VTD Un accord entre Veolia Environnement et la Caisse des Dépôts et consignations semble proche en vue d’un partage respectif à 40/60 des parts de Veolia Transdev. De nouvelles priorités restent donc à définir pour assurer la pérennité du numéro un mondial du transport public.
“Nous sommes satisfaits de voir que la situation a évolué. Il y avait urgence.” Jérôme Gallot, directeur général de Veolia Transdev (VTD), ne cache pas sa joie de voir l’horizon actionnarial du groupe français de transport public en passe d’être clarifié, après des mois d’incertitudes. En effet, Veolia Environnement (VE) et la Caisse des Dépôts et consignations ont annoncé le 23 octobre dernier leurs pourparlers en vue d’un nouveau partage de leur filiale commune. L’institution publique reprendrait 60 % du capital de VTD et VE garderait pour sa part 40 %. Ce premier pas vers un accord fait suite à l’annonce fracassante par VE en décembre 2011, de la mise en place d’un plan de désendettement à hauteur de cinq milliards d’euros, comprenant le désengagement total de VTD.
Ce changement actionnarial devrait avoir plusieurs incidences sur le numéro un mondial du transport public. En tête, l’entreprise devra désormais “chercher par elle-même ses financements bancaires”, a indiqué Jérôme Gallot, lors d’une rencontre avec la presse aux Pays-Bas le 26 octobre. Autre évolution nécessaire: trouver les solutions pour se remettre des incertitudes qui pèsent sur VTD depuis près d’un an. En effet, la situation flottante des derniers mois avait lourdement handicapé le groupe en France. L’année dernière, celui-ci avait déjà perdu les réseaux de transport d’Aix-en-Provence, Orléans et Metz. En 2012, les réseaux de Nice, Cannes et Strasbourg avaient eux aussi quitté le navire. Pour retourner la tendance, il faudra sans doute se séparer de certains actifs à l’étranger, et “s’attaquer aux foyers de pertes”, explique le directeur général, qui considère que beaucoup de contrats n’ont pas été renégociés comme il l’aurait fallu au cours des dernières années. Par exemple, à Reims, où VTD a perdu 6 millions d’euros en 2011: “Les chiffres mis sur la table lors de la signature du contrat n’étaient pas avérés. La cannibalisation du bus par le tram a été beaucoup plus importante que prévu par rapport à ce qui se produit en général dans ce type d’agglomération […], cela a abouti à un réseau déficitaire pour VTD”, indique-t-il. D’autres villes pourraient également être concernées par une renégociation, comme le Creusot, Antibes et Besançon. “Mais nous devons garder en tête le calendrier. Tout n’est pas possible, il y a la date d’expiration des contrats. Nous devrons soit attendre la fin, soit ajouter des avenants”, prévient le directeur général.
Autre changement attendu, celui du nouveau nom de l’entreprise. “Nous sommes prêts. Nous attendons l’accord des actionnaires et notamment celui de la Caisse des Dépôts. C’est une question très importante pour la mobilisation et la dynamisation des collaborateurs de l’entreprise. Nous avons trois options possibles, il faut maintenant que les actionnaires choisissent”, indique Jérôme Gallot.
Ces nouvelles orientations devront cependant attendre la fin du processus de partage actionnarial avant de voir le jour. Si la possibilité d’un partage à 40/60 a déjà obtenu l’approbation du conseil d’administration de VE fin octobre, l’accord doit encore obtenir l’aval de Jean-Pierre Jouyet, directeur général de la Caisse des Dépôts, dès que le Comité des investissements de la Commission aura donné son avis. “Nous avons encore quelques mois avant que le dispositif ne soit finalisé. Pour le reste, nous sommes en ordre de marche, notamment sur la problématique des géographies du groupe. Des sujets comme les moyens financiers qui seront à notre disposition doivent encore obtenir l’accord des actionnaires”, poursuit Jérôme Gallot. Plusieurs mois seront donc nécessaires avant que l’avenir du numéro un mondial des transports publics ne soit définitivement clarifié.
