Desserte Lyon Saint-Exupéry En dépit des résultats mitigés de son exploitation, le conseil régional de Rhône-Alpes prolonge d’un an l’organisation, par délégation de service public (DSP), de la desserte des stations de sport d’hiver, au départ de l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry. Histoire de simplifier la saison d’hiver toute proche.
AU-DELA de ses compétences obligatoires, la région Rhône-Alpes avait décidé, en 1993, de conventionner plusieurs lignes routières reliant les principales agglomérations régionales (Voiron, Grenoble, Annecy, Aix-les-Bains, Chambéry ou Bourg-en-Bresse) au site de Lyon Saint- Exupéry. Ces contrats courent jusqu’en 2015. En revanche, depuis 1997, les lignes routières qui relient Lyon Saint- Exupéry aux principales stations alpines sont couvertes par un contrat dont l’échéance arrive à terme en novembre prochain. Et ces dessertes sont nécessaires dès la mi-décembre, avec l’ouverture de la saison touristique qui dure jusqu’à mi-avril.
Pourtant, le bilan de l’actuelle convention reste plutôt partagé. Les prévisions de fréquentation espérées au début de la signature du dernier contrat, en 2005, à hauteur de 14 000 voyages, n’ont jamais été atteintes. Malgré les refontes successives du niveau des dessertes, des tarifs et des efforts de promotion de la région et des transporteurs, la fréquentation n’a cessé de chuter, passant de 10 100 passagers, en 2005, à 5 800 passagers, en 2011, soit une décroissance de 74 %.
Le déficit du service atteint près de 100 000 euros par an depuis le début de l’actuelle convention et le ratio recettes sur dépenses navigue entre 75 % et 80 %.
Les résultats par stations montrent que la fréquentation de la desserte des stations du massif des Aravis est confidentielle, avec moins de 50 voyages en moyenne par saison. Et la fréquentation de la desserte du massif de l’Oisans accuse une baisse significative, chutant de 2 600 voyages à 800 voyages, sur la dernière saison. En cause, la mise en œuvre du réseau Trans’Altitude du département de l’Isère.
Quant à la fréquentation de la desserte de la vallée de Tarentaise, elle s’avère plus importante, mais également très variable. Chaque saison, elle évolue entre 7 600 et 5 000 voyages. Pour la dernière saison, les résultats de cette ligne sont cependant encourageants, la fréquentation repart à la hausse après deux années consécutives de baisse. Elle a ainsi augmenté de 23 % sur cet axe qui reste le service le plus fréquenté. Ce résultat s’explique par les efforts importants consentis sur la promotion des services par les différents partenaires depuis deux saisons, notamment avec la campagne “Bienvenue à bord” lancée en 2010, ainsi que celle mise en ligne sur internet l’année d’après. Malgré tout, le niveau de fréquentation ne permet pas au groupement de transporteurs d’arriver à l’équilibre financier du service. Le déficit a été supérieur à 80 000 euros en 2012. Il s’avère donc que les dessertes des massifs de l’Oisans et des Aravis sont fortement concurrencées par les offres des conseils généraux, devenues très attractives. Celles-ci, combinées aux navettes des aéroports de Grenoble ou d’Annecy, sont moins chères d’environ 10 % et offrent jusqu’à deux fois plus de possibilités.
“Ces deux massifs disposent donc d’une offre de transport collectif plus attractive, rendant le service de la navette Stations des Alpes peu pertinent”, fait remarquer le conseil régional Rhône-Alpes.
L’aéroport de Lyon-Saint Exupéry souhaite s’inscrire au cœur d’une stratégie volontariste pour capter la clientèle “neige”, suite aux orientations de la compagnie easyJet, qui souhaite faire de Lyon sa seconde plate-forme aéroportuaire en période hivernale, en complément de celle de Genève, quelque peu saturée. Actuellement, easyJet représente 20 % des vols de Lyon Saint-Exupéry. Cette ambition se traduit par des objectifs chiffrés et une mise en œuvre de moyens de promotion durables pour accompagner l’offre d’accès des stations depuis l’aéroport dont les navettes régionales font partie. Avec Rhône-Alpes Tourisme, l’aéroport travaille à la création d’un point d’information touristique et de vente (l’équivalent de l’accueil France, de l’aéroport de Genève), qui permette de mieux accompagner la clientèle touristique en région. Sa mise en œuvre est prévue au printemps 2013, une initiative qui répond à la demande actuelle des transporteurs. De même, Rhône-Alpes Tourisme se montre intéressé pour aider les transporteurs à mettre en valeur les services de la navette Stations des Alpes sur l’ensemble des supports et outils d’information, de réservation et de vente.
