation. Pour ces deux gares, un parking-relais a été aménagé. Au total, sur le réseau de l’Ouest lyonnais, 23 gares sont concernées par le nouveau service tram-train. 22 d’entre elles sont équipées d’accroches ou de consignes à vélo individuelles ou collectives, 21 sont dotées d’un parking et 18 sont desservies par des transports en commun complémentaires (TCL, Cars du Rhône ou encore navettes OùRA).
Au total, sur l’ensemble du réseau de l’Ouest lyonnais – qui comporte trois branches principales: Sain- Bel, Brignais et Lozanne, toutes à destination de Lyon Saint-Paul –, ce sont désormais 167 trains Ter et 6 services autocars Ter qui seront engagés au quotidien. À titre de comparaison, avant cette mise en service, 108 trains Ter et 65 services autocars circulaient. Cette augmentation de l’offre bénéficie de gains de temps s’échelonnant de six à onze minutes pour les parcours de bout en bout. En fonction des premiers résultats de fréquentation, l’autorité organisatrice des transports régionaux avisera sur la suite à donner aux projets d’extension de ces services tram-train. Car il est question d’aller encore plus à l’Ouest, de Lozanne au Bois-d’Oingt, de Sain-Bel à Sainte-Foy-l’Argentière et de Brignais à Givors, cette dernière branche permettant de rejoindre le réseau Sud lyonnais.
Afin d’anticiper la progression du trafic attendu sur le réseau de l’Ouest lyonnais, plusieurs améliorations de l’accès aux gares ont été apportées. 1 800 places de parking ont été aménagées.
Cela porte le total à 2 200 places qui sont réparties pour l’essentiel sur les gares terminus à Sain-Bel, L’Arbresle, Brignais et Lozanne. Des navettes routières de rabattement vers les gares vont se développer, parallèlement à l’aménagement d’espaces de circulation et de stationnement pour les autocars devant les gares. L’intermodalité entre Ter, Tcl, transports départementaux, ainsi qu’avec les modes doux sera améliorée grâce à l’installation d’équipements de stationnement et de consignes pour les vélos.
Tous les points d’arrêt du réseau de l’Ouest lyonnais sont dorénavant équipés du Système d’information voyageurs (Siv), avec des écrans installés sur les quais, renseignant les passagers en temps réel sur les temps d’attente jusqu’au prochain service Ter et sur d’éventuelles perturbations. Des "kits Ter" ont été implantés à l’entrée des quais afin de regrouper toutes les informations dont le voyageur à besoin. D’autres "kits d’information multimodale" (horaires, tarifs et informations sur l’ensemble des réseaux de transport collectif) équipent 12 gares offrant davantage de correspondances avec les autres modes de transport urbain et interurbain.
