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Much Ado About Nothing

Que pouvait-on attendre de l’annonce "tonitruante" des "grandes lignes" de la réforme ferroviaire présentées par Frédéric Cuvillier le 30 octobre dernier? Le bruit d’un train qui passe, à vitesse moyenne, et dont personne ne semble réellement savoir où il peut bien aller… Tout cela faisait un peu le même effet que le non moins fameux rapport Gallois sur la compétitivité à la française. À peu près tout le monde connaissait le contenu du texte avant même sa présentation, la grande presse n’avait pas manqué d’en faire grassement étalage dans les jours précédents – histoire de désamorcer les éventuels points de tension – et, finalement, tout le monde est un peu resté sur sa faim. Sauf peut-être Hubert du Mesnil, président de Réseau ferré de France, qui perd là sa bataille au profit de Guillaume Pepy, président de la SNCF, nouveau grand maître du rail sur le territoire national. Tout cela est bien beau, mais nous sommes revenus peu ou prou à la situation de 1997, date à laquelle, dettes abyssales oblige, l’exploitation des trains fut séparée de l’entretien des voies… On nous disait alors que ce distinguo – au demeurant quelque peu difficile à comprendre en termes purement économiques – s’avérait tout à fait nécessaire pour se préparer à l’inévitable ouverture à la concurrence du rail européen. Quinze ans plus tard, à quelques arguties près, et en enrobant le tout dans un nouveau paquet baptisé "Gestionnaire unique d’infrastructures" (GIU), on nous donne les mêmes raisons pour accréditer la réunification des deux branches, avant l’échéance d’une libéralisation désormais repoussée à 2019. Les vaches qui regardent passer les trains ont sans doute une mémoire de poisson rouge. Autre point fondamental sur lequel il fut tout aussi urgent de ne rien faire, celui du statut des cheminots. Il n’évoluera pas, les voilà rassurés, et nous aussi, car les chances d’une grève d’ici aux fêtes de fin d’année s’éloignent désormais à la vitesse d’un tortillard. Jetons enfin un voile pudique sur le financement de 1,5 milliard d’euros de dette annuelle, car c’est la “vertu” des futures règles comptables de l’ensemble qui permettra de résoudre ce petit problème. Quand William Shakespeare écrivit sa comédie vers 1600, se doutait-il vraiment que les acteurs du rail français la rejoueraient à l’identique quatre siècles plus tard?

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Auteur

  • Pierre Cossard
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