Au regard de l’ensemble de ces éléments, le conseil régional de Rhône-Alpes a décidé début octobre d’adapter son futur cahier des charges. Les principales décisions concernent le maintien de la desserte sur les massifs de la Tarentaise et de la Maurienne. En raison de la concurrence évoquée plus haut par le conseil général de l’Isère, la desserte des massifs des Aravis et de l’Oisans sera abandonnée. Pour la Tarentaise, les services réguliers seront maintenus, et uniquement sur réservations pour la Maurienne. Des mesures incitatives sont décidées. Un tarif plus attractif et lisible pour les voyageurs a été adopté: il sera plafonné à 60 euros pour un aller simple, pour toutes les stations desservies, et à 90 euros pour un aller-retour. Les transporteurs auront obligation d’une promotion active pour faire connaître les services, avec l’installation d’une centrale d’information et de réservation à distance (téléphonique et internet). Le suivi de l’exécution du service et de sa qualité avec des dispositifs de pénalité sera contractualisé. Enfin, une meilleure articulation avec les autres moyens de transport en commun existants sera recherchée, notamment par l’organisation de correspondance avec les offres des conseils généraux. Le régime financier retenu est celui de la gestion aux risques et périls pour partie, avec une possibilité de subvention de la région. Celle-ci consent donc à verser au délégataire une contribution financière annuelle, en contrepartie des sujétions de services publics, qu’elle impose. Figurent dans cette catégorie le niveau des tarifs ou la desserte de la vallée de la Maurienne, dont l’équilibre financier s’avère très incertain. Et ce, dans l’attente des hausses de fréquentation qui permettent un meilleur équilibre financier du contrat. Cependant, lors de la consultation, il sera précisé que la proposition du candidat devra nécessairement tenir compte d’une contribution dégressive, portant uniquement sur les quatre premières années du contrat. Aux termes de la consultation, qui devrait intervenir dans le courant de l’année prochaine, pour une application à la saison d’hiver 2013/2014, le cahier des charges final sera proposé à la Commission permanente, qui précisera les conditions d’exploitation des services publics de voyageurs de la liaison. Ils seront assurés par le délégataire, et porteront notamment sur la consistance des services, sur les tarifs pratiqués, la qualité de l’information, d’accueil des voyageurs et de gestion des correspondances, le niveau de fonctionnalité de la centrale d’information et de réservation à distance. Ces éléments constitueront, en plus du montant de la compensation forfaitaire demandée, les critères qui permettront de retenir le prestataire final lors de la consultation.
Cependant, compte tenu du calendrier, il est apparu opportun à l’institution régionale de poursuivre ces services pour la durée de la saison hivernale qui s’annonce, avant de prendre de nouvelles dispositions, dès l’hiver 2013/2014. En tout état de cause, les délais étant trop courts pour relancer une nouvelle procédure de consultation, en vue d’une nouvelle délégation de service public, la collectivité territoriale vient donc d’approuver un avenant de prolongation de la convention actuelle entre le groupement de transporteurs, dont le mandataire est Autocars Faure, représenté par Raymond Faure. Sans doute le meilleur moyen d’assurer la continuité de service pour la prochaine saison de décembre 2012 à avril 2013. Le nouveau contrat de délégation de service public, avec le futur délégataire régional, interviendra donc, pour la saison suivante, dès décembre 2013…
TRANSPORTEUR
Association Faure Transdev VFD
FRÉQUENTATION
6 507 voyages: + 11,2 %
NOMBRE DE KILOMÈTRES
72 192: − 25 %
RECETTES HORS TAXE
262 497 euros: + 0,5 %
DÉPENSES HORS TAXES
341 405 euros: − 12 %
RÉSULTAT D’EXPLOITATION HT
− 78 907 euros + 39 %
RATIO R/C
= 77 %
Source: conseil régional Rhône-Alpes
