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Yutong trouve chaussure à son pied

Constructeurs En procédant à l’inspection, sur les chaînes de montage de l’usine Yutong, de ses deux premiers exemplaires d’autocars à destination du marché français, Dietrich Carebus Group vient de matérialiser deux ans de travail. L’événement scelle l’arrivée imminente du premier constructeur chinois (et mondial) en France!

Mardi 20 novembre 2012 a eu lieu un événement a priori anodin: la réception par Pierre Reinhart, Président de Dietrich Carebus Group (DCG) et de ses équipes, des premiers exemplaires d’autocars mixtes de 10,8 m de long Yutong 6119 à destination du marché français. Ceci est le résultat concret de deux ans de travail. “Yutong et DCG se sont trouvés naturellement”, explique Pierre Reinhart. Les Chinois désiraient un importateur bien établi en France, tandis que les Alsaciens cherchaient un complément de gamme, et des volumes additionnels, à même de réduire l’impact des frais généraux par véhicule. “Cela fait longtemps que l’on croit au multimarque, à l’image du monde de l’automobile”, explique Pierre Reinhart. Pour répondre aux exigences de DCG, l’usine à quasiment défini un “modèle France” spécifique: nouvel agencement de la planche de bord (plus logique et ergonomique); montage d’un siège conducteur Isri; suppression des décors superflus (les Chinois adorent le faux bois et les plastiques chromés clinquants); amaincissement des sérigraphies pour améliorer le champ de vision; rétroviseurs Mekra Lang; levier et pommeau de vitesse sur console; commandes extérieures de la porte avant; soutes à fermeture pneumatique à distance; banquette en troisième porte à démontage sans outils; choix de teintes et de selleries spécifiques; pré-équipement départ usine pour une ski-box; etc… Sans parler de ce qui ne se voit pas: “on a beaucoup travaillé un détail! Les odeurs! Afin d’enlever celles caractéristiques des véhicules chinois, on a fait monter une sellerie en provenance de nos fournisseurs habituels”, explique-t-on chez DCG. Ceci sans parler des modifications mécaniques: le refroidissement moteur passe du côté droit au côté gauche; protection accrue des grilles moteur contre les corps étrangers; nourrice de circuit de refroidissement en inox; groupe moto-ventilateur d’origine Linning; réservoirs d’air additionnels; système d’extinction anti-incendie automatique en salle des machines; robinet de chauffage avec vannes électriques pilotées par moteur pas-à-pas; convecteurs grand-froid à double circuit; prédisposition PMR avec troisième porte et porte arrière dans le porte-à-faux; circuits pneumatiques et électriques spécifiques; réseau BUS-CAN d’origine Actia, sans oublier le montage de pneus Michelin. Pour Yutong, ce modèle est lui-même dérivé de spécifications export incluant suspensions pneumatiques intégrales, freins à disques, système antipatinage, répartiteur électronique de la force de freinage, etc…

Le catalogue France prévoit également l’autocar mixte Yutong 6129 (variante de classe 12 m du modèle décrit ici) et l’interurbain Yutong 6121 de 12,20 m de long.

La réception à l’usine Yutong est systématique avant l’embarquement à Shanghai”, précise Pierre Reinhart. C’est René Richert, responsable du Pôle Améliorations techniques qui réceptionne les véhicules en sortie de chaîne. Reste à Ingwiller, après avoir récupéré le véhicule à Anvers ou Zeebruge, le montage d’équipements tels que l’élévateur PMR (s’il est commandé par le client), la signalisation “transport scolaire”, le branchement et l’étalonnage de l’éthylotest anti-démarrage.

Pierre Reinhart se veut rassurant: “il faut compter un mois par bateau. Pour les pièces de rechange, en cas d’urgence, on les a sous 48 heures. Les pièces détachées viennent sinon en 45 jours par lots conteneurisés”. Un stock tampon est en cours d’installation en France, tandis que les 20 modules de formation sont actuellement dispensés aux membres du réseau France. Sur ce sujet précis René Richert n’est pas inquiet: “Yutong est déjà très structuré notamment sur tout ce qui est systèmes: commandes, logistique pièces de rechange, traitement des garanties…”. Pour 2013, Pierre Reinhart ne s’est pas fixé d’objectifs en volumes. Très clairement, pour Yutong, le but est de prendre pied en France et, au-delà, en Europe.

Yutong: une sacrée pointure!

Fierté des responsables chinois: avec 46 688 autobus et autocars, Yutong aurait dépassé en 2011 les volumes produits par Evobus, faisant ainsi de la marque de Zenghzou le 1er producteur mondial d’autobus et d’autocars en volume! Toute la production se concentre dans une usine ouverte en 1998, immense, située dans la ville même de Zenghzou.

Conception, développement, essais, prototypage, emboutissage, ferrage, cataphorèse, peinture montage et finitions, tout est concentré en un seul lieu dans un ordonnancement d’une logique implacable: deux lignes de bâtiments construits en pavillons successifs voient les étapes de fabrication se succéder. La seconde ligne a été construite en 2006 et la ligne de cataphorèse (fournie par le spécialiste Dürr) en 2009. Celle-ci est très spectaculaire, puisque ce sont les véhicules entiers qui entrent dans les six bains successifs de traitement cataphorèse de 162 m3! Toutes les unités de 5 à 14 m passent dans ces bacs, les articulés étant traités par éléments. Les lignes d’assemblage sont également impressionnantes puisque les véhicules en cours de montage sont déplacés à la chaîne, comme dans une usine automobile.

Au final, un véhicule sort toutes les 30 minutes des lignes (20 mn pour les véhicules de moins de 10 m) qu’il s’agisse d’un bus urbain, d’un véhicule à châssis ou d’un autoportant. Dans cette ruche, ce ne sont pas moins de 20 000 personnes qui travaillent. L’organisation reste fidèle aux préceptes du Taylorisme avec une hiérarchisation assez prononcée. En revanche, les équipes font preuve de flexibilité en passant, apparemment sans difficultés, d’une variante à une autre. Autre surprise: les ateliers de tests situés dans l’enceinte avec des bancs de vieillissement tout aussi spectaculaires reproduisant les cahots des routes chinoises, où l’on n’aimerait pas passer. Juste à côté figurent les halls dédiés aux maquettes échelle 1 des futurs modèles.

On peut d’ores-et-déjà annoncer (sans pouvoir les montrer, hélas) que le style des futurs Yutong sera plus “occidental”. La diversité de gammes en fabrication est impressionnante: la marque fabrique encore des véhicules avec des suspensions à ressorts à lames paraboliques et des freins à tambours. Il en est de même côté motorisations: cela va des moteurs Euro II à Euro V avec des origines très diverses (chinoises ou américaines). Les essieux qui peuvent provenir de chez Yutong (pour les roues indépendantes) mais aussi de chez Dana, Meritor ou Dong Feng. Sur les seuls véhicules dits “alternatifs”, la gamme comprend déjà 11 modèles différents (électriques à batteries ou trolleybus, GNV, GNL, hybrides).

Une diversité étonnante qui conduit Yutong à soigner tout particulièrement les aspects logistiques. La forme ne lance une fabrication que lorsque tous les composants correspondants sont bel et bien présents dans les stocks. Et Yutong pourrait bien chausser les bottes de 7 lieues à compter de mars 2013 lors du démarrage de la nouvelle usine à l’Est de Zenghzou. Celle-ci, en construction, est deux fois plus grande que l’actuelle. Cela donne un aperçu des ambitions planétaires chinoises!

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Auteur

  • Jean-Philippe Pastre
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